L'esclave ne rêve pas d'être libre, l'esclave rêve seulement d'être roi.

Avis sur The Pale Emperor

Avatar Hunk
Critique publiée par le

" This record is dedicated to the memory of my mother " Marilyn Manson.

La bête de l'Amérique est morte depuis 15 ans, alors en cette période sombre, sincère respect à l'artiste Brian Warner.

Sur une idée originale de Johnny Depp, inspiré par le conte de Faust et les écrits de Antonin Artaud.

The Pale Emperor illustre une musique cinématographique, le chant devient bluesy et le redneck montre qu'il en a encore sous son paillasson, Marilyn Manson, la dernière rock star ? Intelligent, cultivé mais également sujet au vice tel que le fut Héliogabale, ou l'anarchiste avant l'alchimiste couronnée, empereur romain païen, il a renoncé au Christ et au dogme, et sa légende sulfureuse affublée de perversité et d'exécration a été, à l'image de l'artiste, hautement exagéré, ici l'homme ne porte plus de masque, il créer une parabole avec ce nouveau personnage, né dans un berceau de sperme et mort sur un oreiller de sang d'après les mots de Artaud.

15 ans après le virage artistique de Marilyn Manson, The Pale Emperor redevient un album concept, alors que Eat Me Drink Me jusqu'à Born Vilain malgré leurs passions, donnaient plutôt le sentiment d'écouter une succession arbitraire de chansons classiques, il était temps de rallumer une bougie pour les pécheurs, et ici, la musique redevient évocatrice et ses textes mettent à nouveau des idées en tête, ce qu'est précisément un acte artistique.

L'homme qui a été tant blâmé, propose un retour de force inattendu, ce nouvel opus pourrait être "The Fourth", et surtout, son meilleur travail depuis Mechanical Animals sorti en 1998, abandon de l'absinthe, de sa vie de hibou et aidé de son nouvel acolyte, le musicien et compositeur pour film Tyler Bates (Guardians of The Galaxy), Marilyn Manson casse enfin ses propres habitudes qui lui ont fait défaut pour nous conter son histoire, celle d'un artiste engagé maniant brillamment la poésie et les mots, une histoire qui rappel une fois de plus celle de son propre alter ego, la mort et la renaissance.

En 25 ans de carrière, il a toujours cherché la beauté derrière la laideur et à critiquer la façon dont les médias influencent les consciences en utilisant la violence et le sensationnel pour nous immerger dans un monde faux, en célébrant la nature à controverse des extrêmes par un questionnement et un intérêt manifeste à la liberté d'expression que peux offrir l'art et le rock’n’roll, il dresse un portrait inavouable de la nature et des désirs de l'être humain, thérapeutique, il réconcilie les opposés afin de déconstruire les représentations mentales et tente par sa musique et ses textes à exorciser les peurs et les tabous, c'est une forme d'exutoire, il aime nous pousser à manifester notre esprit critique en nous proposant d'autres formes de perception pour nous inviter à éveiller notre individualité. Fils d'un vétéran du Vietnam, il a peut-être réalisé que son nom d'emprunt possède encore plus de sens pour lui et le monde qui l'entoure, parce que la tragédie du Vietnam est devenu comme Hollywood, comme "Killing Strangers", romancé et joué, telle la fusion du glamour d'une Marilyn Monroe avec le choc d'un Charles Manson, on peut voir dans cet album les catacombes du métissage culturel et musical qu'il a caché durant toutes ces années.

Le vrai fils de l'Amérique.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 826 fois
8 apprécient · 2 n'apprécient pas

Hunk a ajouté cet album à 1 liste The Pale Emperor

Autres actions de Hunk The Pale Emperor