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Forever Changes par Ramblinrose

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Critique publiée par le

A une époque lointaine, j’animais une émission musicale sur une radio amateur et éclairée.

La chance m’a souvent souri t en pérégrinant dans les rayons de la discothèque abandonnée à la poussière.
L’ère était au CD et la compression du son. Le vinyle devenait statue de cire.
Mes doigts balayaient avec frénésie les 33 tours quand mon sang n’en fit qu’un : mon visage s’est tranché d’un sourire.

Au quai de mes souvenirs, je m’égare.

FOREVER CHANGES évoque en moi l’ultime embolie euphorique de l’été de l’amour embué toutefois d’un voile de mélancolie automnale : les fleurs se fanent et dans le sillage, les illusions sont détruites.
L’écriture et la composition du disque s’appuient sur une prémonition du chanteur Arthur Lee, convaincu qu’il n’a plus que quelques mois à vivre.
D’où ce génial épitaphe inscrit dans le marbre du rock : onze chansons qui égrainent l’urgence du moment, la guerre, les désillusions, le passé quand c’était bien.

« C’est toujours une histoire de celui qui pisse le plus loin ».

C’est sans doute vrai !
Pourtant, il fait partie des œuvres initiatiques qui appartiennent au sérail sérieux des quatre ou cinq disques les plus raffinés, les plus fiévreux et foudroyants de cette époque et au-delà.
Le disque de Love s’inscrit dans tous les inventaires du style « Perdu dans l’espace » ou « Sauvé de l’incendie » pour de nombreuses raisons :

  • un disque intelligent de pop flamboyante servit par des textes finement ciselés
  • un disque unique dont l’influence est encore vivace aujourd’hui,
  • un disque audacieux dans la spatialisation des instruments et de la voix,
  • un disque épatant pour sa mise en scène orchestrale et sonore,
  • un disque étonnant par ses options musicales.

Les démons bluesy du chanteur côtoient et pactisent avec les ascendances du guitariste McLean. La perméabilité permet d’ouvrir sur des atmosphères plus latines, oscillations jubilatoires entre la guitare flamenco, les trompettes mariachis et des influences érudites comme Prokoviev.

L’égo démesuré de Lee n’a d’égal que celui de McLean. L’album accouche dans la douleur et dans les bras de Bruce Botnick (The Doors). Le producteur sauvera du naufrage un disque qui aurait pu finir dans les affres du L.S.D. et de l’héroïne.

FOREVER CHANGES déploiera ainsi ses ailes. Une luminescence dans les rayons de ma discothèque qui n’a pas fini de m’éblouir.

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