I tell you, we must die

Avis sur The Doors

Avatar Docteur_Jivago
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Let's swim to the moon

Uh-huh
Let's climb thru the tide
Penetrate the evenin' that the city sleeps to hide

Ce sont notamment par ces paroles chantées, qui donneront le remarquable Moonlight Drive, présent sur le second album du groupe, sur une plage de la côte californienne par Jim Morrison à Ray Manzarek, son camarade à l’UCLA, que tout commence.

Morrison rejoint alors le groupe que Ray Manzarek avait monté avec ses frères, en changeant directement le nom, proposant The Doors, titre renvoyant au livre The Doors of Perception où Huxley raconte son expérience des drogues. Ce titre étant d'ailleurs lui-même inspiré des vers de William Blake If the doors of perception were cleansed, every thing would appear to man as it is : infinite.

Peu à peu, certains membres partent alors que John Densmore et Robbie Krieger rejoignent le groupe, respectivement à la batterie et la guitare. La basse est occupée par Manzarek grâce à son clavier-basse Fender Rhodes, et c'est cette alchimie qui va donner une sonorité si unique et géniale au groupe. Après quelques concerts démontrant déjà la puissance et l’intensité de cette réunion, ainsi que de Morrison en live, notamment dans des bars de Los Angeles comme le The London Fog ou le Whisky a Go-Go, ils signent un contrat avec la maison de disques Elektra et enregistrent leur premier album entre Août et Septembre 1966.

S’ouvrant sur le remarquable Break On Through (To the Other side) où chaque membre arrive au fur et à mesure, commençant par la batterie, puis la "basse" de Manzarek avant que la guitare de Krieger lui réponde et que la voix inimitable de Jim Morrison (où il aborde le thème de la drogue et suggère de "passer de l’autre côté" avec du LSD) achève de poser les bases, la sonorité et le génie des Doors. Comme cela se ressent sur les autres morceaux de l'album, et du groupe en général, on y trouve toutes les caractéristiques de cette osmose musicale, où chaque musicien joue génialement et démontre une réelle créativité tandis qu'ils optent pour une direction musicale allant du rock au blues en y incluant des sonorités plus jazzy ou orientales.

Le disque dure 44 minutes avec deux longs morceaux clôturant chaque face, et quels morceaux ! Light My Fire représente tout simplement l’un des sommets de l’album et du groupe, débutant avec une inoubliable introduction, puis l'envoutante (comme souvent) voix de Morrison avant que Manzarek puis Krieger, qui a lui-même composé le morceaux, se livrent un duel de solo clavier face à guitare. Tout simplement immense, à l'image aussi de l’expérience finale The End, envoûtant et mystique de bout en bout, nous plongeant dans la tête de Morrison, où ce dernier semble sombrer peu à peu dans la folie en se muant en shaman freudien (Father. Yes son ? I want to kill you. Mother, I want to fuck you all night long). C’est d'ailleurs ce morceau, ainsi que cette phrase en particulier, qui feront virer les Doors du Whisky a go-go.

En plus de ces morceaux, l'ensemble de l'album est tout simplement remarquable, sans aucune fausse note et on est encore emporté par toutes ces pépites, la voix de Morrison et surtout ce style si unique et envoutant, à l'image de l'ambiance totalement prenante, parfois même mystique de l'album. On y trouve deux reprises, l'intense blues Back Door Man de Willie Dixon et l’excellent et faussement festif Alabama Song (Whisky Bar) de Kurt Weill et Bertolt Brecht. Soul Kitchen, l'une des mes favorites du groupe, est tout simplement magistrale, sorte de blues psychédélique au clavier envoûtant tandis que le très beau et poétique The Crystal Ship ainsi que les rock et efficaces Twentieth Century Fox, I Looked at You (quel piano !) et Take it as ti Comes finissent de faire rentrer ce premier essai dans une tout autre dimension.

Chef d’œuvre s’aventurant sur des territoires inexplorés ce disque est proche d’atteindre la perfection et m'aura marqué comme peu l'ont fait. Envoûtant de bout en bout, porté par une parfaite alchimie entre quatre génies, ce premier disque, qui annonce déjà quelques autres œuvres d'art, se révèle envoutant, mystique et tout simplement unique.

Tracklist :

1.Break On Through (To the Other Side) – 2:29
2.Soul Kitchen – 3:35
3.The Crystal Ship – 2:35
4.Twentieth Century Fox – 2:34
5.Alabama Song (Whisky Bar) (Brecht, Weill) – 3:20
6.Light My Fire – 7:08
7.Back Door Man (Dixon) – 3:34
8.I Looked at You – 2:22
9.End of the Night – 2:53
10.Take It as It Comes – 2:17
11.The End – 11:42

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