Sur le papier, selon le pilot, Yellowstone avait de quoi faire pousser de petits cris de joie en découvrant le père Kevin Costner faire du dada sur les terres infinies de son ranch.
Mais, très vite, la série se met à aborder un bon petit millier d'arcs narratifs, sans se décider à en suivre un seul ou juste choisir un thème. Du coup, il est bien possible que ce soit un drame familial, une série policière ou de gangsters, un drama social ou politique, juridique, économique. Personne ne le sait.
Au fil des épisodes les péripéties s’enchaînent, en vrac, sans raison, avec des personnages qui disposent de beaucoup de temps libres, puisque personne n'a l'air de vraiment bosser, ni les avocats dont la plantureuse Kelly Reilly, qui se pinte la tronche en permanence, à poil dans un abreuvoir, dans des bars, partout en fait, ni Kevin Costner, bon, c'est le patron, le paternel, alors il règne sur cette famille et c'est tout. Le fiston, beau gosse (le cast est entièrement composé de belles personnes plus cow-boy Malboro que gros pécores du Montana), donc le fils Luke Grimes, soit disant dresseur de chevaux, sauf qu'il joue vraiment de pas de bol, car dès qui prend sa bagnole il doit se mettre à butter des gens rencontrés au hasard, paf, comme ça.
La série se bornerait à montrer la vie d'un ranch moderne, cela suffirait. Il serait aussi acceptable de suivre la rivalité entre les indiens et cow-boy au XXI ieme siècle, pour savoir comment gérer ces derniers espaces "sauvages", pourquoi pas ajouter un peu de promoteurs qui veulent urbaniser le tout, mais là, ils te rajoutent un trop plein de drames familiales pas subtil à base de mort de la maman, traumatisme des gamins, de confrérie de cow-boy marqué au fer rouge, d'histoire d'amour, d'accidents en pagailles (une semi-noyade, quatre, cinq meurtres, quelques arrestations, etc.), de la vengeance, etc.
Alors, c'est joli, dépaysant, bien joué, bien filmé, avec des bons moyens, mais ça s'éparpille trop. Il faut peut être garder espoir que l'ensemble va devenir par la suite sinon cohérent, au moins s'attarder sur un thème principal plus ou moins clair, en l'instant, il est écrit en rouge sur toute la marge, hors sujet.
Voilà.
Petite aparté, il est difficile au visionnage de pas penser en permanence au film Légende d'automne, (Legends of the Fall) gros drama lourdingue, avec une belle brochette de beaux gosses, le Montana, un ranch, des indiens, des rivalités, des morts, etc. Juste l'époque qui change en fait, donc si vous êtes amateurs du film, la série en prend le chemin.
Quelques saisons après, presque la fin, mais ça saoule. En fait Taylor Sheridan n'a pas de scénario sinon vendre sa propagande Libertarienne à la con, il faut tuer nos ennemis, les plus forts survivent, l'Etat c'est de la caca, seul votre famille compte surtout si vous avez la chance d'être fort, pas handicapé, pas malade, pas pauvre, etc.
Les héros doivent être beaux, virils, taiseux, pas instruit, aucun livre, mais ils tuent sans soucis, pour le bien, le bien qui correspond comme par hasard à la vie de Taylor Sheridan, sinon, tu es mort.
Le capitalisme, c'est bien, mais pas chez lui, car il a des flingues, on peut tuer, mais pas lui, pas les siens, c'est mal, le mal, c'est juste être contre sa vie à lui, pas la votre qui vaut rien.
Il s'en fout que vous soyez exploiter, défoncer, etc. Vous n'êtes pas sa famille. Vous pouvez mourir, mais autant vous exploiter avant.