Liste de 52 films créée il y a plus d’un an · modifiée il y a 5 mois
Une bataille après l'autre
7.4
1.

Une bataille après l'autre (2025)

One Battle After Another

2 h 42 min. Sortie : 24 septembre 2025 (France). Comédie, Drame, Thriller

Film de Paul Thomas Anderson

Alexandre G a mis 9/10.

Annotation :

Il fallait bien papa PTA pour nous pondre le film le plus mature et abouti de ces dernières années. Car M. Anderson en connaît un rayon sur le cinéma, et nous le prouve ici. Reprenant globalement l'histoire d'Eddington d'Ari Aster, sur la division fondamentale de la société états-unienne, il la met en scène autour d'une course poursuite entre deux hommes, qui ne se rencontrent pratiquement pas du film, le colonel Steven J. Lockjaw, incarné par Sean Penn et incroyable dans ce vilain haut-gradé blindé de tics et de fantasmes inavoués, et Bob Ferguson, campé par DiCaprio, un anarchiste à la retraite qui vit reclus après que son groupe de gauche terroriste ait été décimé une quinzaine d'années plus tôt. Et tous deux se courent après car l'un possède la fille de l'autre, ou qqch comme ça. Et au milieu de cette folle course poursuite de plus de 2h, se trouvent des personnages annexes renversants : un sensei de kung fu mexicain (Benicio Del Toro) qui aide des migrants sud-américains à rentrer aux Etats-Unis, et qui va permettre à DiCaprio de s'enfuir plusieurs fois ; une société secrète de vieux racistes enrichis à laquelle veut appartenir le colonel, mais qui se retourne contre lui car il aime les femmes noires (ça ne s'invente pas) ; des bonnes soeurs qui cultivent du cannabis au milieu du désert... Bref, l'écriture et le rythme sont les deux joyaux de la couronne de ce chef d'oeuvre, et c'est déjà largement suffisant pour en faire un très bon film. De même, la métaphore de la fracture des US est aussi celle de la situation actuelle du pays : incarnée par Milla Ferguson, la fille de Bob, que les deux facettes de l'Amérique se disputent, la société américaine est confrontée à ces deux héritages, le fascisme racialiste et violent, et l'incompétence révolutionnaire mais attachante. De même, le métissage, l'impertinence, les déconvenues, tout cela brosse un portrait intéressant et subtil du pays de la liberté, où le fascisme renaît ponctuellement. Un grand moment, et 3h qu'on ne voit pas passer.

Arco
7.5
2.

Arco (2025)

1 h 28 min. Sortie : 22 octobre 2025. Animation, Aventure, Science-fiction

Long-métrage d'animation de Ugo Bienvenu

Alexandre G a mis 9/10.

Annotation :

L'animation française, comme souvent, nous épate et nous étonne. Ugo Bienvenue présentait à Annecy cette année "Arco", une fable adaptant pourtant un thème vu et revu, l'adolescence et l'apprentissage de la vie à travers les épreuves. Associant Arco, jeune garçon de la fin du IIIe millénaire capable de voyager dans le passé, et Iris, jeune fille de la fin du XXIe siècle, le film déploie une poésie et un lyrisme extraordinaires, que ce soit par une animation hyper soignée, rappelant la spontanéité et la naïveté complexe des studios Ghibli, par une bande originale qui, je trouve, n'a pas eu droit à sa juste réputation, et à son casting vocal vraiment très efficace. Certes, il y a des faiblesses, comme ces personnages secondaires très évasifs et peu exploités, ou un rythme un peu alambiqué, mais certaines scènes proposent un apogée monumental de l'émotion et de la beauté de l'animation (ce plan où le robot Micky dessine dans la grotte reste comme un moment fort), que l'intrigue vient, surtout à la fin avec le twist final, couronner. Sans révolutionner le genre, 'Arco' apporte une solide pierre à l'édifice de l'animation française, et vos larmes seront justifiées.

Alpha
5.5
3.

Alpha (2025)

2 h 08 min. Sortie : 20 août 2025 (France). Drame, Épouvante-Horreur

Film de Julia Ducournau

Alexandre G a mis 9/10.

Annotation :

C'était évidemment Julia Ducournau qui allait me permettre d'enfin vivre une vraie expérience de cinéma en 2025. On le savait, c'est une réalisatrice qui aime montrer des corps, la souffrance sur la peau, le body-horror n'est jamais très loin même si on ne va pas toujours jusque dans du Cronenberg. Mais avec Alpha (en fait comme c'était déjà le cas dans Grave et Titane), elle investit le terrain des relations familiales dans ce qui s'apparente à la fois à une tragédie grecque, dans laquelle les temporalités sont confuses (à plusieurs reprises, notamment dans la 2e partie du film, on a du mal à savoir vraiment dans quelle période on se trouve, si ce sont les années 1980 avec cette épidémie de "VIH" ou bien quelques années plus tard, les indices étant volontairement brouillés), mais aussi à un film social, sur la charge mentale portée par cette femme qui ne porte pas de nom (et magnifiquement interprétée par Golshifteh Farahani), qui doit assumer un frère, Amin, toxico et en potentielle rechute permanente, et une fille, Alpha, qui a peur d'avoir attrapé le "VIH" après s'être fait tatouer clandestinement dans une soirée de jeunes. Le film brasse de nombreux sujets, et il serait vain de vouloir tous les énumérer, et c'est surtout dans la 2e partie qu'on abandonne, tant l'émotion prend le dessus : la viscéralité des rapports entre ce trio familial dysfonctionnel, l'irrésistible pente vers laquelle ils tombent, qu'elle mène vers l'addiction, l'IST ou l'abandon, la peur de l'échec ou de la perte, tout y est sublimé par une écriture, une direction d'acteurs, des prises de vue, des musiques magnifiques. Et évidemment, les scènes finales, multiples, et en apothéose avec ce Vent Rouge qui balaye la cour des immeubles natals, sur la 7e de Beethoven, sont un magnifique point d'orgue pour un troisième chef d'oeuvre en autant de films.

