Les meilleurs livres d'histoire (essais) selon Ignus
28 livres
créée il y a plus de 4 ans · modifiée il y a 3 moisLa Guerre de Cent Ans
Sortie : 1980 (France). Essai, Histoire
livre de Jean Favier
Ignus a mis 9/10.
Les téméraires
Quand la Bourgogne défiait l'Europe
Sortie : 7 octobre 2020 (France). Histoire
livre de Bart Van Loo
Ignus a mis 8/10.
Mémoires d'un paysan bas-breton
Sortie : 1999 (France). Biographie
livre de Jean-Marie Déguignet
Ignus a mis 8/10.
Les Borgia
Sortie : 1987 (France). Essai, Histoire
livre de Ivan Cloulas
Ignus a mis 8/10.
Annotation :
Des oeuvres réunificatrices d'Alonso de Borja (1378-1458), futur Callixte III, au sein d'une église schismatique à l'activisme jésuite de son lointain descendant saint François de Borgia (1510-1572), cette fresque familiale nous conte la légende noire des Borgia. En effet, plus des 3/4 de l'ouvrage fait la part belle au pape Alexandre VI et à ses sulfureux enfants, César et Lucrèce en premier lieu.
Sur ces personnages, la biographie se veut exceptionnellement riche et détaillée. On ne manque pas en effet de sources multiples (même si souvent partiales). Pour qui ne connaît pas (ou mal) l'histoire des Borgia, la période tumultueuse du pontificat d'Alexandre VI se lit comme un roman et mêle les plus grands de ce siècle naissant dans un tourbillon de scandales, meurtres, alliances et trahisons.
Ivan Cloulas fait ici oeuvre de synthèse, les sources ayant été largement questionnées par la vaste historiographie. Ni excès, ni réhabilitation, l'auteur fait la somme des connaissances sur le sujet et adhère aux hypothèses les plus probables.
Rafraîchissant, romanesque et idéal pour fournir un contexte à qui voudrait comprendre les complexes enjeux de pouvoir en territoire italien à l'aube de l'époque moderne. Il s'agit également d'un état des lieux de la papauté préfigurant l'essor de la Réforme dans les décennies qui suivent, la légende noire des Borgia ayant largement utilisée pour conspuer l'immoralité du Saint Siège.
Lu en 2024
Henri III (1985)
Sortie : 1 novembre 1985 (France). Biographie
livre de Pierre Chevallier
Ignus a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Henri III, voit ses frères (François II et Charles IX) se succéder avant de pouvoir ceindre la couronne de France. Jeune homme flamboyant tant qu'il n'est qu'héritier présumé, c'est un homme anxieux et pétri d'injonctions contradictoires qui portera la couronne. Rien ne sera épargné à Henri III, ni les révoltes populaires, ni les trahisons des grands et des élites, ni la trahison de sa propre famille. Ni les drames intimes, qui finiront par avoir une répercussion majeure sur la pérennité de la dynastie. Ni les ingérences extérieures et fanatismes toujours plus radicalisés. Roi débonnaire, volontiers suiveur des avis de la reine mère, son indécision et ses volte face lui vaudront de nombreuses inimitiés. C'est aussi un règne marqué par les guerres, les positions radicales et les assassinats (ciblés ou de masse) qui en résulteront. Henri III lui même n'y survivra pas.
Tout au long des 700 pages, bien denses, Pierre Chevallier pose un récit avant tout chronologique qui rend compte de façon passionnante de cette époque tumultueuse. Le livre nous fait approcher le roi de près puisque l'auteur utilise de nombreuses correspondances pour appuyer ses propos. Nous plongerons donc dans ses espoirs et ses hésitations ainsi que, parfois, dans les regards partisans qu'ont pu avoir ses contemporains.
Partisan, l'historien le sera aussi, de façon surprenante. Il aura parfois la faiblesse d'user de qualificatifs bien peu distanciés. Tels ambassadeurs seront traités de "malveillants" ou de "perfides", il se laissera parfois aller à évoquer la "duplicité italienne", la "rudesse germanique", la "prudence féminine" ou l''insinuante perfidie à laquelle les personnes de sexe [faible] ne recourent que trop souvent", sans que l'on sache réellement s'il se fait l'écho de ses lectures ou s'il expose des convictions personnelles particulièrement sans nuances. C'est d'autant plus surprenant que le même critiquera d'autres historiens pour avoir colporté sans recul les calomnies habituellement attribuées à Henri III.
Ces qualificatifs sont anecdotiques et peu fréquents mais ils m'auront suffisamment surpris pour que je les note.
Au final, si je ne peux pas occulter la bizarre impression des jugements péremptoires de l'auteur, j'ai refermé l'ouvrage avec la sensation d'une biographie passionnante à lire. Une vie romanesque mise en lumière de façon subtile et judicieuse par un historien qu'on sent s'être pris de passion (un peu trop même) pour son sujet.
