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1967, l'année qui tue

Avis sur Forever Changes

Avatar Flavien M
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Y'a des années comme ça. On sait pas trop pourquoi mais elles accumulent les bons albums ou ceux qui marquent l'histoire de la musique, alors que d'autres sont nettement moins prolifiques. En 1967, c'est la mouvance psychédélique qui semble être à l'honneur. Tandis que la fameuse banane d'Andy Warhol illustre le premier album de The Velvet Underground, les Doors sortent deux excellents premiers essais alors que les Pink Floyd font leur premiers pas avec The Piper at the Gates of Dawn. Année des premiers albums donc, mais pas seulement. Les The Beatles, en activité depuis déjà quelques années, continuent sur leur lancée avec Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, tandis qu'un groupe qui a sorti son tout premier album il y a un an propose ce qui va être reconnu comme le sommet de sa carrière, Forever Changes.

Love a une approche du genre assez abordable, loin des compositions à rallonge et trop sophistiquées qui caractérisent certains exercices du style. Loin d'être décousu, l'album est très accrocheur et m'a convaincu dès sa première écoute. La voix d'Arthur Lee couplée aux guitares principalement acoustiques (malgré quelques incursions électriques) fait des merveilles. Les titres ne s'engluent pas dans une longueur démesurée et vont à l'essentiel, sans fioritures.

Mais s'il accroche l'auditeur dès la première écoute, Forever Changes sait aussi se révéler de plus en plus intéressant au fil des écoutes, ce qui permet d'éviter la lassitude des albums ayant tout dit après deux écoutes. Si les guitares constituent le noyau dur des compositions, les autres instruments (flûte, saxophone...) les soutiennent et apportent beaucoup aux morceaux. Pas d'abus encore une fois, ils sont placés à des moments judicieux, sans que le résultat sonne pompeux ou too much. Si Love sait se montrer catchy et énergique (« Bummer in the Summer », « A House Is Not a Motel »), il ne s'en contente pas et propose des compositions plus douces qui révèlent leurs qualités après plus d'écoutes (« Andmoreagain », « The Red Telephone » avec son texte fort et sa sublime fin ou encore la très belle « Old Man »).

Surtout, le groupe propose une ambiance incroyable, à laquelle la voix si particulière du chanteur contribue particulièrement. A la croisée du rock, de la pop et du folk, on trouve avec cet album un son que je n'ai pas encore repéré dans d'autres albums du style et qui le rend si particulier. Si tous les titres ne sont pas bons de bout en bout, on trouve dans chacun un passage jouissif. Depuis que j'ai entendu cet album, j'essaie de retrouver une telle atmosphère, un peu vainement. En moins de quarante minutes, Love a fait la messe, et de quelle façon !

Une perle de cette année 1967, et peut-être la plus belle de toutes.

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