Je suis toujours là
7.2
4.

Je suis toujours là (2024)

Ainda Estou Aqui

2 h 15 min. Sortie : 15 janvier 2025 (France). Biopic, Drame, Thriller

Film de Walter Salles

Alexandre G a mis 9/10.

Annotation :

Déjà une énorme claque de l'année et on n'est qu'en janvier ! Prenant le prétexte d'une famille, celle de Rubens et Eunice Paiva, durant la dictature militaire au Brésil des années 1970, le film nous expose ce sentiment si cher aux Brésiliens et Portugais : la saudade. Cette nostalgie bienheureuse, douce-amère, qui retrace les doux moments partagés et qu'on a perdus, ceux qui se mêlent avec le malheur et le désespoir : ici, l'idylle familiale du début, parfaitement filmée, est rapidement détruite par l'arrestation arbitraire de Rubens Paiva, ex-député socialiste, et sa femme, Eunice, qui devient rapidement le personnage principal de cette histoire. Libérée, elle tente désespérément de retrouver la trace de son mari. Le film nous captive, que ce soit dans ces longues scènes à l'intensité inégalée, qu'avec ses morceaux d'amour familial croqués par-ci par-là, habités par les acteurs, petits et grands, au casting parfait. Seul petit bémol : les flash forwards finaux, nécessaires pour l'intrigue, sonnent un peu forcé après la trame principale.

28 ans plus tard
6.2
5.

28 ans plus tard (2025)

28 Years Later

1 h 55 min. Sortie : 18 juin 2025 (France). Épouvante-Horreur, Thriller, Road movie

Film de Danny Boyle

Alexandre G a mis 9/10.

Annotation :

C'est quand le générique démarre et que l'on se rend compte qu'Alex Garland a écrit et co-produit avec Danny Boyle ce film, qu'on comprend pourquoi on a passé un si bon moment. Certes, le film démarre plutôt mal, avec cette première chasse des infectés dont on se demande si c'est un hommage à Sam Raimi ou un clin d'oeil de mauvais goût et sans subtilité. La première partie est un peu classique, malgré cette patte artistique que Boyle aime cultiver (le collage audio et vidéo, les murmures et contre-emplois, etc.). Mais elle semble nécessaire pour la 2e partie, qui est le vrai summum du film : le jeune Spike, issu d'une communauté insulaire qui a réussi à survivre 30 ans au large de l'Angleterre, complètement en quarantaine, fait sa première sortie chez les infectés avec son père. Rien de bien nouveau, tout se passe mal, et ils manquent de se faire bouffer par un Alpha juste aux portes de leur village. Mais c'est précisément à ce moment-là que le film devient génial : la scène de la poursuite de l'Alpha sur la digue est esthétiquement magnifique, et donne le top départ à un tout nouveau film, où tout est sans dessus dessous. Le fils renie son père pour sauver sa mère et retrouver un ermite, le Dr Kelson, dont on dit qu'il est fou, et qui a réussi à survivre 30 ans au milieu des infectés : il serait le seul à pouvoir soigner la maladie mystérieuse de la mère. Mais une fois trouvé, ce docteur s'avère être un mystique, occupé à installer un gigantesque et magnifique monument 'memento mori', en hommage aux morts, infectés ou non. Et le film, qui semble parfois nous entraîner vers un peu subtil "les vrais monstres ne sont peut-être pas les infectés", nous bringuebalance d'une réflexion à l'autre, et d'une émotion à l'autre tant cette 2e partie est intense. C'est finalement la quête de Spike qui est centrale, comprenant que dans ce monde où l'humanité a du mal à rester dans un même corps, il faut laisser mourir le passé et aller de l'avant en comptant sur soi uniquement.
Le film est plein de bonnes surprises, la scène finale en étant une espèce d'orgie dyonisiaque à la Orange mécanique, et détruisant définitivement les très convenus films précédents.

Le Chant des forêts
7.4
6.

Le Chant des forêts (2025)

1 h 33 min. Sortie : 17 décembre 2025. Animalier, Nature

Documentaire de Vincent Munier

Alexandre G a mis 9/10.

Annotation :

On ne boude pas son plaisir quand un film prend simplement le temps de montrer des paysages splendides, des animaux entrant/sortant délicatement du cadre, sur des musiques vraiment parfaites, du générique de début au générique de fin, et entrecoupées de dialogues naturels du père et du fils du réalisateur, comme pour ancrer ce coin de montagne vosgienne dans un récit familial vivant et vibrant. On passe juste un moment de calme et d'apaisement.

Mémoires d’un escargot
7.5
7.

Mémoires d’un escargot (2024)

Memoir of a Snail

1 h 34 min. Sortie : 15 janvier 2025 (France). Animation, Drame

Long-métrage d'animation de Adam Elliot

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

Et bien ! 2025 commence si bien. Et c'est avec le retour d'Adam Elliot, peu prolifique réalisateur de film d'animation en stop-motion, qui ne signe là que son 2e long-métrage après 'Mary et Max' en 2009. A travers l'histoire de Grace Pudel, une jeune fille rondelette et bizarre, qui a une passion immodérée pour les escargots et la lecture, 'Mémoires d'un escargot' brosse en réalité une fable autour de la vie elle-même, de ses hauts et de ses bas. Grace expérimente toutes les épreuves de la vie : le deuil (qui parcourt tout le film : la mère morte en couches, le père mort d'une apnée du sommeil, Pinky son amie morte dès la scène d'intro), la séparation d'avec son frère jumeau Gilbert, les désillusions du mariage... C'est toutes les facettes de l'existence et tout le panel des émotions qu'A. Elliot revisite, à travers une esthétique dépressive mais douce-amère, agrémentée d'un humour caustique tout à fait bienvenu, qui permet de ne pas sombrer dans les larmes toutes les 5 minutes. On s'y reconnaîtra si l'on a des frères et soeurs, des parents absents, ou si l'on se sent bizarre.