Lu en 2025
Louis XI (1971)
""l'universelle araigne""
King Louis XI
Sortie : 6 novembre 2008 (France). Biographie
livre de Paul-Murray Kendall
Ignus a mis 8/10.
Histoire de l'Ecosse : Des origines à 2013
Sortie : 6 juin 2013 (France). Culture & société
livre de Michel Duchein
Ignus a mis 7/10.
Annotation :
Livre fleuve sur l'histoire de l'Écosse. Véritable somme, qui démarre à la préhistoire, passera sur la vision qu'en avaient les romains, étudiera le mystère "picte" et commencera réellement son récit au tournant du millénaire lorsque les sources se feront un peu plus nombreuses et crédibles.
On assiste donc à la difficile affirmation d'une nation puis à sa longue lutte pour conserver son indépendance face à sa voisine, la toute puissante Angleterre. Nation "secondaire" avec un fort complexe d'infériorité vis à vis de son écrasante voisine, la construction de l'Écosse est un récit passionnant qui trouve son dénouement dans le regroupement des 2 couronnes sur une même tête (Jacques VI/Ier) au XVIIe, puis dans le regroupement de cette entité géographique en un Royaume Uni au XVIIIe.
C'est une somme, bien écrite mais très dense qui ne fait qu'entrouvrir les portes de l'Histoire tant chaque sujet évoqué ici mériterait un livre à lui tout seul.
Ici les alliances se font et se défont en quelques lignes, les batailles se gagnent et se perdent en une poignée de paragraphes.
L'occasion aussi de situer dans leur contexte les figures partiellement connues en France que sont Macbeth, Robert Bruce, William Wallace, Marie de Guise ou Marie Stuart...
L'occasion aussi de comprendre l'attachement que se vouent, encore aujourd'hui, l'Écosse et la France, qui ont, pendant 2 siècles, noué leurs destins au gré d'alliance plus ou moins bien respectés.
C'est avec l'union des 2 royaumes en 1707 que j'ai arrêté ma lecture (devant rendre ce livre à la Médiathèque où je l'avais emprunté) mais le livre a eu le mérite de m'ouvrir un pan de l'histoire européenne qui m'était inconnue et qui pourtant ne manque pas d'éclairer le destin des autres histoires européennes.
Hautement recommandable pour avoir un aperçu d'une histoire méconnue, éclipsée par sa grande voisine.
Note : entretemps j'ai acheté ce livre pour le ranger dans ma bibliothèque, il faudra que je reprenne l'ouvrage pour le finir.
Lu en 2024
Les Croisades vues par les Arabes (1983)
Sortie : 1983 (France). Essai, Histoire
livre de Amin Maalouf
Ignus a mis 8/10.
La vision des vaincus (1971)
Sortie : avril 1992 (France). Essai, Histoire
livre de Nathan Wachtel
Ignus a mis 8/10.
Catherine de Médicis
Sortie : 8 octobre 2009 (France). Biographie
livre de Jean-François Solnon
Ignus a mis 7/10.
Annotation :
Catherine de Médicis peut être cernée d'emblée par des chiffres. Vertigineux.
69 ans sur terre. 3 semaines : le temps qu'il fallut avant qu'elle ne devienne orpheline. 5 rois côtoyés, dont 1 beau père, 1 mari et 3 fils. 12 ans : reine. 3 ans : régente. 10 enfants. 8 guerres de religion. Et d'innombrables deuils.
Il y a là plus qu'il n'en faut pour remplir une vie. Catherine c'est l'histoire d'une Florentine, bien née, mais que seule la proximité avec le Pape Léon X a pu faire rentrer dans la cour royale. Pari audacieux de la part de François 1er, dans le cadre d'une France s'étendant jusqu'en Italie. Pari raté.
Propulsée Reine de France alors qu'elle avait épousé le cadet. Puis régente sans le puissant soutien d'une assise familiale solide. Là voilà donc à la merci des factions dans une France qui s'embrase après 3 décennies de tension religieuse. Ce sera paradoxalement sa force : vivacité d'esprit, pragmatisme et tentative de trouver une voie médiane. Dans une France où la royauté a perdu son autorité, Catherine aura finalement réussi à sauver la monarchie. La petite Florentine au secours des Valois.
Échaudé par ma lecture d'un "Charles IX" cryptique, il me fallait un livre qui me guide dans cette tumultueuse deuxième moitié du XVIe. La figure de Catherine est alors un guide rêvé, tant elle constitue l'épine dorsale de la monarchie de cette période. Cette biographie signée Jean-François Solnon le démontre brillamment. Avec pour propos de démystifier la légende noire qui tourne autour de Catherine, il met en scène, clairement et sans fioriture toutes les péripéties rencontrées par la Reine Mère. Simple, sans être simpliste, grand public sans être sensationnaliste, complet sans pour autant être détaillé. J'ai pu parfois m'agacer de certaines interprétations assénées sans pour autant être sourcées. En effet, il ne faut pas s'attendre à des annotations sourcilleuses, nous ne sommes pas chez Didier Le Fur. J'ai parfois eu la sensation qu'un sujet aurait mérité un approfondissement. L'ouvrage qui compte un peu plus de 400 pages (plus quelques annexes plutôt utiles) aurait facilement pu en faire le double, s'il s'agissait d'un ouvrage académique. L'auteur a fait le choix de rester digeste et c'est tout aussi bien ainsi. La période riche en évènement demande en effet au lecteur d'être attentif aux alliances et autres renversements d'allégeance. Autant ne pas se perdre dans les circonvolutions inutiles.
