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Years and Waste
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Years and Years est un drame dystopique glaçant et terriblement actuel. À travers six épisodes, ce show britannique, créé par Russell T Davies (Doctor Who, It’s a Sin), va vous bousculer autant qu’il va vous faire réfléchir. Le miroir qu’il tend risque de vous rendre nerveux, selon votre capacité à accepter la réalité. Le choix de situer l’action dans un contexte contemporain nous plonge dans une angoisse sourde, tout comme le fait de montrer comment les drames collectifs peuvent s’infiltrer dans les sphères intimes.
Affronter nos peurs pour mieux les comprendre et empêcher qu’elles nous paralysent : cette série peut avoir cet effet sur vous, à condition d’accepter de jouer le jeu. On peut parler, définitivement, d’une expérience. Cette série ne se consomme pas distraitement, trop occupé à grignoter ou à regarder une vidéo TikTok où un écureuil confond les testicules d’un nouveau-né avec des noisettes.
Le scénario comme les dialogues sont formidables. Mais que dire du casting, tant il est prodigieux. Chaque regard, chaque silence est chargé de sens. Emma Thompson (Au Nom du Père, Raison et Sentiments) est un mélange de charisme et de menace : son jeu est l’éloge de la subtilité. Elle distille quelque chose dans chacune de ses actions, même les plus discrètes. Rory Kinnear (Ne Dis Rien, La Diplomate) est un comédien qui me fascine. Derrière une façade souvent stoïque, il imprime une large palette d’émotions en adoptant un jeu d’une grande sobriété. Sa voix, ses regards, son tempo démontrent le comédien brillant et précis qu’il est. Tout le reste du casting est à l’avenant, rendant cette fresque humaine poignante.
Tout cela est fort élogieux, mais il y a un “mais” — et non des moindres. Sur six épisodes, quatre me paraissent excellentissimes, du genre à être montrés dans les écoles de scénaristes, de comédiens, de réalisation et de montage. Vraiment. J’étais soufflé par l’étendue de cette maîtrise à tous les niveaux. Et si vous êtes un peu doué en calcul, vous conviendrez qu’il reste deux épisodes (6 - 4 = 2, il n’y a pas de petites victoires)… Ces deux derniers dérapent totalement. Le casting reste bien ancré dans l’excellence, mais la direction semble prendre un virage incompréhensible. Tout devient appuyé, la finesse et la justesse s’effacent devant des effets forcés, qui paraissent d’autant plus grossiers qu’on a vu la maturité et la précision du traitement dans les quatre autres.
Au total, cette série vous propose quatre heures d’excellence. Une œuvre qui met à l’épreuve votre déni du principe de réalité, votre capacité à détourner le regard de ce qui vous dérange. Une série qui vous mettra dans l’inconfort, mais qui le fera avec talent, dans le but de vous faire vous poser de justes questions.
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