Sirāt
7
8.

Sirāt (2025)

1 h 55 min. Sortie : 10 septembre 2025 (France). Drame, Road movie, Aventure

Film de Oliver Laxe

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

Dans une descente aux enfers largement inspirée par le Salaire de la peur, 'Sirât' est un film contemplatif et sombre, où l'on est invité à embarquer dans une épopée dans le désert marocain, entre deux rave party. Sergi Lopez et son fils sont à la recherche de leur fille/soeur, et s'ajoutent à deux camions de teufeurs pour la retrouver. Mais le déclenchement d'une guerre au même moment va rendre la traversée du désert bien plus compliquée.
Entre trip sous LSD et tension extrême, le film d'Oliver Laxe, merveilleusement appuyé sur les musiques de Kangding Ray, met nos nerfs à rude épreuve. La première partie du film peut paraître être un peu lente, mais c'est justement pour que l'on puisse s'attacher à cette équipée de personnages hétéroclites, entre les teufeurs abîmés par la vie, crâne rasé et corps couverts de tatouages, et ce père et son fils tout ce qu'il y a de plus normal, qui dénotent dans le paysage. La 2e partie, beaucoup plus violente et sombre, alterne entre les moments d'intensité, de tristesse et de transe, délaissant quelque peu le propos pour se concentrer sur l'émotion pure, la vie viscérale et puissante. Grand Prix à Canne, 'Sirât' est une expérience marquante, bien qu'un peu maladroite dans son scénario.

Ne Zha 2
7.4
9.

Ne Zha 2 (2025)

Nezha: Mo Tong Nao Hai

2 h 23 min. Sortie : 23 avril 2025 (France). Action, Drame, Comédie

Long-métrage d'animation de Yáng Yǔ (Jiaozi)

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

Etonnamment distribué en France, 'Ne Zha 2' est une grosse production chinoise, considéré comme le film d'animation le plus rentable de tous les temps (2 milliards de $ de recettes contre 80 millions de budget). J'y allais un peu sceptique, mais en fus rapidement surpris : la qualité de l'animation est incroyable, stupéfiante, que ce soit dans le rendu des batailles, des duels ou dans les expressions faciales des personnages comiques, tout y est millimétré, rien n'est laissé au hasard, aucune paresse, les décors sont somptueux (le Palais Yu Xu !!), et on se demande si le PCC a voulu remettre le couvert un an après le JV BLack Myth WuKong et ses graphismes d'un autre monde. Pour ce qui est de l'histoire, l'aura de la propagande communiste n'est jamais très loin, et la marque du renouveau culturel de Xi JinPing se fait bien sentir (évidemment celui qui se prétend le gentil ne l'est pas, et ne fait qu'opprimer les peuples, tandis que le héros, mal aimé au départ car démoniaque, doit suivre une autre voie pour espérer prospérer). Mais le rendu de la culture chinoise y est subtilement transmis, sans exagération (le film n'est pas prédisposé pour le marché occidental) et tout s'y imbrique très bien. Peut-être un peu long, on ne s'ennuie néanmoins pas souvent et on se plaît à espérer que le premier soit un jour distribué en France.

Strip-tease intégral
7.1
10.

Strip-tease intégral (2024)

1 h 30 min. Sortie : 12 février 2025. Société

Documentaire de Jean Libon, Yves Hinant, Clémentine Bisiaux, Régine Dubois, Stéphanie De Smedt et Mathilde Blanc

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

Que demande le peuple ? Des années après l'arrêt de la série documentaire culture belge, le divin nous a gratifié de 5 épisodes supplémentaires. Certes, la série originale a ce goût de vintage des années 90, mais ici on se plaît à voir ce que la société est devenue depuis, dans ce miroir que tend la caméra : des influenceuses à Dubaï qui se font tout refaire mais restent des "filles simples" à la famille nombreuse où la mère obsédée par le zéro déchet et les bières au nom sulfureux doit supporter ses ados tous sans exception en crise d'ado, en passant par le médecin hypocondriaque, c'est encore une galerie de portraits formidables qui nous est proposée, sans a priori, sans jugement (hormis ceux de vos voisins de rangée qui s'esclaffent quand même beaucoup face aux influenceuses). Certaines scènes semblent écrites par Audiard lui-même (le curé invité à manger à qui les ados montrent leur combinaison de air soft et notamment les poupons qui servent d'otages...), d'autres sont un peu plus anecdotiques (la femme humoriste pour sa première à Avignon), et d'autres rappellent vraiment les épisodes originels (le médecin hypocondriaque). Peut-être le dernier épisode paraît en trop (une autopsie filmée dans sa quasi intégralité et en ASMR) mais qu'attendre d'autre de cette formule que de nous bousculer ?

Deux procureurs
6.8
11.

