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le 21 févr. 2025
SuivreQui a tué Bambi
J’ai l’habitude de toujours trouver et démêler les histoires lorsque je regarde des séries. Celle-ci, ZERO DAY, est vraiment fascinante. Tout d’abord elle est très actuelle et porte sur les libertés...
Attention, ça spoile sévère.
Robert de Niro est un ancien président des USA, la plus grande démocratie du monde comme chacun sait. Comme tout grand homme cherchant à construire sa légende personnelle, il passe le temps en rédigeant ses mémoires dont bien sûr personne n'aura rien à foutre, à l'exception d'un ou deux éditorialistes obséquieux. Un jour, voilà t'y pas que de fourbes ennemis du monde libre trouvent le moyen d'éteindre tous les systèmes électriques du pays pendant quelques minutes, provoquant la mort de milliers d'innocents patriotes. Et non seulement ces goujats ont le culot d'attaquer nos amis américains chez eux, mais en plus ils menacent de recommencer!
C'en est trop.
Comme à leur habitude, les US réagissent avec beaucoup de tact et de mesure : pour retrouver les affreux terroristes, ils créent une unité spéciale dotée des pleins pouvoirs, libre de se torcher le cul avec le code pénal, la constitution et tout ce qui ressemble de près ou de loin à une loi. Et comme Robert s'est récemment fendu d'un discours improvisé bourré de concepts mobilisateurs qui a boosté sa street cred, on lui refile le bousin malgré le fait qu'il approche visiblement des 2000 ans (on essaie de nous faire croire qu'il est sportif et fait souvent du jogging mais personne n'est dupe, le type est vieux de ouf).
Notre héros prend donc les choses en main. Il rencontre son équipe, se fait expliquer des choses, prend tout plein de décisions au pif et s'installe dans un gigantesque bureau d'homme important pour regarder la télé. Il change de chaîne et tout, on sent qu'il analyse comme un dingue, ce type est une machine. Ou presque. Car parfois, Robert pète un peu un câble : il a des absences, est habité par une musique obsédante et semble se demander s'il n'est pas un peu rattrapé par la sénescence. On nous fait même le coup de la phrase griphonnée 400 fois dans un petit carnet, histoire de nous faire douter de sa santé mentale, quelle originalité.
Sa femme, un archétype de first lady parfaitement insupportable qui n'existe que pour materner son puissant mari à grands coups de tirades moralisatrices lamentables lorsque ce dernier semble écrasé par son destin grandiose, sa femme disais-je décide alors d'intervenir. Elle contacte l'une des anciennes maîtresses de Bob avec qui ce petit sacripant a eu une enfant et lui ordonne de le seconder dans sa mission. Parce que, voyez-vous, c'est "la meilleure cheffe de cabinet qu'il ait jamais eue" et ce, même si cette dernière a 1900 ans elle aussi. Tout le monde s'empresse d'accepter cette idée lumineuse. On notera au passage que le bras droit de notre protagoniste couche quant à lui avec sa fille, elle-même sénatrice, histoire d'ajouter une petite touche d'entre-soi et de népotisme au récit.
Notre redoutable équipe d'Avengers se met au travail. Au début, on soupçonne les Russes car ils sont méchants et en plus, ils aiment bien foutre la merde avec leurs ordinateurs. Puis, on kidnappe un avatar des fake news qui a un peu trop chauffé notre ancien président avec ses émissions pour cassos et on le torture parce que pourquoi pas après tout, de toutes façons, c'est un vilain antipathique, il le mérite. Et puis Robert a la pression de la présidente vous comprenez, ce n'est pas vraiment de sa faute, il fait ça par amour pour son pays donc il reste gentil, quand bien même il assiste sans broncher à la suffocation d'un homme sans défense.
Mais pas de pot, c'était pas lui. Robert est contrarié, d'autant plus qu'il commence à se demander si on ne lui embrouille pas les neurones exprès pour l'embêter avec une arme expérimentale dont il a ouï-dire. Heureusement, son ex lui fait installer une tente blindée dans son grand bureau, ce qui lui permet de mater la TV à l'abri des éventuelles ondes scélérates. J'attendais le moment où il allait se confectionner un petit chapeau en papier alu pour ses réunions dans le bureau ovale mais les scénaristes n'ont pas osé, dommage...
Entre-temps, le bras droit meurt de décès pour avoir trop fricoté avec des sbires louches. Bobby est très affecté, on sent qu'il aurait volontiers daigné jouer la tristesse s'il n'en avait pas tellement rien à foutre de cette série. Cette disparition tragique lui permettra néanmoins de connaître une première avancée dans une enquête jusqu'ici digne de l'inspecteur gadget : le voilà désormais sur les traces de 2 milliardaires pas très nets qui auraient tempé dans ce bordel sans nom. On en attrape une, on la jette en prison - ce qui est très crédible - mais pas de bol, elle glisse en mettant sa ceinture et se retrouve pendue dans sa cellule par inadvertance.
Robert remonte la piste, il n'a pas dit son dernier mot, d'autant plus que les gens commencent à râler à force de le voir fouler aux pieds l'état de droit. Et finalement, la vérité éclate enfin au grand jour : c'est le sénateur avec "coupable" tatoué sur la gueule depuis l'épisode 1 qui a fait le coup en modifiant un prototype d'arme de la CIA avec l'aide de la techno-milliardaire décédée. Ben merde alors! Pire : la fille de de Niro était dans la conspiration, elle voulait créer un électrochoc pour que ses compatriotes se ressaisissent et que son pays s'unisse à nouveau. La pauvre, son cœur était si pur... Et puis d'abord, elle ne savait pas que des gens mourraient, on ne lui avait pas expliqué, c'est quand même pas cool.
Là-dessus, Bob se retrouve face à un terrible dilemme : doit-il éliminer la peste qui gangrène l'état profond de sa patrie ou tout enterrer pour sauver sa fille? Dur dur... Heureusement, sa bonne-femme le tance vertement et lui intime de couvrir la rejetonne sans quoi elle pliera définitivement bagage. Robert saute sur l'occasion et balance immédiatement sa fille devant les caméras du monde entier (mais en vrai, ça va car cette dernière avait pris les devants donc il est quand même gentil on te dit). C'est fini, Robert a tout perdu, il a sacrifié sa famille pour son pays, c'est ça un vrai américain.
Moi ce que je retiens surtout, c'est que Robert, il prend l'argent de Netflix. Pourquoi se gêner quand on peut gagner des millions en faisant la même gueule sur 6 épisodes?
Zero day / 20
Créée
le 22 avr. 2025
Critique lue 26 fois
8
le 21 févr. 2025
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