Lu en 2025
Henri IV
Sortie : avril 2009 (France).
livre de Jean-Pierre Babelon
Ignus a mis 8/10.
Annotation :
Ah ce cher Henri IV qui partage avec Louis XIV, l'illustre insigne d'être connu de tous les écoliers de France et de Navarre ; Navarre, berceau de cet homme qui n'aurait pas dû être Roi.
De fait une grande partie du livre relate l'histoire d'un Grand, proche du pouvoir mais éloigné physiquement et spirituellement, courtisan mais aussi opposant à un moment où les guerres de religion divise plus que jamais une Franche déchirée. C'est aussi l'histoire d'une accession au trône, légitimée de justesse, et de la longue reconquête d'une paix et d'une unité que l'on croyait oubliée depuis longtemps.
Récit d'un homme entier, proche du peuple, magnanime mais aussi orgueilleux. D'un homme dit le "Vert Galant", tantôt odieux avec les femmes, tantôt épris éperdument au point de se faire manipuler par ses désirs comme un adolescent à peine pubère.
Récit enfin d'un royaume qui s'organise, se structure, avec la figure d'un Sully, administrateur tout puissant qui préfigure les Richelieu et autres Mazarin.
C'est un livre épais (complet ?), à l'écriture efficace, de ces livres où l'auteur s'efface derrière son sujet, bien assez complexe et riche pour prendre toute la place dans un ouvrage.
Lu en 2025/2026
Philippe le Bel
Sortie : 10 mai 2013 (France). Biographie
livre de Jean Favier
Ignus a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Médiéviste confirmé, Jean Favier élargit ici le sujet de sa thèse (Enguerran de Marigny) pour porter un regard sur les 30 ans de règne de Philippe le Bel dans un volume d'environ 550 pages (annotations et bibliographie exclus).
L'entame du livre pourra surprendre. Jean Favier ne consacre que les 10 premières pages à décrire ce roi qui donne son titre à l'ouvrage, sans s'attacher à la moindre chronologie.
On passera les chapitres suivants à scruter en détail le conseil du Roi, l'entourage du roi, puis le royaume dans sa pluralité : campagnes et cités, féodalité et bourgeoisie. Suivront des chapitres sur les crises monétaires propres à cette fin XIIIe, début XIVe, et la difficile tenue des finances du royaume.
Au bout de 200 pages d'analyse d'une société et d'un royaume en pleine mutation, je me suis dis que le livre était bien mal nommé et qu'il méritait plus le titre de "La France de Philippe le Bel" tant le roi n'était ici que la tête d'un système que Jean Favier s'évertue à décrire dans le détail, avec, il faut le dire, un certain talent. Les amateurs de biographies en seront pour leur frais. D'autant que l'auteur évoque couramment les conséquences d'évènements qui n'ont guère été expliqués préalablement.
Subitement pourtant, la chronologie rattrape l'ouvrage avec un chapitre consacré aux conflits (Angleterre, Flandre...). S'enchaîneront ensuite, dans un tourbillon d'évènements et jusqu'à la fin du volume, conflits et réconciliations avec la papauté, diplomaties européennes, tractations de paix, séditions religieuses, inquisitions, affaire des templiers et pour finir l'approche d'une succession qui s'annonce plus difficile que prévue.
Ces 30 ans de règne montrent alors l'étendue de leur richesse en évènements fondateurs et en transformation de fond, dont les conséquences sont plus ou moins bien comprises par les contemporains. En cela, Jean Favier prépare à merveille le chemin vers son ouvrage "La Guerre de Cent Ans" qui sortira 2 ans plus tard en 1980.
Si j'ai de nombreuses réserves sur l'organisation des chapitres, notamment la première partie du livre qui pourra en décourager plus d'un, rien n'est ici inutile pour comprendre la portée de ce règne qui ouvre la période du moyen âge dit "tardif". Jean Favier nous dresse le portrait d'un royaume en mutation avec une belle écriture qui ne sacrifie ni l'exactitude, ni le plaisir de lecture.
Lu en 2024 (dans son édition originale de 1978).
Henri II
Sortie : janvier 2009 (France). Biographie
livre de Didier Le Fur
Ignus a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Quatrième et dernière biographie royale de Didier Le fur (mais 3e dans l'ordre d'écriture, François 1er ayant été écrit plus tard). Nous sortons donc avec Henri II du cycle des guerres d'Italie, initiée par Charles VIII. Deuxième fils de François 1er et promis essentiellement à servir les alliances de son père, Henri grandit dans l'ombre de son père (pour lequel il servira d'otage) et de son grand frère.