Deux procureurs (2025)

Zwei Staatsanwälte

1 h 58 min. Sortie : 5 novembre 2025. Drame, Historique

Film de Sergei Loznitsa

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

Belle surprise que ce film historique qui s'avérait au premier abord très descriptif (et qui peut parfois l'être, essentiellement dans le dialogue entre le procureur Kornev et le prisonnier) mais qui se trouve être une belle incarnation de la froideur, la sévérité et l'atrocité qu'a représenté le système carcéral soviétique durant les purges staliniennes des années 1935-38. L'histoire n'est en soi pas très originale : un jeune procureur membre du Parti communiste, intègre et bourré d'illusions, juge bon de faire remonter jusqu'au Procureur général des actes de torture commis contre des prisonniers du NKVD. Mais c'est surtout la manière dont c'est montré, raconté et mis en scène qui fait du film une réussite : découpé en 4 tableaux, il prend bien le temps de nous immerger dans cette machine administrative où le rapport de forces est permanent, la surveillance généralisée et la violence institutionnalisée. Dans la prison, le labyrinthe de couloirs et de portes fermées à clef, la ribambelle de matons, clones de grands Russes rasés et bougons, l'absurdité de l'attente dans les antichambres, confèrent un gigantesque désespoir dans cet environnement froid et inexpressif. Dans le train qui amène le procureur à Moscou, on entre dans du Dostoïevski, avec le récit d'un vieux moujik qui dit avoir rencontré Lénine pour lui demander une pension pour son invalidité liée à la guerre. Le patchwork de personnages représenté ici est tout simplement époustouflant. Ensuite, la découverte du Palais de Justice de Moscou et l'entrevue avec le Procureur général Vichinsky permet d'introduire ce formidable personnage : mur d'intransigeance et de sévérité, il représente la première lueur d'espoir dans cet environnement verrouillé et inaccessible, et propose alors parmi les meilleurs plans du film (big up à la statuette de Lénine).
Enfin, le retour en train à Briansk avec une bonne compagnie de larrons nous amène inexorablement vers la fin des illusions... Le film propose des ambiances souvent différentes mais qui concourent toutes à dépeindre cette absurde machine à condamner et enfermer qu'a été l'URSS de Staline, où la répression était devenue une fin en soi et où toute velléité d'intégrité était perçue comme une occasion pour un plus haut placé de gagner en grade.
Point fort du film : la photographie, souvent jolie et des cadres intéressants, et un casting vraiment superbe, même si peut-être caricatural.

Exit 8
6.2
12.

Exit 8 (2025)

8-ban deguchi

1 h 40 min. Sortie : 3 septembre 2025 (France). Drame, Épouvante-Horreur, Science-fiction

Film de Genki Kawamura

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

'Exit 8' pourrait passer pour une des meilleures adaptations de jeux vidéo qui soient, ne serait-ce que par la structure et le rythme que Genki Kawamura déploie : un système en boucle (un homme tourne en rond dans le même couloir de métro) qui rappelle la boucle de gameplay, de nombreuses vues à la première personne, une progression et du die&retry, des PNJ, la vulnérabilité du personnage principal... et tout cela étant bien voire très bien mené. A mi-chemin entre la métaphore et la soft-horror, 'Exit 8' semble être une sympathique réflexion sur les choix que l'on n'ose pas faire pour s'extirper d'un quotidien dépressif, ici résolu par l'acceptation du rôle de parent par le personnage principal. Reprenant parfois les codes des séries à succès comme 'Squid Game', le film s'en démarque néanmoins par quelques séquences impressionnantes et d'autres un peu moins (on voit mal le raccord avec le jeu vidéo de l'inondation finale). La sonorisation et la musique est aussi intéressante, quand bien même elle peut parfois être caricaturale. Mais l'angoisse et la profondeur étant si rares au cinéma, on ne boude pas son plaisir.

The Insider
6.2
13.

The Insider (2025)

Black Bag

1 h 33 min. Sortie : 12 mars 2025 (France). Drame, Thriller

Film de Steven Soderbergh

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

En ces temps de vache maigre au cinéma, le cru annuel de Steven Soderbergh peut bien rattraper le niveau. Dans ce whodunnit des services secrets de Sa Majesté, on suit le couple formidable que forment Michael Fassbender et Kate Winslett, deux agents secrets tirés à 4 épingles, qui ont l'air de deux psychopathes à la Basic Instinct, et qui soupçonnent leurs jeunes collègues de les manipuler pour une affaire un peu complexe impliquant un virus informatique Stuxnet, pouvant faire fondre le coeur d'un réacteur de centrale nucléaire russe. Le but du couple : débusquer celui qui a fait fuiter ce virus auprès d'opposants à Poutine pour les aider à détruire une centrale nucléaire, ce qui ne manquerait pas de discréditer définitivement le pouvoir russe. A côté de cet alibi scénaristique un peu bancal, le film s'organise surtout autour de la découverte de la double manipulation du couple : George fait suivre sa femme parce qu'il y a des soupçons étranges autour d'un voyage confidentiel qu'elle fait à Zurich ; Kathryn vole au secours de George qui se retrouve embarqué dans une affaire de fuite d'informations.
A cheval entre un Agatha Christie, un James Bond qui resterait à Londres, ou encore un huis clos érotique, 'Black Bag' est une bonne surprise qui nous rappelle à quel point, même pour des films secondaires, Soderbergh est un réalisateur talentueux, qui sait créer une ambiance, diriger des acteurs, et écrire un scénario. Bon, maintenant il s'agirait peut-être d'embaucher un chef-op car les lumières floues sont insupportables.

Bird
7
14.

Bird (2024)

1 h 59 min. Sortie : 1 janvier 2025 (France). Drame

Film de Andrea Arnold

Alexandre G a mis 8/10.

