Cet album de 2017, à la pochette magnifique, était déjà le 10e d’Erja mais ça n’est pour moi clairement pas son meilleur. Et pourtant, on y trouve ce qui est pour moi son plus grand morceau, l’épique « Black Ocean », doté d’un solo de guitare ahurissant. Et en live, cet assez long morceau vous transporte encore quand elle se lance dans ses improvisations (toujours maîtrisées) ! L’album m’a donc donné une impression mitigée, visant un public plus vaste que les amateurs/trices de blues habituels, oscillant entre le magnifique « Black Ocean », que je viens de citer, un titre qui rappelle beaucoup le Gary Moore de « Still got the blues », « Slowly burning », l’influence est évidente dès la 1ère écoute, et le moins convaincant. Certains morceaux, heureusement peu nombreux, se tournent vers le pop-rock comme « Silver Tones » et même « City of Angels » qui sonne très seventies. On ne peut absolument pas en vouloir à Erja de vouloir ouvrir sa musique, allez, disons qu’elle soit plus conforme aux radios FM américaines par excellence, mais je la trouve bien moins crédible et moins douée dans ce registre. Il faut dire qu’elle a travaillé avec le grand producteur et ingénieur du son Chris Kimsey pour cet album, ceci expliquant peut-être ce son un peu plus varié. Rappelons juste que Kimsey a travaillé avec les Stones, Duran Duran, Marillion, Peter Frampton, Killing Joke et même chez nous, Johnny Hallyday et Louis Bertignac ! Un CV long comme un bottin qui montre l’ampleur du type. Heureusement que « Black Ocean » est là car le résultat final, bien qu’agréable, ne révèle pas de surprise. Son tout dernier en date, « Smell the roses » (2025) est infiniment meilleur dans un registre bien plus heavy rock. Ne la loupez pas en concert, Erja est extraordinaire et c’est une guitariste exceptionnelle, en particulier à la slide.