Appelé à régner après le décès de son frère, puis de son père, il en conservera la visée expansionniste. Mais dans la deuxième partie de ce XVIe, les ambitions italiennes sont lointaines et des plus limitées. Ce sera plutôt vers le Nord et l'Est qu'Henri portera ses ambitions avec en point d'orgue la reprise d'une ville de Calais, aux mains anglaises depuis le début de la guerre de Cents Ans et une visée finale vers le royaume d'Angleterre. Ce sera un accident malencontreux qui mettra un terme aux victoires de ce roi et qui laissera le royaume dans les mains d'un adolescent émotif (François II).
Henri étant né en 1519, seulement 4 ans après le début du long règne (32 ans) de son père, la première partie de l'ouvrage (plus de cents pages) est consacré à François 1er, où Henri ne sera qu'un simple figurant. Probablement un peu hors sujet, ces pages détaillant le règne de François 1er sont cependant loin d'être inutiles tant ils constituent les prémices du futur règne d'Henri II. Ces pages constituent également la matrice de l'ouvrage "François 1er" qui sortira 6 ans plus tard.
Les pages suivantes permettront d'aborder en détail tous les aspects du règne tumultueux d'Henri II. Fidèle à sa spécialité, Didier Le Fur n'hésitera pas à décrire par le détail les manifestations et les écrits hagiographiques qui célèbrent le roi. Ceux qui auront lu les autres biographies de Didier Le Fur seront en terrain connu et une lecture en diagonale de ces analyses ne gâchera rien tant les thèmes évoqués ne sortent que rarement de l'ordinaire et peuvent être redondants à la longue. Ces pages mises à part, la lecture est factuelle, académique mais accessible et assez agréable. Le règne plutôt ramassé (sur 12 ans) permet aussi de ne pas se laisser submerger par une succession interminable de batailles plus ou moins décisives (à l'image des batailles des guerres d'Italie).
Parmi les 4 biographies royales de Didier Le Fur, peut-être celle que j'ai eu le plus plaisir à parcourir.
Lu en 2025
La Saint-Barthélemy : les mystères d'un crime d'Etat : 24 août 1572
Sortie : 19 octobre 2017 (France). Jeunesse
livre de Arlette Jouanna
Ignus a mis 7/10.
Annotation :
À force de lire des biographies, j'avais un peu oublié la saveur d'une monographie. Voici donc un ouvrage sur ce sinistre épisode de la Saint-Barthélemy, 1572.
Débuté et abandonné l'année dernière, il aura fallu que je me familiarise avec les guerres de religion pour bien inscrire l'ouvrage dans son contexte historique et ainsi en reprendre la lecture plus confortablement. Bien documenté, l'ouvrage manque pourtant de repère pour le néophyte : la Saint Barthélemy s'inscrit dans un contexte des plus complexes et maniant d'innombrables acteurs qu'il aurait été difficile d'exposer ici mais qui manquera aux lecteurs les moins avertis.
L'ouvrage est autrement bien solide et ne fait l'impasse sur aucun des aspects de cette tragédie.
Autant pour la première Saint Barthélemy, celle de l'élimination des puissants chefs huguenots, il est rappelé le contexte de tension religieuse, la fragilité de l'autorité royale, les jeux de factions qui entourent le roi pour aboutir à cette décision, précipitée et si peu compréhensible. Plus qu'un complot ou qu'une manigance, c'est bien là le choix de l'auteur : attribuer cet évènement à la précipitation d'une réaction face aux évènements, malheureuse tentative d'instaurer l'ordre et la reprise d'une autorité par une justice royale expéditive.
Autant pour la seconde Barthélemy, analyse sociologique d'un peuple, inquiet, fanatisé et sous pression qui explose toutes ses frustrations passées en un tourbillon meurtrier, dépassant largement les intentions d'un Roi largement inconscient de la suite d'évènements qu'il allait déclencher.
Autant pour les innombrables retentissements de cet acte, entre échos diplomatiques sur l'échiquier européen, interprétations diverses des publicistes de leurs temps et, au final, impact sur la notion même de monarchie avec diverses tentatives de juguler le pouvoir royal qui, paradoxalement, paveront la voie à l'absolutisme de droit divin.
Au final, une monographie des plus solides, qui n'apporte pas de réponse absolue à la raison intime du déclenchement de cet évènement mais qui ne manquera pas d'inscrire cette date fondatrice dans le temps long d'une France en pleine crise confessionnelle et d'une royauté en voie de transformation.
Lu en 2025
Philippe II. L’apogée du Siècle d’or espagnol (2021)
Sortie : 8 avril 2021 (France).
livre de Francis Dupau
Ignus a mis 7/10.
Annotation :
Qui s'intéressera aux guerres de religion en France verra vite planer l'ombre de Philippe II derrière la figure des Guises. J'ai voulu y voir de plus près, sortir de l'orbite française pour visiter l'Espagne du XVIe.