Annotation :

Une petite surprise que ce 'Bird', film poétique sur l'adolescence dans les classes populaires anglaises. La jeune Bailey, 12 ans, se bat pour construire son identité au milieu des injonctions violentes des gangs de jeunes qui cherchent à protéger les petits du quartier, de son trop jeune père qui pense plus aux hallucinogènes de la bave de crapaud et de sa mère qui l'a chassée et qui vit au milieu des toxicos. Mais Bailey a une passion secrète : elle aime la beauté du quotidien, la bienveillance, elle est gentille et attentionnée. Et c'est son ange gardien, un grand bonhomme assez laid, qui se prénomme Bird, et que seule elle semble voir ou en tout cas comprendre, c'est Bird qui lui donne cette respiration de bienveillance au milieu du chaos et de l'incertitude. Elle tente de l'aider à retrouver sa famille, mais son père le rejette : aussi bien, Bird et Bailey seront de la même famille.
Le film est vraiment réussi, dans toutes les dimensions qu'il propose : le portrait des classes populaires n'est jamais condescendant ni caricatural, et il s'appuie notamment sur les petites vidéos poétiques prises par Bailey avec son smartphone, et sur un Barry Keoghan qui n'en finit pas de jouer le rôle du prolo loser mais qui le sublime à chaque fois, ici en jeune père plein d'amour brut. D'un autre côté, les moments de poésie sont des petits nuages de bienveillance, Bird agissant comme un phare dans la nuit : la virée à la plage se transforme en parenthèse enchantée, alors qu'on sait ce qui doit arriver en rentrant.
Et bien sûr, tout ça rendu plus iconique encore par les Fontaines DC et leur 'Too Real', qui rythme le début et surtout le générique.

Tardes de soledad
7.5
15.

Tardes de soledad (2024)

2 h 05 min. Sortie : 26 mars 2025 (France). Portrait

Documentaire de Albert Serra

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Froid exposé de plusieurs corridas de toros du matador star Andrès Roca Rey, 'Tardes de soledad' est un documentaire de 2h sans voix off, sans commentaire, qui ne prend parti ni pour ni contre ce rituel sacrificiel violent et d'un autre âge, mais qui ménage néanmoins des scènes d'une intensité folle dans la première moitié, lorsque le spectateur est cueilli à nu face à cette violence invraisemblable et cette crudité verbale et gestuelle du torero lui-même, grimaçant et brandissant ses hanches au taureau agonisant. Ce qu'Albert Serra nous montre, c'est ce monde archaïque, viriliste et violent des toreros, et à force de répétition, d'une corrida à l'autre, l'on s'habitue et on désincarne ce duel si déséquilibré, et pourtant toujours si profond et intense. Un peu long vers la fin, 'Tardes de Soledad' aura le mérite de représenter ce qu'a toujours été ce spectacle séculaire : une réminiscence de combats fantasmés entre l'homme et son animalité, une mise en scène virile d'une quête de frissons pour mâle en mal de divertissement.

Black Dog
7.2
16.

Black Dog (2024)

Gou Zhen

1 h 50 min. Sortie : 5 mars 2025 (France). Drame, Road movie

Film de Guǎn Hǔ

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Sans avoir vu le film de l'année, on passe les 2h que dure 'Black Dog' dans un doux ravissement, devant un film simple, narrant l'amitié entre Lang, un marginal sorti de prison dans son lointain village de Mongolie occidentale, et assez taiseux, et un chien noir errant qu'il recueille alors que la ville fait la chasse aux animaux errants. L'intrigue ne va beaucoup plus loin, et laisse davantage défiler les métaphores de la marginalité : de ce lieu reculé alors que s'apprêtent à démarrer les JO de Pékin 2008, de cet homme quasi-muet et isolé dans un village où tout le monde se connaît, de son père, discret gardien d'un zoo abandonné, de ce tigre seul et éloigné de sa Mandchourie natale, de ce chien isolé du reste des chiens errants, etc. C'est cette marginalité qui donne son cachet au film, en même temps que son esthétique très aride et ses plans larges.

L'Agent secret
7.1
17.

L'Agent secret (2025)

O Agente Secreto

2 h 41 min. Sortie : 17 décembre 2025 (France). Drame, Policier, Thriller

Film de Kleber Mendonça Filho

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Je n'ai pas grand chose à reprocher au film de Kleber Mendonça Filho, en-dehors de son intrigue principale, qui ne m'a pas vraiment intéressé : on a l'impression que le réalisateur avait tellement peur qu'on l'accuse de sensationnalisme, de profiter de la dictature pour camper un thriller haletant, qu'il en a oublié de créer un scénario qui rendrait hommage à sa réalisation. Car cette histoire de mise au vert d'un chercheur universitaire, traqué par un industriel corrompu à cause d'un dîner qui s'est mal passé, en plus d'être assez mal exploitée, est aussi complètement mal menée puisque l'histoire n'avance jamais et lorsqu'elle se résoud, à la fin, c'est dans un flop scénaristique total...
Bref, le film a mille autres qualités : un casting en or (tous les personnages ou presque sont magnifiquement écrits et interprétés), un sens du rythme, des décors et de l'écriture des scènes vraiment impressionnant, une bande son très Brésil 70's, etc. On voit qu'on a affaire à un cinéma mature, complexe et intelligent, et les 2h40 passent assez vite. Mais si seulement il y avait eu un thriller plus haletant !

F1 - Le Film
6.3
18.

F1 - Le Film (2025)

F1: The Movie

2 h 36 min. Sortie : 25 juin 2025 (France). Action, Drame, Sport

Film de Joseph Kosinski

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Ce qui ressemble furieusement à une vidéo promotionnelle pour la marque Formula 1 est aussi un assez bon film d'action, et peut-être ce qu'on souhaite voir lorsqu'on aimerait regarder les courses de voitures mais qu'on n'aime pas trop mater 75 tours sans réels rebondissements. Le scénario est classique au possible (un ancien pilote qui a eu un accident remet les crampons pour sauver une écurie en perdition) et le rythme est téléphoné, mais les scènes de courses choisies sont impressionnantes, et Brad Pitt fait du Brad Pitt. C'est un film confort et on ne passe pas un mauvais moment.

Eddington
6.2
19.

