Pour comprendre le succès de la série Zorro produite par Walt Disney en 1957, il existe un épisode qu’il faut avoir vu absolument : le deuxième épisode de la première saison, « Passage secret ». C’est dans cette demi-heure que tout le mythe se met en place.



Le roman d'origine version brutale


Tout commence avec le roman d'origine écrit par Johnston McCulley en 1919, intitulé Le Fléau de Capistrano. C'est ce livre qui pose les bases de l'histoire. Mais le héros du livre est sombre et violent : il menace ses ennemis de mort, transperce leur cœur sans remords et grave un "Z" sanglant sur leur visage pour les marquer à vie. Pour la télévision, Walt Disney a totalement adouci cette violence. Il a transformé ce vengeur brutal en un justicier élégant qui ne tue jamais, mais utilise son humour pour ridiculiser les méchants.



Un double jeu


Dès l'épisode pilote, « Le Cavalier de la nuit » (ou « Nous vous présentons le señor Zorro »), le cœur de la série se met en place avec le choc de la double identité. Pour tromper les soldats, Don Diego de la Vega fait un choix difficile. Il joue publiquement le rôle d'un homme riche, lâche et inoffensif. Ce contraste saisissant entre le Diego mou de la journée et le Zorro courageux de la nuit fait tout le sel de l'histoire.


Mais le vrai drame est familial. Diego cache sa vérité à Don Alejandro. Voir ce père, si fier, être déçu par la prétendue lâcheté de son fils unique apporte une immense émotion qui va durer pendant presque toute la série.



Les Personnages Inoubliables


• Don Diego / Zorro (Guy Williams) : Un noble qui cache son courage derrière un masque la nuit. C'est un héros élégant qui utilise sa lame pour punir l'injustice.


• Bernardo (Gene Sheldon) : Le fidèle serviteur. Il fait croire à tout le monde qu'il est sourd-muet pour espionner les soldats et aider Zorro en secret.


• Le Sergent García (Henry Calvin) : Un militaire maladroit et gourmand. Il doit chasser Zorro, mais sa gentillesse et ses gaffes en font un personnage très attachant.


• Don Alejandro (George J. Lewis) : Le père de Diego. Un homme courageux et fier, désespéré par le manque de dynamisme de son fils.


• Le Commandant Monastério (Britt Lomond) : Le grand méchant de la première saison. Un tyran cruel et intelligent, obsédé par l'idée d'attraper Zorro.


• Le Caporal Reyes (Don Diamond) : L'assistant de García, encore plus niais que son chef. Leurs disputes sont très drôles.



Passage secret


Ce deuxième épisode nous ouvre enfin les portes de la cachette du héros. Diego montre à Bernardo les souterrains secrets, le passage caché derrière la bibliothèque et la caverne de son cheval Tornado. C'est ce qui lui permet de disparaître comme un fantôme.


En coulisses, la réalité rejoint la fiction à travers des anecdotes amusantes :


• Une vraie rivalité : l'acteur qui joue le méchant Monastério avait d'abord auditionné pour être Zorro. Déçu de ne pas avoir eu le rôle, il a mis toute sa frustration dans son personnage de méchant. C'est pour cela que les combats à l'épée entre lui et Guy Williams sont aussi intenses et réalistes à l'écran.


• Plusieurs chevaux pour Tornado : à l'écran, Tornado semble unique. En réalité, le studio utilisait quatre chevaux noirs différents selon les besoins.


• L'arrivée du cheval blanc : au début de la deuxième saison, Zorro change de ville et part pour Monterey. Pour ne pas se faire repérer, Diego laisse Tornado caché chez lui et utilise un magnifique cheval blanc nommé Fantôme (Phantom). C'était une astuce pour que les soldats ne fassent pas le lien entre Diego et le justicier.



L'Éternelle Noblesse du Héros


Disney avait compris que pour faire rire, il fallait s'appuyer sur la maladresse de García ou de Bernardo, mais que le héros, lui, devait rester sacré, noble et infaillible. L'élégance de Guy Williams et le respect de la figure du justicier font de cette œuvre le modèle indétrônable.


« Passage secret » rappelle à quel point le Zorro de 1957 est le refuge parfait de l'aventure. Une leçon de narration dont feraient bien de s'informer certaines versions récentes, qui semblent avoir confondu la crise de la quarantaine du héros avec une parodie d'agent secret. N'en déplaise aux tentatives modernes, la légende ne se caricature pas : elle se contemple avec panache.




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il y a 2 jours

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Zorro

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il y a 2 jours

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