Et que dire de cette Espagne, empire expansionniste à son plein apogée, dernier rempart du catholicisme dans une Europe divisée, dirigée par un souverain qui tentent de suivre les traces de son père Charles Quint. C'est une histoire européenne, mondiale, que celle de l'Espagne du XVIe, tant ce roi ne cesse de se penser comme le dirigeant le plus légitime à mener le destin de l'Europe en perdition. Portugal, Pays Bas, France, Angleterre, Amériques, l'Espagne est riche de ses possessions mais pauvres de ses innombrables combats.
Philippe II est une figure complexe, élevé au temps de l'humanisme mais résolument autoritaire, ambitieux et intransigeant, exigeant et cruel avec ceux qui le défient.
Le livre de Francis Dupau, sur un peu plus de 400 pages, ne fait que lever le voile sur les défis du règne de Philippe II. C'est cependant bien assez pour comprendre toute la richesse d'un empire en constante activité. Politique intérieure, extérieure, alliances et guerres, chaque évènement mériterait son livre. Pour comprendre où se situe l'Espagne après Charles Quint, ce livre fait parfaitement l'affaire.
Lu en 2026
L'histoire oubliée des guerres d'Italie (2009)
Sortie : 16 avril 2009. Histoire
livre de Jacques Heers
Ignus a mis 7/10.
François Ier
Sortie : 16 avril 2015 (France).
livre de Didier Le Fur
Ignus a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Après un volume sur Louis XII assez maigrelet, la somme ici présente peut avoir des allures intimidantes : 1060 pages (sans compter les annexes) sur un Roi que l'historiographie a retenu comme symbolique de la Renaissance.
L'auteur a divisé son récit en 2 grandes parties.
Dans la première, représentant les 9/10e du volume, c'est à un récit complet que se livre Didier Le Fur. Une somme, chronologique, qui égrène les années tumultueuses d'un roi entêté à suivre les ambitions de ses prédécesseurs : arracher à l'Italie, si ce n'est le royaume de Naples, au moins le duché de Milan.
Dans l'affaire, le souverain est vite confronté à son contemporain, Charles d'Autriche dit Charles Quint, qui va éclipser en puissance la prédominance française. Les protagonistes de cette confrontation se résumant généralement au roi de France, à l'empereur Charles Quint, au roi d'Angleterre et au Pape du moment. Autour desquels gravitent les reines, frères et soeurs ou encore les lointains alliés... dans cet étrange contexte qu'est la Réforme qui se développe dans certains esprits à l'est du Royaume de France.
Tout au long de ces 900 pages, c'est une série d'alliances, de contre-alliances, de trahisons, de guerres, de sièges, d'escarmouches et de traités qui vont s'égrener d'années en années.
Didier le Fur n'est jamais aussi précis que dans le déroulé des éternelles Guerres d'Italie. A la longue celà peut parfois paraître redondant au lecteur : aux victoires et conquêtes territoriales succèdent les défaites et replis, frôlant parfois les catastrophes. Les rares années de "paix" ne seront qu'une brève accalmie le temps de refaire quelques alliances et de lever de nouveaux impôts de guerre.
Fidèle à ses marottes, Didier Le Fur s'attache à analyser les récits hagiographiques des publicistes du roi ainsi que la symbolique entourant quelques festivités données en l'honneur du roi.
Mais c'est surtout dans la dernière partie du livre qu'il s'attachera à détruire méthodiquement l'image que la postérité nous a laissé de ce roi. Roi chevalier, amateur de femmes, fondateur du Collège Royal, protecteur des arts et des lettres, tout y passe. Même l'incontournable ordonnance de Villers-Cotterêts y laisse des plumes.
C'est donc avec cette dernière partie que s'esquisse un portrait du roi. Portrait qui manquait cruellement aux pages précédentes, désespérément factuelles. Faute de sources probantes, nous ne pouvons donc que nous perdre en conjectures [suite dans la critique]
Lu en 2024
Marguerite de Navarre (2021)
Perle de la Renaissance
Sortie : 26 août 2021. Biographie, Histoire
livre de Patricia Eichel-Lojkine
Ignus a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Quel contraste ! Lu juste après le "François 1er" de Didier Le Fur, on ne peut que constater l'écart de traitement entre ces 2 volumes (frère et soeur) portant sur la même période.
À François les ambitions, les guerres, la diplomatie, l'exercice du pouvoir. À Marguerite, les arts, le mécénat et le salut de l'âme.
Quand le François 1er de Didier Le Fur n'aborde essentiellement que l'homme public, le Marguerite de Navarre de Patricia Eichel-Loljkine touche à l'intime.
On pourrait presque se croire à consulter un journal intime tant les émotions de Marguerite sont restituées quand le François de Didier Le Fur n'est qu'un bloc froid et lointain restitué par les observateurs de l'époque.
Une approche qui correspond à la vision des auteurs, Patricia Eichel-Loljkine est professeur de lettres modernes après tout. Quand Didier Le Fur soupçonne François 1er d'être bien moins érudit qu'on ne le dit (alors qu'il serait étonnant vue l'amour des lettres de sa mère et de sa soeur de ne pas conservé un socle lettré solide), Patricia Eichel-Loljkine elle passe très rapidement sur le rôle diplomatique tenu lors de la Paix des Dames.