Eddington (2025)

2 h 28 min. Sortie : 16 juillet 2025 (France). Comédie, Drame, Thriller

Film de Ari Aster

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Sous des dehors assez sobres, 'Eddington' se révèle être un film assez riche et convaincant, dépeignant les Etats-Unis comme on se les imagine : un espace de contradiction et d'exagération permanente, dans lequel un évènement paroxystique comme la pandémie de Covid-19 vient exacerber toutes les tensions. Critique de tout le monde, Ari Aster prend le risque de ne choisir aucun camp et de s'attirer les foudres de tous : les antivax délulu, les Républicains soucieux de leur confort fantasmé, les démocrates et leur souci de l'ordre hygiéniste, les écolo dogmatiques et électoralistes... C'est un lieu commun de dire qu'un film est bon quand tout le monde en prend pour son grade, mais 'Eddington' le fait relativement bien, grâce notamment à son bon casting et à son ton rappelant notamment 'No Country for Old Men'.

La Voix de Hind Rajab
7
20.

La Voix de Hind Rajab (2025)

Sawt Hind Rajab

1 h 29 min. Sortie : 26 novembre 2025 (France). Drame

Film de Kaouther Ben Hania

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Contre le "show, don't tell" qui pourrait caractériser l'art cinématographique, Kaouther Ben Hania propose ici un essai du "tell, don't show", reprenant l'expérimentation du full contre-champ pour nous narrer l'impossible sauvetage de Hind Rajab, une très jeune fille de Gaza coincée dans sa voiture dans les territoires bombardés par l'armée israélienne, et que le Croissant-Rouge essaye désespérément de sauver. Le film superpose ainsi les prises de vue de la cellule de contact du Croissant-Rouge avec les extraits audio authentiques de la journée où Hind Rajab a perdu la vie. Le pathos et la tension y sont exacerbés, tant tous les personnages pleurent, s'énervent, craquent, et les gros plans sur les visages embués de larmes finissent par communiquer cela au spectateur. Le film repose surtout sur le suspense de la "coordination" : les ambulances du Croissant-Rouge doivent obtenir l'autorisation de l'armée israélienne pour pouvoir se déplacer dans Gaza et cette autorisation passe par plusieurs intermédiaires. Pire : il faut répéter deux fois le processus pour finalement pouvoir atteindre la cible. Bref, assez bien rythmé, même si cela tourne un peu en rond dans la deuxième moitié, "La Voix de Hind Rajab" est surtout un film qui rejoint ce qu'il montre : un appel à se souvenir que tous ces morts palestiniens l'ont été au milieu d'une guerre injuste, de massacres aveugles, et que le moindre sauvetage devenait un parcours du combattant et s'avérait le plus souvent vain.

Le Maître du kabuki
7.1
21.

Le Maître du kabuki (2025)

Kokuho

2 h 54 min. Sortie : 24 décembre 2025 (France). Drame

Film de Lee Sang-Il

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Un film à l'esthétique très intéressante, mais surtout porté par ses costumes, son propos et la grâce des moments de théâtre. Dépeignant cette pratique théâtrale japonaise originale, le kabuki, qui consistait à donner aux hommes l'action des rôles féminins (le fait de jouer étant, au XVIIe siècle, considéré comme malséant pour les femmes), 'Le Maître du Kabuki' s'attarde sur la rivalité/amitié entre le fils d'un maître et un acteur fils de yakuza qui cherche à percer dans ce milieu. Au fur et à mesure des décennies, on suit (dans un rythme un peu convenu) les essors et déclins de leur renommée, ponctués par les représentations dramaturgiques. C'est un peu trop long, et les ellipses sont parfois abruptes et pas toujours justifiées; la plupart des personnages sont assez anecdotiques (et d'ailleurs essentiellement les personnages féminins) mais heureusement qu'il y a de beaux moments d'intensité et d'esthétisme.

En boucle
6.7
22.

En boucle (2023)

Ribâ, nagarenaide yo

1 h 26 min. Sortie : 13 août 2025 (France). Comédie, Science-fiction, Fantastique

Film de Junta Yamaguchi

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

En voilà un petit film sans grande prétention mais qui réussit là où il essaye. Léger et rafraichissant "En boucle" (ou "River" dans son titre original) est une charmante réflexion sur le temps qui passe, et surtout celui qui ne passe plus quand on décide, par une prière au bord d'une rivière, qu'il doit s'arrêter car il va trop vite et on n'a plus le temps de voir venir les choses. C'est ce qui arrive à Mikoto, jeune employée d'un petit hôtel de campagne, qui voit son copain cuisinier partir pour un long voyage en France. Le film suit ainsi cette boucle perpétuelle de 2min et tous les résidents et employés de l'hôtel tenter de trouver une issue à cette problématique insoluble. D'un humour japonais fait de courbettes, politesses et personnages archétypés, "En boucle" est surtout une histoire cocasse qu'on prend plaisir à voir se dérouler, et que même les boucles en trop n'entament pas vraiment.

The Brutalist
7
23.

The Brutalist (2024)

3 h 35 min. Sortie : 12 février 2025 (France). Drame, Romance

Film de Brady Corbet

Alexandre G a mis 7/10.

