Un poil décousu, mais original et ambitieux

Et si l’avenir du rock progressif s’appelait Earthside? Ce projet, originaire de la Nouvelle-Angleterre, vient de sortir son premier album, A Dream in Static avec une palanquée d’artistes invités et, si le résultat est un chouïa inégal, quand il est impressionnant, il ne fait pas semblant!


S’il s’auto-qualifie « rock cinématique », Earthside évolue à la frontière de plusieurs genres voisins: le rock progressif, le métal progressif tendance djent mélodique et le post-rock. On retrouve des constructions complexes, des guitares qui accrochent, des mélodies très techniques et des grandes plages instrumentales planantes.


A Dream in Static aligne un peu plus d’une heure de musique, répartie en huit pistes plutôt longues, puisqu’elles durent de cinq à douze minutes. Trois d’entre elles sont purement instrumentales, les cinq autres faisant appel à des chanteurs invités.


Et, niveau invités, il y a du beau monde, à commencer par Daniel Tompkins (TesseracT) et Bjorn Strid (Soilwork), ainsi que l’Orchestre studio symphonique de Moscou (sur « Mob Mentality » et « Entering the Light »). Mais des invités prestigieux n’ont jamais garanti un bon album, alors qu’en est-il de celui-ci?


Comme je l’ai dit au départ, il est inégal. Enfin, surtout décousu: les pistes passent du coq à l’âne – ou, pour être plus précis, du rock progressif moderne à la bande originale de film au métal progressif au post-rock, avec une absence parfois douloureuse de continuité. Le changement de chanteur à chaque morceau n’aide pas non plus.


Ceci posé, les morceaux pris séparément sont de bonne, voire de très bonne qualité, avec un sens aigu de la composition et de la technique. Les gens de Earthside ne sont pas des petits plaisantins dans ce domaine: ils savent clairement ce qu’ils font.


C’est ainsi que « The Closest I’ve Come », l’excellent « A Dream in Static » (très tesseractien, avec Daniel Tompkins), « Skyline » ou « The Ungrounding » sont des pièces de très haute tenue. « Mob Mentality », malgré son côté orchestral très pompeux (qui pourrait être en compétition pour le générique du prochain James Bond), tient également bien la route, de même que l’instrumental planant « Entering the Light ».


Même si, au final, Earthside a tendance à quelque peu s’éparpiller stylistiquement, la qualité est toujours au rendez-vous et A Dream in Static est un album remarquable; il y a des ambiances impressionnantes et beaucoup de maîtrise. Je vous recommande d’aller l’écouter et le récupérer sur Bandcamp, où il est disponible à un prix correct (USD10).


Je remercie au passage Neoprog et Clair & Obscur, toujours au taquet, pour la découverte.

SGallay
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Créée

le 15 mars 2016

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