La qualité de cette ouvrage est de mettre en lumière la "Renaissance" de ce siècle qui n'était qu'entraperçu dans ma lecture précédente. Cet ouvrage éclaire bien les enjeux de l'apparition de la Réforme dans un milieu lettré, perméable à ses idées mais conscient du risque de désordre et de contestation de l'autorité royale. Les hésitations des années 1520 et la répression grandissante des années 1530 n'en sont que plus limpides. Le propre roi n'y semblait pas insensible dans un premier temps tant il a oeuvré à sauver du bûcher les protégés de sa soeur, allant à l'encontre des théologiens de la Sorbonne.
Une biographie de l'intime donc, on n'y verra guère une Marguerite dans son rôle de Duchesse d'Albret ou de Reine de Navarre. On l'a verra en revanche échanger sa ferveur avec des prêtres réformistes, échanger des poèmes et des preuves d'amitié avec les dames de la Noblesse, prendre la plume pour écrire des nouvelles et s'interroger sur la meilleure façon d'interroger le ciel et de communier avec le Créateur.
Un ouvrage très complémentaire qui ouvre la porte sur un changement des mentalités, les crispations et la division croissante qui aboutira sous peu à une sanglante guerre civile. Une figure qu'on n'oubliera pas également d'évoquer quand on se penchera sur la vie et les oeuvres de son petit-fils : Henri IV.
Lu en 2024
Le Saint Empire romain germanique : 1517-1648
Sortie : 20 décembre 2012 (France). Essai
livre de Béatrice Nicollier
Ignus a mis 7/10.
Charles VIII
Sortie : 24 août 2006 (France). Biographie, Histoire
livre de Didier Le Fur
Ignus a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Succédant à une lignée dynastique de rois plus marquants les uns que les autres, le court règne (1483 - 1498) de Charles VIII peut aisément paraître être un règne sans envergure.
C'est pourtant le règne d'un roi ambitieux que nous décrit ici Didier Le Fur, roi qui bénéficiera, jusqu'en 1495, d'une chance insolente dans ses entreprises. L'auteur ne cache pas que, pour un si court règne, les sources directes peuvent parfois manquer. C'est pour autant un règne détaillé que nous détaille Didier Le Fur sur quelques 400 pages.
L'auteur nous immerge dans les sources : n'hésitant pas à décrire par le menu les protocoles entourant les grands événements, à décortiquer les pamphlets et les illustrations diffusés à la gloire du monarque, à relayer et analyser les spectacles donnés par les villes lors de l'entrée du monarque...
Si ces longues descriptions peuvent parfois se montrer redondantes, elles immergent le lecteur au plus près de la royauté et des sources directes. Tout cela rend la lecture aérée et les pages s'enchaînent vites.
L'ouvrage et le règne de Charles VIII peut se diviser en 2 grandes périodes périodes. Une première se cristallisant autour du conflit qui entoure l'avenir du duché de Bretagne, la seconde autour l'expédition napolitaine de 1494-95.
De la première, la mémoire collective retiendra surtout la figure d'Anne de Bretagne qui éclipsera celle de son (premier) mari. La seconde sera sévèrement jugée comme une expédition inutile et hasardeuse.
Charles VIII, par son ambition et par une propagande savamment orchestrée, s'était pourtant donnée tous les moyens pour être un souverain remarquable et digne de mémoires. En 1498, il n'attendait que les vents favorables pour reprendre la route du succès et s'assurer une postérité en tant qu'"empereur universel".
Cette ambition sera subitement arrêtée par un linteau de porte. Méfiez vous des portes trop basses...
Lu en 2024
Saint Louis (1983)
Sortie : 23 mars 1983.
livre de Jean Richard
Ignus a mis 7/10.
Annotation :
Une biographie riche, bien documentée et rigoureusement chronologique pour ne pas perdre le lecteur. Parfois un peu difficile à suivre quand il s'agit d'énumérer les baronnies et leurs innombrables querelles mais rien d'insurmontable.
On se forgera une bonne vue du personnage de Louis IX, sa pensée, sa démarche de pacification, son obsession pour la justice et sa dévotion absolue qui le fera l'instigateur de la 7e et 8e croisade. Une incartade bienvenue permettra également d'aborder la menace des mongols déferlants sur l'occident ou les aventures italo-siciliennes de Charles d'Anjou.
Utile pour bien comprendre la fascination que son règne exercera sur ses successeurs. Si j'ai des réserves, c'est plus dans la vie un peu monolithique du personnage.
Lu en 2024.
François II : les prémisses des guerres de religion
Sortie : 3 octobre 2012 (France). Biographie
livre de Ivan Gobry
Ignus a mis 6/10.
Annotation :
Difficile de trouver une biographie récente pour le court règne de François II. Ainsi il a fallu que je me rabatte sur un ouvrage de la collection "Histoire des Rois de France" par Ivan Gobry.
