L'enfer est pavé de bonnes intentions. Well-Intended Love aussi.
Une amie m’en avait parlé parce qu’elle l’avait bien aimée. Je l’ai donc regardée avec une certaine curiosité. Mais très vite, la stupeur a pris le relais.
Ici, vous avez à peu près tout ce que je peux détester dans certaines séries chinoises. Si vous tombez dessus au hasard de l'algorithme, fuyez !!! De toute urgence… Ou alors, étudiez-la comme un cas pratique de tout ce qu'il ne faut pas faire.
C'est mal filmé, mal monté, mal raconté et presque mal joué. Comme le dit très justement Zosha, c'est une « série lapin »: hop, hop, hop. Un événement, un autre, encore un autre, sans véritable lien entre eux. Mariage contractuel, cohabitation, jalousie, rival, ex, enlèvement, amnésie… hop hop hop, surtout ne nous arrêtons pas, quelqu'un pourrait commencer à réfléchir.
Au milieu de tout cela, il y a Ling Yi Zhou. Et lui, c'est compliqué. Richissime, glacial, autoritaire, possessif, il traverse une bonne partie de la série avec à peu près la même expression et le charisme chaleureux d'une porte de coffre-fort. Est-ce mal joué ? Presque. Mais encore aurait-il fallu donner à l'acteur autre chose à jouer qu'un homme qui regarde fixement les gens en attendant qu'ils comprennent qu'il est puissant, mystérieux et séduisant.
Sauf que notre porte de coffre-fort est également un red flag ambulant.
Car le fameux mariage contractuel repose sur un mensonge absolument ahurissant : Ling Yi Zhou a fait croire à Xia Lin qu'elle souffrait d'une leucémie et organisé toute la situation afin de l'amener jusqu'à lui. Ah pardon, j'ai spoilé ?? Franchement, ce n'est même pas le pire. Pourquoi a-t-il fait ça ? Parce qu'il l’aime. Ah bon. Voilà donc l'explication. Bigre… Il a tout de même une drôle de conception de l'amour. Manipuler une femme, lui faire croire qu'elle est gravement malade et utiliser sa peur pour créer les conditions qui permettront de la posséder, c'est évidemment très différent lorsqu'on est beau, milliardaire et amoureux.
Sauf qu'il reste encore un léger problème : je ne l'ai jamais vu amoureux. Ni vraiment attiré, d'ailleurs. La série me l'affirme, mais elle ne me le montre jamais. Alors lorsqu'elle sort finalement « l'amour » de son chapeau pour justifier l'injustifiable, il ne reste même pas cette alchimie qui aurait pu, à défaut d'excuser quoi que ce soit, me faire comprendre son obsession.
Et rien ne me retient. Si ce n'est que je la trouve fascinante de nullité.
Car c'est peut-être là que Well-Intended Love accomplit son plus bel exploit : la série ne semble jamais comprendre à quel point son héros est inquiétant. Elle agite elle-même un gigantesque drapeau rouge devant nos yeux tout en attendant de nous voir soupirer devant cette « magnifique » preuve d'amour.
Mais fuyez…
De toute façon, je ne vous donne pas un épisode, allez, deux, avant d'avoir envie de le faire tellement c'est mauvais.
Mal filmée, mal montée, mal racontée, peuplée de lapins scénaristiques et affublée d'un « prince charmant » dont je conseillerais surtout de vérifier le casier judiciaire, Well-Intended Love réussit finalement une chose : porter admirablement son titre.
Parce que si l'enfer est pavé de bonnes intentions, cette romance en a manifestement refait toute la chaussée.