J'ai essayé Radiohead (1/9)

Avis sur Pablo Honey

Avatar Tikoud
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[Cette critique s’inscrit dans le cadre d’une série de posts, où je parle de tous les albums de Radiohead. Je n’avais jamais réellement écouté ce groupe, et je m’y suis enfin mis cette année. J’avais pas mal de trucs à dire, c’est pourquoi j’en fais des critiques entières, même si je pense que de par mes goûts et expériences musicales, je dois pas être le plus objectif et le plus compétent. Bonne lecture !]

On commence donc avec Pablo Honey, album sorti en 1993. Si vous êtes déjà allé checker les autres critiques, ou si vous avez seulement parlé avec des fans de Radiohead, vous comprenez assez vite qu’il s’agit d’un des albums les moins appréciés de la formation, malgré le succès monumental du single Creep. Pour être bref, je suis en accord avec ça.

Sur bien des aspects, sans juger sa qualité, cet opus paraît bien pauvre. A l’échelle du paysage musical britannique de l’époque, il n’est qu’un modeste disque de Rock Alt. La pop léchée de l’époque (genre Haddaway ou Whitney Houston) se fait doubler aux charts par des crasseux de Nirvana (avec In Utero), et les sorties qualifiables d’“Alternative” sont davantage représentées cette année par R.E.M et New Order. En terme de ventes, Pablo Honey n’atteindra au mieux que la 22ème place (et non pas lors de sa sortie, mais en 1998). C’est certes un indicateur assez biaisé et peu fidèle, mais ça peut donner un premier aperçu de ce que le groupe représentait sur l’instant dans la culture populaire : un opus qui ne passe pas inaperçu mais qui ne bouscule pas les standards pour autant.

Musicalement, on comprend assez bien pourquoi. C’est un album très calibré, prévisible, totalement dans son époque. Ce n’est pas une remarque négative en tant que telle, mais c’est exactement tout le contraire de ce que Radiohead va devenir. Pas de digressions électroniques, pas de son caractéristique, pas d’ambiance, c’est un simple disque de rock anglais des années 90. Encore une fois, c’est pas forcément mauvais intrinsèquement, mais il faut être amateur de ce genre pour apprécier l’album.

En ce qui me concerne, c’est vraiment pas ma came. A chaque écoute, pour chaque piste, j’imagine très facilement dans ma tête des petites scènes de série B des 90’s, avec chaque titre de Pablo Honey qui pourrait assurer la bande-son, et ce peu importe l’émotion véhiculée par la scène. Creep passerait quand le héros vient de se faire larguer, Stop Whispering quand il se rend compte qu’il tombe amoureux, I can’t quand il comprend que ça ne pourra jamais marcher, etc. Apparemment je suis pas le seul à l’avoir pensé.

Je trouve l’album beaucoup trop lourd, trop typé, voir caricatural par moment. Je parlais des ventes de disques un peu plus haut, je ne disais pas ça pour décrédibiliser cet album, mais notamment pour rappeler que la réputation de l’oeuvre (elle est souvent classée parmi les meilleurs disques du genre ou de sa décennie) s’est surtout faite bien plus tard. Je garde l’image d’un disque franchement sur-côté, qui bénéficie d’une image positive grâce au reste de la carrière du groupe. Je tempère mes propos globalement négatif en me disant que Ripcord est quand même sympa, qu’en voyant des live d’époque ça devait être une bonne idée que d’aller les voir en concert, et que surtout, que le disque n’a pas été produit avec de trop grosses intentions. Ca reste un premier album, et même si j’ai pas trop kiffé, je suis sûr que je trouverai chaussure à mon pied plus tard dans la discographie. D’ailleurs, si vous voulez découvrir Radiohead, ne commencez peut-être pas par cet opus (à moins que vous teniez à faire la discographie chronologiquement - comme moi) mais ne l’esquivez pas non plus. Il est intéressant de voir d’où part le groupe, par rapport à ce qu’il est devenu.

Sources :

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