Quatrième de couverture : "Ivan Gobry est docteur ès Lettres. [...] Auteur de plus de cent ouvrages. Il a participé à de nombreuses émissions et conférences [...] C'est un grand spécialiste du Moyen Âge".
Voilà qui ne me met pas du tout en confiance mais allons-y.
On démarre par un bref résumé de la situation antérieure avec un bref résumé des premiers Valois, puis quelques pages sur François premier et Henri II. Un peu caricatural mais c'est le lot des résumés. Néanmoins deux détails me font tiquer : le premier qui sous entendu une perfidie de Charles Quint qui ne tient pas ses promesses (ce n'est pas comme si François 1er les avait tenu, lui) et le second qui insiste sur les mauvais présages de Catherine de Médicis avant le funeste tournoi d'Henri, citant Nostradamus au passage et de façon 1er degré.
Je me dis donc qu'on aura un récit très tourné sur l'hexagone (ce ne sera pas démenti) et sur le sensationnalisme au détriment de la justesse historique. De fait, s'il existe bien une bibliographie en fin d'ouvrage, celle-ci est assez datée et peu fournie. De même, le récit ne sera jamais annoté dans le livre (sauf dans la conclusion).
Passant au règne proprement dit de François II, celui-ci ne m'étant pas connu, je peux difficilement exercer un regard critique. Le récit est explicite, factuel et démontre que ce court règne reste riche en évènement (Conjuration d'Amboise, conflits entre les Bourbons et les Guise). Deux points me semblent manquer de précision, l'hostilité viscérale d'une partie de la noblesse envers les Guise, et la main-mise presque miraculeuse de Catherine de Medicis sur le pouvoir, précédant le décès de François II.
Et enfin, la conclusion qui affirme, issu de nulle part que, loin d'être le jouet des Guise ou de sa mère qu'il semble être, François aurait été un exemple d'absolutisme. En finissant par une comparaison anachronique sur Charles Quint.
Restons honnête, en absence de comparaison, le récit historique se tient plutôt bien. Le travail d'historien lui semble provenir de plutôt sources, mal collées entre elles (notamment la conclusion qui dénote).
L'ouvrage tient donc plus du récit historique que du livre d'histoire a proprement parler. C'est peut-être un détail mais ça n'est pas négligeable.
Lu en 2025
Frédéric II
Un empereur de légendes
Sortie : 27 août 2015 (France). Biographie
livre de Sylvain Gouguenheim
Ignus a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
C'est attiré par la réputation de Frédéric II que je me suis penché sur ce livre. "Stupor Mundi", pour le bénédiction Matthieu Paris, "admirateur de la culture musulmane" pour le vice roi d'Egypte Al-Kâmil, voire "Antechrist" pour l'historien Ernst Kantorowicz. Les mythes ne manquent pas autour de la figure de Frédéric II.
L'auteur annonce d'emblée que le livre ne suivra pas une direction chronologique. Si le premier chapitre suivant les jeunes années du futur empereur permet de se mettre dans le bain, les chapitres suivants ne manqueront pas de perdre le lecteur dans une chronologie non maîtrisée. Un survol chronologique pour cadrer le récit n'aurait pas été du luxe et aurait rendu la lecture des premiers chapitres plus agréable.
Sylvain Gouguenheim propulse donc ce pauvre Frédéric dans son siècle, coincé entre les barons allemands, la ligue lombarde, son royaume de Sicile, les injonctions à la reprise de Jérusalem et un contexte de sentiment suprématiste qui animait les papes du XIIIe siècle.
Le récit éclaire donc le contexte occidental de cette première moitié du XIIIe.
Sur l'Empereur lui, on restera plus sur notre faim : le souverain n'ayant pas eu son chroniqueur attitré, on décèlera son règne moins par les ambitions et sentiments qui l'animait que par ses réalisations. Ses choix (les baronnies au détriment des villes), sa politique familiale, son oeuvre législative, ses réalisations (et destructions) dans le bâti ou encore sa méthode de gouvernance (souple et reposant sur un substrat disparate d'autorités locales en Allemagne, centralisé et autoritaire en Sicile).
Sylvain Gouguenheim démystifie donc l'empereur et dresse à la fin du livre les mythes et légendes qui entourent cette figure historique, ainsi que les visions, forcément partiales des historiens des siècles précédents.
Je ne peux m'empêcher de me sentir légèrement frustré en refermant ce livre. Outre le chapitrage hachuré qui ne m'a pas rendu la lecture facile, j'ai la sensation de n'avoir qu'effleuré le caractère exceptionnel que représentait Frédéric II. Faute de sources, faute de pouvoir aussi démêler correctement l'histoire de la propagande ou de la légende.
Sylvain Gouguenheim fait donc ici une oeuvre utile pour aborder le XIII autrement que par le prisme des capétiens mais il peine à donner une âme à ce souverain qui restera à jamais mystérieux à nos yeux.
