13 Halloweens
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13 Halloweens

Album de Calabrese (2005)

Woaaaaaaaah-woaaaaaah-woaaaaaaaaaaaah : l'horror punk dans sa splendeur.

Je ne m'expliquerai jamais pourquoi l'horror punk, un des sous-genres de punk les plus accessibles qui existent, ne rencontre pas plus de succès grand public. Les vocalisations catchy empruntées au doo-wop et passées à la moulinette punk par les Misfts en leur temps ont été repris dans une quantité d'autres genres avec beaucoup plus de succès (je vous regarde très fort, les Offspring et consorts), mais sorti du monument (de merchandising) qu'est l'originel combo de Danzig, il n'y a pas vraiment d'autre formation qui arrive à ce niveau de succès, même d'estime. Les japonais de Balzac rivalisent un peu, même si leur public fait plus attention à leur origine japonaise... Les fous furieux de Cancerslug ont un statut décidément culte mais décidément underground...


Ce genre m'étant assez cher puisqu'il est à la croisée de plein de trucs que j'adore, je m'en vais donc faire quelques critiques et j'ai décidé d'attaquer par ce qui est à mon sens le poids lourd actuel : les Arizoniens de Calabrese. Et pourquoi pas faire toute leur discographie, pendant qu'on y est.


Calabrese, c'est à l'origine un combo de trois frangins biberonnés à la culture américaine autour de l'horreur, d'Halloween, et bien évidemment de l'horror punk. Mais les bougres ne se limitent pas qu'aux Misfits et citent volontiers Samhain, The Damned, les débuts de AFI ou encore Turbonegro comme influences principales, ce qui dans le style est une denrée plutôt rare tant l'ombre des Misfits est omniprésente. Et c'est bien souvent ce qui fonctionne le mieux dans l'horror punk : les groupes qui n'oublient pas la partie "punk".


Dès ce premier album, Calabrese met un grand coup de santiag dans la fourmilière en mettant une bonne partie de sa concurrence de l'époque au placard. On est en 2005, c'est l'époque de Myspace et de l'emo qui prennent toute la place dans la scène rock, et le trio s'en tape éperdument : immédiatement, il attaque par un gros punk rock à la production lourde et impeccable, bien plus lourde et puissante que ses pairs de l'époque, des vrais riffs et des vrais leads qui vont bien au delà des trois accords habituels et que même leurs copains de Blitzkid n'ont pas osé reprendre. On pense immédiatement à une version plus catchy de Samhain où l'ambiance satanique chère à Danzig est balayée pour revenir à l'horreur désuete la plus associée au style.

Au delà de sa propreté, le point fort de Calabrese, c'est déjà son talent pour les mélodies et les vocalisations. Les deux chanteurs évitent l'écueil de vouloir sonner comme Danzig pour se rapprocher de quelque chose de bien plus doo-wop mais tout en puissance, et leur maitrise ajoute encore au coup de poing qu'est le disque. Tous les titres sont tubesques, reprenables à tue-tête rien que pour les nombreux whoah-oah-oah qui parsèment chaque titre, et il n'y a AUCUN temps mort. C'est juste quali du début à la fin.


En vrai, c'est difficile de parler de ce disque tant c'est surtout son exécution qui fait mouche. Vous aimez le punk rock classique avec des vrais riffs et qui parle de vampires avec des whoa-whoa qui donnent envie de lever sa pinte de sang en dansant ? Bah 13 Halloweens est exactement ce qu'il vous faut et un album parfaitement exécuté du début à la fin. De la noirceur catchy d'un Resurrection au refrains earworm de Backseat of My hearse, des vocalises emmêlées de Everyday's a Funeral à Midnight Spookshow, même si vous n'êtes pas sensibles au style, ça fera mouche. Et probablement araignées, chauve-souris et autres bestioles à coller sur les fenêtres un 31 octobre.


Peu à dire au final sur ce premier album à part que... bah c'est vachement bien, et ça met à l'amende les trois quarts de la scène horror punk. C'est sur les albums suivant que Calabrese prendra toute son envergure : à suivre donc.

MonsieurHache
8
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le 30 sept. 2024

Critique lue 11 fois

MonsieurHache

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