En 1990, Galaxie 500 publie This Is Our Music, leur troisième et dernier album. Le titre, emprunté à Ornette Coleman, résume bien l’intention du groupe : affirmer une identité sonore personnelle, sans compromis. Après On Fire en 1989, qui avait révélé le trio de Boston, ce disque marque la fin d’un cycle. Dean Wareham, Naomi Yang et Damon Krukowski y développent une version plus froide, plus introspective de leur dream pop minimale.
Le son reste reconnaissable entre mille : guitare saturée de reverb, basse fluide et ronde, batterie simple mais précise. Cependant, l’atmosphère générale a changé. Là où On Fire était lumineux et ouvert, This Is Our Music sonne plus distant, presque détaché. Les chansons s’étirent, les voix semblent en retrait, comme si le groupe se repliait sur lui-même.
Le disque évoque la fin d’une époque. L’énergie des débuts a laissé place à une certaine retenue qui donne aussi à l’album une cohérence et une maturité nouvelles.
À sa sortie, This Is Our Music a reçu un accueil plus réservé que On Fire, souvent considéré comme le chef-d’œuvre du groupe. Pourtant, il s’agit d’un disque important : plus subtil, plus intérieur, et sans doute plus fidèle à ce que Galaxie 500 voulait vraiment exprimer.
Avec le temps, il a gagné en reconnaissance et reste aujourd’hui une référence pour la dream pop et le slowcore. On y retrouve les bases de ce que reprendront plus tard des groupes comme Low, Beach House ou Cigarettes After Sex. Ce n’est pas un album spectaculaire, mais un disque cohérent. Une fin discrète, mais juste, pour un groupe qui n’a jamais cherché à faire plus de bruit qu’il ne fallait.