Lu en 2024-2025
Louis XII
1498-1515, un autre César
Sortie : 27 mai 2010 (France). Biographie
livre de Didier Le Fur
Ignus a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Didier Le fur continue sa trilogie italienne avec Louis XII. Plus ramassé, ce titre dépasse péniblement les 250 pages quand Charles VIII alignait plus de 400 pages.
Dans le précédent ouvrage, la chronologie et les analyses sur l'image du souverain étaient entremêlés.
Ici, le livre se divise en 2 parties distinctes. La première "L'évènement" sera chronologique, sur un peu moins de 100 pages. La jeunesse et l'opposition au Roi avec la "guerre folle" sera (trop) rapidement évoqué pour couvrir l'accession au trône, le divorce et remariage, et bien vite focaliser sur l'aventure italienne. On résumera ça rapidement en quelques épopées constituées de batailles, de conquête, d'alliance et de trahison pour finir par s'achever presque aussi brutalement que son prédécesseur.
Dans la seconde partie, intitulée "L'Image" et courant sur 150 pages, Didier Le Fur se livrera à sa marotte issue du sujet de sa thèse ("Images des rois de France pendant les guerres d'Italie") : le décryptage de l'image royale, essentiellement véhiculée par l'iconographie, les dédicaces d'ouvrages et les festivités données par les villes.
Autant cette focale pouvait surprendre dans Charles VIII mais aérait agréablement le récit, autant ici cet angle d'analyse finit ici par prendre le pas sur la biographie proprement dite.
La partie chronologique se révèle bien trop succincte et parfois survolée, tandis que la partie d'analyse manque a contrario de synthèse, se perdant dans des redondances et des exposés dont les détails auraient plus leur place dans un colloque.
L'ouvrage en définitive apporte trop peu sur le règne proprement dit de Louis XII avec un angle bien trop centré sur les relations internationales. On n'en apprendra guère sur la France du temps de Louis XII.
On retiendra néanmoins un soin à décrire dans le menu la poursuite de guerre d'Italie et les relations entre princes. Quant aux 150 pages d'analyse de la réputation royale, elle a le mérite d'éclairer des thématiques qui seront autant de terreau à l'édification d'une royauté absolutiste. C'était néanmoins dispensable pour un ouvrage de ce genre.
Une demi-déception donc.
Lu en 2024
Charles IX
Sortie : 8 mars 1995 (France). Biographie, Histoire
livre de Michel Simonin
Ignus a mis 5/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Moi qui me plaignait des accès que je soupçonnais un peu trop romanesque de ma précédente lecture : le François II d'Ivan Gobry. Avec ce Charles IX c'est l'effet inverse qui joue. Nous avons affaire ici à un livre savant, dans sa conception la plus hermétique qui soit.
Déjà le livre démarre mal, la mise en contexte est lapidaire et ne prend pas du tout le lecteur par la main. Pour y comprendre quelque chose, le lecteur doit être familier avec l'entourage royal, les titres de chacun et les relations interpersonnelles.
La suite sera à l'avenant, le livre est long, 470 pages sans les annexes, mais il ne fait jamais l'effort de prendre le lecteur par la main. L'auteur, Michel Simonin, que l'on imagine sans peine être un érudit du XVIe, commente, compile, mais ne présente pas, ou si peu.
J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un choix éditorial : s'attacher uniquement sur la figure royale, sans s'en éloigner mais même pas.
Nous pouvons avec une analyse complète sur l'évitement de la ville de Reine lors du Grand tour de France, ou sur la faveur et la déchéance d'un courtisan de la Reine, et en même temps n'avoir parfois qu'un entrefilet sur des évènements pourtant majeurs du règne.
Le recours à de très nombreuses et complètes citations ne font que renforcer la confusion du lecteur face à un texte brut et sans recul.
Michel Simonin ici accumule et compile d'innombrables menus détails, au gré des sources ou de ses intérêts, dont la logique peut sembler nébuleuse pour le lecteur que je suis.
Loin d'être dénué d'intérêt, le livre pourra servir de référence à un lecteur déjà bien familiarisé avec le règne. Le lecteur qui, comme moi, espérait suivre la chronique de ce règne pourtant pivot dans les guerres de religion, restera sur sa faim. Au mieux, on glanera quelques infos en devinant une vue d'ensemble plus suggérée qu'exprimée.
Au final la lecture en devient frustrante et pénible.
Michel Simonin, spécialiste de Ronsard, signe ici un ouvrage dont les éléments auraient de l'intérêt dans un colloque. Mais ça ferait un cours au mieux confus et par extension un mauvais ouvrage de vulgarisation, ce qu'il aurait pourtant dû être.
Las, j'ai abandonné la lecture aux deux tiers ayant la nette sensation de perdre mon temps.
Lu en 2025
Charles Quint
Sortie : 23 février 2000 (France). Biographie
livre de Pierre Chaunu et Michèle Escamilla
Ignus a mis 4/10.































