Avec Tracer, Teengirl Fantasy livre un album qui flirte avec l’avant-garde tout en restant ancré dans une certaine sensualité club. Un disque pensé comme une expérience sensorielle, plus que comme une collection de tracks calibrés pour le dancefloor. Et c’est là toute sa singularité.
La palette sonore est riche : textures diaphanes, rythmes déconstruits, voix éthérées (mention spéciale à Kelela sur "EFX"). On sent l’influence du R&B futuriste et d’une house désincarnée, où chaque détail est soigné. C’est beau, souvent captivant, mais parfois trop insaisissable pour pleinement accrocher.
L’album brille par instants – "End", "Do It", "EFX" – mais peine à maintenir cette intensité sur la longueur. Certaines pistes s’égarent dans une ambiance brumeuse qui peut séduire autant qu’elle lasse. On reste entre deux eaux : ni tout à fait club, ni totalement ambient, ce qui en fait à la fois son intérêt… et sa limite.
En résumé : Tracer est une proposition audacieuse, élégante, mais un peu froide. Un disque à écouter seul, la nuit, plus pour flotter que pour danser. Une belle tentative, imparfaite mais sincère.