Annotation :

Selon moi assez loin d'être le film de l'année tant vanté par les festivals, et rajoutez à cela que la seule fois de l'année où je vais à l'UGC des Halles je me retrouve avec des SOURIS qui bouffent mon cookie soigneusement préparé pour tenir les 4h de ce film, l'expérience ne fut pas parfaite. Certes, l'esthétique est particulièrement intéressante, avec cette monumentalité dans la réalisation, appuyée par un Adrian Brody qui en fait des caisses, et une ambiance musicale qui veut vraiment montrer qu'on a affaire à une grande tragédie du cinéma. C'est donc un peu trop m'as-tu vu, et finalement cela délaisse la clarté du propos : que veut-on montrer ici ? Les difficultés des étrangers à s'intégrer aux USA ? Ok, ce n'est pas le plus subtil du monde que Corbet nous le montre, mais soit. La beauté architecturale du Bauhaus ? Why not, et c'est bien le point fort ici : même s'il faut attendre le court (et bizarrement inutile) épilogue pour comprendre le rapport du personnage avec son internement à Buchenwald et ses créations artistiques, la construction finale et ses différents plans sont impressionnants. Mais cela reste assez mal mis en avant, perdu de vue au milieu pour étayer les relations avec le patriarche millionnaire ou la femme estropiée... Le film se dissipe, et oublie un peu de nous faire vivre ce qu'est être un architecte de génie.

Valeur sentimentale
6.9
24.

Valeur sentimentale (2025)

Affeksjonsverdi

2 h 14 min. Sortie : 20 août 2025 (France). Drame, Comédie

Film de Joachim Trier

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Evidemment, 'Valeur sentimentale' est loin d'être un mauvais film. Il a même beaucoup de choses en commun avec les films de Bergman, qui semblent d'ailleurs le hanter : des relations familiales tortueuses, des rapports à l'espace charnels et chargés émotionnellement, des tragédies qui hantent les vivants... Mais aussi beaucoup de défauts liés à Bergman : on s'ennuie pas mal, notamment. Pourtant, la première scène est d'une beauté époustouflante : Trier semble donner vie à cette maison, qui est mise en scène dans la rédaction de la jeune Anna, qui doit faire du narrateur une chose. Par les choix de plans, les mouvements de caméra, les personnages peu visibles et qui sortent rapidement du champ, la maison prend vie, et on se dit qu'on va revivre du 'Fanny et Alexandre'. Mais l'histoire n'arrive jamais vraiment à se stabiliser autour de cela, et on se concentre davantage sur la relation père-fille, entre Gustav, grand cinéaste qui retrouve l'inspiration après une longue disette, pour raconter l'histoire de sa mère, torturée par les nazis et suicidée quand il était jeune, et Anna, sa fille qu'il rêverait de voir jouer sa mère, et qui est elle-même une actrice de théâtre dépressive. Tout semble un peu convenu et téléphoné, et le film se déroule dans un ennui délicat mais dont on peine à voir l'intérêt. Je ne me suis jamais vraiment senti concerné alors que les thèmes abordés sont profonds et évocateurs. Par ailleurs, le film est trop souvent tire-larmes, et ses acteurs passent leur temps à pleurer sans que le spectateur s'y sente convié lui-même. C'est dommage.

La Chambre d'à côté
6.1
25.

La Chambre d'à côté (2024)

The Room Next Door

1 h 47 min. Sortie : 8 janvier 2025 (France). Drame

Film de Pedro Almodóvar

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Almodovar prend un virage nettement plus poétique depuis quelques films, délaissant davantage les situations relationnelles complexes pour approfondir ici le lien entre deux femmes : Martha, ancienne reporter de guerre en phase terminale d'un cancer du col de l'utérus, et Ingrid, son amie perdue de vue et qui la retrouve à New York par hasard. Martha lui demande si elle peut l'accompagner alors qu'elle s'apprête à se suicider dans un cottage luxueux, et toutes deux dissertent sur les erreurs passées de Martha, le rapport à la mort, etc.
Ce qui fait habituellement un bon Almodovar est ici : une bonne direction d'actrices, des décors et des costumes formidables, et une bande originale intéressante. Mais pour ce qui est du reste, c'est assez inégal : le rythme irrégulier est déconcertant, tant le premier tiers du film ne semble pas savoir où il va (les flashbacks, inexistants par la suite, semblent irréels, les acteurs jouant mal, les dialogues sont mal écrits...) Le moment dans le cottage dans les bois reste le plus intéressant du film, mais il est ponctué de scènes très inutiles (la séance de sport ??) ou qui ralentissent l'intrigue (l'interrogatoire avec la police...) On sent qu'Almodovar voulait approfondir la relation entre la fille et la mère, et la scène finale est nécessaire à ce titre, mais faire jouer les deux personnages par Tilda Swinton manque de goût. Bref, un film anecdotique dans la grande filmographie de l'Espagnol.

Pris au piège - Caught Stealing
6.5
26.

Pris au piège - Caught Stealing (2025)

Caught Stealing

1 h 47 min. Sortie : 27 août 2025 (France). Thriller, Gangster, Comédie

Film de Darren Aronofsky

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Etrange qu'un ovni cinématogrpahique dans la carrière d'Aronofsky soit 'Caught Stealing', car ce film n'a vraiment rien d'un ovni. Thriller burlesque à la frères Coen, ce long-métrage retrace la descente aux enfers de Hank Thompson, passionné de baseball vivant à Manhattan dans les années 1990 et qui se retrouve embarqué dans un règlement de comptes mafieux à cause de son voisin absent punk londonien. Comédie d'action haute en couleur et en personnages, 'Caught Stealing' n'a pas énormément à apporter, si ce n'est quelques scènes intéressantes, un casting assez juste et de l'action assez timorée. Le film repose un peu trop sur Austin Butler en ado attardé perdu au milieu de responsabilités trop importantes pour lui, et on peine à voir ce que tout cela nous cache : si tu veux te frotter aux affaires des grands il faut t'en donner les moyens ? Il y a qqch du complexe d'Oedipe dans tout cela, le rapport à sa mère étant démesurément étendu, mais à quoi bon convoquer toute cette histoire de gangster... Bref, pas le plus inspiré pour cette fois, dommage car The Whale était nettement plus à la hauteur.

Un parfait inconnu
6.7
27.

