C’est qui cette nana ? Une activiste funk. Qui a entre autres titres de gloire été madame Miles Davis, et qui a apparemment gardé le nom comme prise de guerre? Madame Betty Davis. Une furie black and proud, féministe, avec un sex appeal agressif? Les mâles n’ont qu’à bien se tenir. Derrière le personnage, il y a la bête de scène. Cette façon bien à elle d’haranguer les musiciens, ou le public, ou le micro. Elle y va toujours à l’arrache. Á la rage. Á la pulse. La langue bien pendue, et la funk qui suinte le son expérimental style Georges Clinton. Une P funk féministe libérée. Nasty Gal. P funk jouissif. Un flow guttural, qui va surprendre plus d’un (d’une). Nasty Gal. Ou le blues-rock, Talkin’ Trash. Explicite. Question réponse mâle/femelle classé X.
Dedicated To The Press, un funk très lourd, avec notre amazone qui délivre son message : « Je suis comme je suis…c’est à prendre ou à laisser ». Et toujours cette façon de déséquilibrer l’auditeur, en passant du chanté/parlé de velours, aux onomatopées bien grasses, qui sortent des entrailles, en se bousillant les cordes vocales….Râââhhh….Un yaourt incompréhensible. Mais c’est sa marque de fabrique. Á prendre ou à laisser. Jeux de langues, et cris bien funky. Prince à de qui tenir, et les miauleuses actuelles devraient en prendre de la graine. Justement, voilà : You And I, où notre tigresse se calme, devient pleureuse, amoureuse, livrée à cœur ouvert. Mais c’était seulement un moment d’égarement. La rage reprend le dessus…YEAHHHH !!! This is it, BAbyyy….yyyy…
Feelings. Groove très lourd. Avec les guitares qui crachent leurs lignes mélodiques, minimales, mais efficaces en diable. Et les chœurs d’église funk : Hé ! Hé ! Hé !
F.U.N.K Tout est dit dans le titre. Un hommage aux héros : Stevie Wonder, Tina Turner, (autre tigresse), The O jays…elle passe en revue les effectifs de l’armée FUNK, qui va débouler et tout emporter, par la danse, et le groove. Gettin Kicked Off, Havin Fun. J’ai un faible pour ce morceau. Je le trouve sexy. Elle m’a eut… Shut Off The Light, encore du lourd et sans concession. Elle arrête jamais. Une boucle, un tapis de notes, sur lequel la diva funk va pouvoir se vautrer à loisir :
« Eteins la lumière…vite ! Je suis une gentille fille, chéri… » Tu parles !
Je voudrais pas être à la place de son mec. Rappeuse bien en avance sur son époque, à force de frappe, de mots et de provocations, l’objectif est atteint. Faire jouir par le rythme. Même si on emploie tout le temps les mêmes effets qui finissent par nous faire tourner en rond, en boucle. C’est tout le temps la même chose, jusqu’à satisfaction des corps qui se déhanchent. La section rythmique rabâche son cliché funky, bluesy, et le tempo lent, n’aide pas toujours, et sur un faux rythme. Heureusement, il y a cette personnalité ouvertement excentrique, qui dynamite les débats. Et ça apporte le sel qui manquerait sinon. Et ça finit doucement. Un Slow. The Lone Ranger. La basse pose une phrase, les autres tournent autour, et la dame drague un beau mec. Et le morceau s’évanouit dans un murmure. Lentement avec les synthés. Un murmure…
Je suis un peu frustré par la relative efficacité de l’album, qui joue avant tout sur le charme de la dame. Le milieu de la musique macho comme il l’est à dû en prendre un sacré coup, (album de 1975 quand même !) Mais il n’est pas convaincu le petit. Musicalement ça suit le mouvement, mais c’est tout, on peut en sortir des tas d’albums comme ça. Et je ne suis personnellement pas convaincu par les possibilités vocales de Betty D. Charmé, tout le monde le sera par son culot, sa hargne, son autorité de meneuse d’hommes. Oui mais…