Ally Venable est née en 1999 au Texas et elle a vécu dans un environnement musical. Elle commence la guitare à 12 ans et sort un mini album à 15 ans (7 titres), on a connu moins précoce ! En 2016 parait son 1er vrai album, ce « No Glass Shoes ». En 8 titres seulement (33 mn) avec 4 de ses compositions originales et 4 reprises, elle nous offre sa vision du blues rock version texane donc pêchu, pas si originale que ça mais à 17 ans, on ne peut lui en vouloir ! Ally assure le chant et la guitare accompagnée d’un groupe solide avec Bobby Wallace à la guitare rythmique, Zach Terry à la basse et Elijah Owings à la batterie. Randy Walls ajoute des claviers et Steve Krase, le patron du label, joue de l'harmonica sur trois titres. Les quatre premiers morceaux sont les compositions d’Ally, sans surprise. Les reprises elles sont aussi connues (peut-être un peu trop), à l’image de « Messin’ with the kid » ou « Love Me Like A Man » de Chris Smither, une chanson popularisée par Bonnie Raitt et reprise par de nombreuses chanteuses de blues. Aucune de ces reprises ne vous renverse vraiment.
Un vrai point négatif, c’est sa voix, pas encore assez modulée et qui a tendance à forcer sur certains morceaux, pour faire vraiment « blueswoman ». Et en forçant, elle part dans des cris peu convaincants. C’est le cas sur « Woke up this morning » (qui tombe presque dans les clichés du blues, dommage) ou de « Love me like a man » comme si le message pourtant clair ne pouvait passer que par un cri…Non, il n’est pas nécessaire d’en faire des tonnes pour être sincère et crédible, au contraire. Les Anglo-Saxons ont une expression qui dit « less is more » et Ally pourrait y réfléchir. Quand elle est vocalement plus sobre, sur « Too much too soon », elle est plus convaincante. On peut aussi penser que c’est l’expérience limitée et la jeunesse qui l’emportent et en vieillissant, elle finira par bien mieux moduler sa voix. Par contre, le point positif, et ce qui fait que je vais jusqu’à la moyenne, c’est son jeu de guitare, bien affirmé et affûté, voire rageur à certains moments. Un album qui ne transporte pas, imparfait mais c’est presque normal. Ses influences sont encore très évidentes, de Jimi Hendrix, B.B. King, Stevie Ray Vaughan en passant par Bonnie Raitt et Joe Bonamassa pour n’en prendre que quelques-unes. Sa guitare attire par contre suffisamment l’oreille pour qu’on suive Ally avec intérêt et souhaitons-lui de s’éloigner de ses prestigieux modèles pour s’affirmer et trouver un son à elle.