Avec Chance of Rain (2013), Laurel Halo signe un album aussi insaisissable que magnétique. Loin des structures classiques ou des accroches mélodiques faciles, elle explore un univers sonore fragmenté, instable, où chaque piste semble naître dans l’urgence, avant de se déliter avec élégance.
Ce disque, que j’ai noté 8/10, n’est pas pensé pour plaire immédiatement. Il se dévoile lentement, dans une tension constante entre chaos et rigueur. Des morceaux comme "Ainnome" ou "Thrax" déstabilisent, mais fascinent. À travers des textures abrasives, des rythmiques saccadées et une absence assumée de voix, Halo construit un monde sonore dense, presque abstrait, mais jamais froid.
Ce qui rend l’album si marquant, c’est cette capacité à conjuguer expérimentation et cohérence. Chaque son, aussi dissonant soit-il, semble trouver sa place dans ce brouillard électronique habité. Loin d’être hermétique, Chance of Rain invite à une écoute active et curieuse, où l’étrangeté devient peu à peu familière.
Un disque exigeant, oui, mais d’une richesse rare — et surtout, terriblement vivant.