Outsideinside
7.1
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Album de Blue Cheer (1968)

Deuxième essai manqué, du peu, mais manqué quand même

Power trio dont le nom évoque celui d’une certaine petite pilule dont la loi interdit de faire l’apologie, Blue Cheer livre ici son deuxième effort seulement sept mois après le premier (autres temps, autres mœurs). Si leur premier album était pressé brut de fonderie, nous dirons ici qu’icelui a été un peu ébavuré tout en restant très loin d’un polissage miroir. Cela reste quand même du proto hardrock. Ce n’est pas tant la guitare qui est mis ici en avant (un parti pris après tout admissible) que la voix, somme toute assez agréable, du chanteur et la batterie qui au final nous semble être l’élément qui tire le mieux son épingle du jeu de cette galette tant le qualificatif de pachydermique nous paraît être le plus adéquate pour le qualifier. Sur 36 minutes et 9 titres, le groupe ne nous donne ici à écouter que deux reprises. Sur leur précédant opus, on en était rendu à du 50/50 (3 titres sur 6). Ce qui avait fait leur particularité (la reprise de classique mouliné à leur sauce lysergique) n’a plus ici qu’une place presque secondaire, presque négligeable. C’est bien là que le bat blesse. Ce qui plaisait alors, c’était d’écouter ces classiques revisités et comme méconnaissables. Écrire ses propres chansons, c’est une autre paire de manches. Si les compositions n’ont pas à rougir au regard de ce qui se faisait à l’époque, n’est pas Eddie Cochran ou BB King qui veut. Ici, nous avons droit à un Satisfaction des familles et un The Hunter de Booker T. (une scie qui sera reprise et pillée un milliard de fois au bas mot, même Danzig utilisera cette carte sur son premier album). Une mention spéciale doit être faite quant au panning générale de l’album. L’ingénieur du son nous inflige des effets qui, au casque, sont similaire à celui du grand huit : sorti de table, cela est en devient vite écœurant.

Ce deuxième album n’est pas mauvais. En revanche, le groupe souffre de ce qui les a fait connaître, et qui peut paraître aujourd’hui comme une habille formule. On en vient à se demander s’il n’aurait pas du se cantonner à cela : le meilleur groupe de rock de reprises cramées. C’était céder à la facilité. Malheureusement, et c’est tout à leur honneur, telle n’a pas été leur volonté. Et ainsi, le temps passant, Blue Cheer restera comme le groupe d’un seul album, le premier.

Joe-Penhauer
6
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le 1 mars 2025

Critique lue 7 fois

Joe Penhauer

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