Un parfait inconnu (2024)

A Complete Unknown

2 h 21 min. Sortie : 29 janvier 2025 (France). Biopic, Drame, Musique

Film de James Mangold

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Vous aimez Bob Dylan ? Eh bien vous allez en souper ! Durant plus de 2h15, James Mangold nous fait revivre les premières années de célébrité de Dylan, celles qui le conduisent de jeune chanteur folk révolutionnaire à rockstar détestée. En effet, le passage à l'électrique du natif de Minneapolis est vécu comme une trahison par toute cette communauté du folk de la Côte Est, son mentor Pete Seeger en tête. Mais la morale du film est cohérente : c'est l'air du temps, c'est l'artiste qui décide ce qu'est de l'art, et si Dylan dit que la folk peut devenir électrique, alors c'est de l'art. De ce fait, la dernière longue scène, le Newport Folk Festival de 1965, quelques semaines avant la sortie d'Highway 61 Revisited, est la plus réussie du film, montrant la cacophonie du nouveau groupe de Dylan face aux huées du public et aux bagarres du staff en coulisses. Oui mais... le film refuse de s'appliquer ce qu'il présente. Il montre Dylan comme celui qui refuse de suivre l'air du temps, celui qui préfère arrêter un concert plutôt que de jouer la chanson qu'on attend de lui. Et que fait le film ? Il nous passe en boucle toutes les chansons de Dylan (3 fois pour Like a Rolling Stone !), et il va même jusqu'à calmer ses ardeurs à la fin du concert de Newport en faisant remonter Dylan sur scène pour une dernière chanson folk... Si ce n'est pas un aveu d'échec sur son propre propos.

Jurassic World - Renaissance
5
28.

Jurassic World - Renaissance (2025)

Jurassic World: Rebirth

2 h 13 min. Sortie : 4 juillet 2025 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de Gareth Edwards

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Qu'attendre d'un Jurassic World en 2025 ? A l'instar de la série initiale, les 'Jurassic World' se sont essoufflés mais sans jamais vraiment rien apporté au cinéma. Ici, pourtant, avec Gareth Edwards aux manettes, il y avait un coup à jouer. Certes, le film est d'un classicisme exceptionnellement précis dans la gamme Hollywood, avec ses personnages hyper stéréotypés, son intrigue écrite par IA et sa morale à deux balles. Mais le gros point fort est les scènes d'action, et étonnamment celles qui mettent en scène la famille annexe et inutile : que ce soit l'attaque du géant marin sur le voilier au début, petit hommage à Jaws, celle du T-Rex, élégamment inscrite comme une parenthèse, ou encore celui du grand oiseau, les scènes d'action font vraiment le travail, prenant le temps d'introduire du suspense et de la chorégraphie intelligente. Le film se paye même le luxe de faire une scène contemplative hommage au premier film avec les titanosaures, où l'émotion n'est absolument pas feinte. On retient aussi quelques easter eggs réussis comme celui d'Indiana Jones avec l'oeuf d'oiseau géant.
Bien sûr on est loin du film d'action de la décennie mais cela reste un film très regardable et qui ne mérite pas du tout les critiques négatives dont on l'affuble.

Lire Lolita à Téhéran
6.4
29.

Lire Lolita à Téhéran (2024)

Leggere Lolita a Teheran

1 h 48 min. Sortie : 26 mars 2025 (France). Drame, Biopic, Historique

Film de Eran Riklis

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Un film assez paresseux, qui accumule les défauts techniques et scénaristiques et ne propose donc pas grand chose de neuf dans le paysage surpeuplé des films iraniens critiquant la dictature islamiste. A travers les mémoires d'une professeure de littérature américaine de Téhéran, il s'agit de voir ce que le basculement dans la pensée unique et la violence de l'Etat iranien fait endurer aux passionnés d'art et de littérature occidentale. Un club de lecture issu d'anciennes étudiantes à la faculté se forme et lit des chefs d'oeuvre américain, danse, mange des pâtisseries...
Parti évidemment d'une bonne intention, ce film se révèle être exactement ce que le régime lui reproche : un tract pas très subtil contre le régime des ayatollahs, et favorable à l'Occident (la scène rêvée du café "Occident" est assez lunaire de ce point de vue). Le manque de subtilité se retrouve également dans le rôle des personnages, que ce soit les étudiants qui se partagent entre les gentilles étudiantes victimes de la situation et les méchants garçons immédiatement acquis à la cause de l'obscurantisme religieux, ou encore le passage obligé par les femmes en tchador en suppôt de la police des moeurs. Le film ne propose rien de particulier et reprend tous les poncifs du genre, avec en prime une belle confusion chronologique et narrative (le 1er chapitre se passe en 1979-1980, le 2e en 1995, le 3e en 1988...?), et l'âge des enfants du couple est un vrai mystère pour moi, tant d'un chapitre à l'autre ils semblent avoir le même âge. La photographie est assez laide, et heureusement que Golshifteh Farahani sauve le tout.

Avatar - De Feu et de Cendres
6.5
30.

Avatar - De Feu et de Cendres (2025)

Avatar: Fire and Ash

3 h 15 min. Sortie : 17 décembre 2025 (France). Action, Aventure, Science-fiction

Film de James Cameron

Alexandre G a mis 6/10.

Annotation :

Pas grand chose à dire de plus que pour les deux premiers opus : un scénario vraiment bof au service d'un spectacle unique. Cameron est le seul à pouvoir proposer des CGI de cette qualité (et je reste persuadé que la 3D dessert cela d'ailleurs), des paysages et de l'action (même si les combats du 2 sont supérieurs). Ici, le personnage de Varang semblait intéressant au début mais est rapidement relégué au rang de love interest de l'antagoniste, dommage.

Alexandre G

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