Avec Mumps, Etc., WHY? ne manque ni d’idées ni d’audace. Mais à force de jongler entre introspection verbeuse, arrangements alambiqués et posture arty, l’album finit par s’écrouler sous son propre poids. Un disque dense, voire étouffant, qui donne parfois l’impression de chercher davantage à se faire remarquer qu’à réellement toucher.
Yoni Wolf est un parolier hors norme. Son écriture est affûtée, érudite, volontiers cynique. Le problème, c’est qu’il semble s’en rendre compte à chaque ligne. Ce qui fascinait sur des albums comme Alopecia ou Elephant Eyelash — ce mélange de fragilité et de lucidité — devient ici presque mécanique. Les textes sont brillants, oui, mais ils finissent par tourner en boucle dans une sorte d’auto-analyse permanente. À force de se regarder le nombril, l’album oublie parfois de nous parler.
Musicalement, Mumps, Etc. est un patchwork : guitares sèches côtoient beats électroniques bancals, cuivres inattendus surgissent, les structures éclatent... mais rien ne semble vraiment tenir ensemble. Chaque morceau tente quelque chose — et parfois ça marche — mais trop souvent, on a l’impression d’écouter une collection d’idées plutôt qu’un album cohérent. L’expérimentation devient un réflexe, pas un moteur.
Ce qui frappe, c’est la fatigue qui s’installe à l’écoute. Le disque est long, bavard, surchargé. Il donne le sentiment d’un artiste qui a beaucoup à dire mais qui ne choisit jamais vraiment ce qu’il veut transmettre. Il n’y a pas de climax, pas de respiration. L’émotion est là, en filigrane, mais elle se noie sous les couches de production et les vers tortueux.
On sent bien que Mumps, Etc. voulait être plus qu’un simple disque : une œuvre dense, personnelle, à décrypter. Mais ce qui devait être une introspection complexe devient, par moments, un exercice de style épuisant. L’ambition est respectable, le talent est évident — mais le résultat est inégal, frustrant, parfois même hermétique.