Le groupe qui brutalisa le métal

Avis sur Periphery

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Le Djent. Douce sonorité provoquée par l'étouffement des cordes à vides d'une guitare accordée en Drop C ou B, que sait-je ... Ce "son" est peu à peu devenu un genre à part entière, essentiellement par le biais de Messhuggah. Mais Periphery n'est pas Messhuggah, dont j'avoue ne pas être fan.

Si Periphery n'a pas inventé le Djent, c'est lui qui lui donne ses lettres de noblesses, et je ne doute pas une seconde que ce genre va devenir le pendant metal du dubstep : j'entend par là le renouveau d'un genre quelque peu en déclin.

Si Misha Mansoor est l'un des guitaristes les plus talentueux de sa génération, il emprunte plus à la technique de Petrucci qu'à celle de Fredrik Thordendal pour son aspect virtuose du manche.

Si ce groupe est souvent comparé à Messhuggah, l'analogie s'arrête pour moi à la dénomination Djent et a la brutalité ponctuelle de certains morceaux. Encore que Periphery a un style bien plus véloce que les fous suédois, bien plus progressif (Icarus Lives, Racecar), bien plus accessible et surtout plus mélodique (All New Materials).

Le gros point noir de cette formation est leur chanteur, qui n'a à mon avis rien à faire là. Je ne remet pas en doute ses capacités vocales, mais je trouve que la juvénilité de sa voix et son chant typé métalcore occulte la légitimité d'un groupe de musiciens hors-pair qui sont juste, rappelons-le, en train d'écrire la nouvelle page du Heavy Metal. Dieu merci, cet album existe en version instrumentale, qui permet la délectation de ces morceaux très exigeants techniquement mais surtout très modernes.

Si Misha "lightbulb" Mansoor est la tête pensante de cette formation 2.0, Periphery est un sextette comprennant pas moins de 3 guitaristes dont les 2 autres sont aussi redoutables que leur leader, bien que la palme de la composition ne leur revienne pas.

Pour parler de l'album, il s'agit ni plus ni moins d'une énorme claque dans la gueule. On est face à quelque chose de jamais entendu. On reconnait des influences, c'est évident, mais l'oeuvre dans son ensemble se présente comme quelque chose de fabuleusement neuf. On retrouve la brutalité exacerbée de Messhuggah, la virtuosité des Dream Theater, les pointes électroniques/ambiant de Porcupine Tree et surtout ... la touche Periphery. Ce petit quelque chose qui rend les polyrythmies en Drop A supportable et surtout intéressantes à l'écoute, qui nous donne envie d'investir dans une guitare 7 cordes pour jouer l'intro de Icarus Lives, qui nous donne des frissons sur All New Materials pour quelques minutes plus tard nous donner envie de faire un pogo sur Zyglrox et surtout finir en apothéose sur Racecar, petit bijou prog d'une 15ene de minutes.

Si l'on peut déplorer un essoufflement créatif au fil des riffs de l'album et une partie vocale auditivement discutable, la relève est là.
M'est avis qu'on verra débarquer d'ici quelques années une flambée de groupes Djent, genre qui, malheureusement risque fort de tomber dans le piège Metalcore, à savoir devenir un repère de kikoo métaleux à mèche en puissance ...

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