Avec "Apar" (2013), Delorean livre un album soigné, lumineux, mais un peu trop sage pour vraiment s’imposer. À mi-chemin entre chillwave, indie-pop et electro douce, le groupe catalan réussit à créer une ambiance solaire, sans pour autant réussir à l’ancrer émotionnellement.
Dès "Spirit", on retrouve cette patte propre à Delorean : synthés aériens, rythmiques dansantes et voix éthérées. C’est catchy, très bien produit, mais déjà un peu trop lisse. Le titre donne le ton d’un album cohérent, agréable, mais qui manque souvent de variations marquantes.
Heureusement, certains morceaux se détachent. "Destitute Time" parvient à mêler mélancolie et groove avec justesse, et "Walk High" ose quelques ruptures rythmiques bienvenues. Mais d’autres titres comme "Dominion" ou "Unhold" (malgré la présence de Caroline Polachek) laissent un goût d’inachevé, comme si la beauté formelle prenait le pas sur l’émotion.
En résumé, "Apar" est un disque plaisant, idéal en fond sonore d’un après-midi d’été, mais qui ne prend jamais vraiment le risque de sortir de sa zone de confort. Je lui attribue un 6.5/10, pour sa cohérence et sa finesse de production, tout en regrettant un certain manque d’audace et d’âme.