Avec No Blues (2013), Los Campesinos! livrent sans doute leur disque le plus abouti à ce jour. Moins brouillon que leurs débuts, mais toujours aussi dense émotionnellement, l’album conjugue pop euphorique et mélancolie mordante dans un équilibre étonnamment maîtrisé.
Derrière les mélodies bondissantes et les chœurs lumineux, le groupe gallois cache des textes à fleur de peau, pleins de références décalées, de lucidité désabusée et de romantisme défait. Avocado, Baby, par exemple, combine l’énergie d’un hymne de stade à un désespoir intime porté par des chœurs enfantins. C’est ironique, mais jamais gratuit. Le mal-être devient ici un terrain de jeu mélodique, sans jamais perdre sa sincérité.
Plus resserré et mieux produit que ses prédécesseurs, No Blues évite les débordements tout en conservant la fièvre qui a toujours animé le groupe. Si certains morceaux s’effacent un peu en fin de parcours, la majorité de l’album reste marquante, autant par sa richesse sonore que par sa franchise émotionnelle.
Los Campesinos! n’ont pas calmé le jeu : ils l’ont rendu plus clair, plus touchant. No Blues réussit le pari rare de faire danser avec le cœur en vrac — et c’est précisément pour ça qu’il mérite qu’on y revienne.
Note : 8/10