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Wish You Were Here par Baptiste Demairé

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Pink Floyd, c'est clairement mon groupe préféré. Ça l'a toujours été. Selon moi, leur discographie, certes inégale, reste d’intérêt sur toute la ligne (oui, même "The Final Cut", et oui, même "A Momentary Lapse Of Reason"). Toutefois, il y a un album qui revient sans cesse. Un album que je considère au dessus des autres, et que je n'hésite pas à qualifier de chef d'oeuvre, malgré la sur-exploitation de ce terme. Cet album, ce "Wish You Were Here", je l'ai découvert au collège. Il m'a fait aimer Pink Floyd, mais également (et surtout), le rock progressif, ce genre musical à la fois vénéré, repoussant, critiquement démodé, mais selon moi merveilleux et terriblement intemporel. Nous voilà donc parti pour ma critique très personnelle de ce qui n'est pas moins que mon album préféré, et des fabuleuses compositions qui le forment.

Et déjà, on commence par un monument : la première partie du progressif "Shine On You Crazy Diamond". Le morceau, et l'album tout entier, s'ouvre sur une introduction très planante aux synthés de Richard Wright. Déjà, on est dans le Pink Floyd que j'aime : une ouverture d'album soignée, une ambiance sonore en crescendo, une grande importance de l'instrumental. Deux minutes et des poussières ; après les synthés, place à Gilmour, et un premier solo de guitare absolument grandiose. Les frissons, à chaque fois. Passée l'excellente introduction en deux temps, nous pouvons entrer dans le vif du sujet, à l'image de ces quatre notes répétées, de cette montée à la batterie, et de ces improvisations plus rythmées, toujours aux synthés et à la guitare. Premier constat, déjà : le son. Propre, puissante et douce, la production profite en plus d'une excellente remasterisation depuis 2011. Arrive alors la voix (et quelle voix !) de David Gilmour, qui nous chante des paroles poignantes avec une intensité sincère et juste. Tout passe très vite, et nous voilà déjà à la fin du morceau. Comme si les onze minutes précédentes n'étaient pas suffisantes, le groupe nous rajoute un magnifique solo de saxophone, qui s'efface petit à petit sous des effets sonores qui déjà nous emportent vers le deuxième morceau. Bon. Première piste, première claque. Evidemment, on est en plein dans le Pink Floyd qui peut (et je le comprends sincèrement) énerver. Prétention et longueur pour certains, pur chef d'oeuvre pour d'autres.

Le morceau suivant, "Welcome To The Machine", est selon moi trop souvent oublié. Certains trouvent les synthés trop vieillissants et ringards aujourd'hui. Peut-être, je n'en ai pas l'impression. Toujours est-il que l'ambiance et l'intensité ressenties à l'écoute de ce titre ne me laissent jamais indifférent. Selon moi, là encore, du très bon Pink Floyd, du Pink Floyd qui nous fait penser que nul autre groupe n'aurait pu pondre cela.

"Have a Cigar", par contre, dénote quelque peu de ce à quoi on peut s'attendre. Et pour cause, il n'est chanté ni par Gilmour, ni par Waters, ni même par Wright. Il est celui qui me semble le plus anecdotique dans cet album, bien qu'il ne lui fasse pas de tort.

S'ensuit le titre qui donne son nom à l'album, ce petit bijou d'émotions, cette ballade dédiée au regretté Syd Barrett. Là, on est dans ce que Pink Floyd fait de plus beau, que ce soit à travers la voix de Gilmour, les paroles saisissantes, ou ce riff de guitare, simple, évocateur, mais terriblement efficace. Frissons, et larmes.

Plus qu'un titre, pour clore cet album fantastique. On finit donc avec la seconde partie de Shine On You Crazy Diamond. Moins puissante que son prédécesseur, elle profite tout de même d'une intro totalement folle, d'une partie jazzy assez intéressante, et d'une conclusion qui fait honneur à l'ouverture de l'album. Ces quarante-quatre minutes sont passées trop rapidement.

Bon. Si on ajoute à ça les transitions entre les différentes pistes, la difficulté de passer après le très maîtrisé et populaire "The Dark Side Of The Moon" ainsi qu'un contexte douloureux (la visite déchirante de Syd dans les studios des Floyd), on comprend parfaitement la raison de l'attachement de nombreux fans pour cet album à la fois touchant, profond, créatif et inspiré.

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