En faisant cet album, Damien Saez a pris un gros risque. Quand on sait que ses chansons en anglais sont celles qui divisent largement le plus, on se rend compte à quel point il se fout de l'opinion des autres par rapport à son travail. Il poursuite son chemin artistique, à sa manière, aux 1 000 sentiers dont chaque couleur est différente.C'est là la grande marque des plus grands artisans musicaux. Alors que moi-même j'ai crispé pour certaines prestations in english ("Light the way", mon Dieu...), comme j'ai adoré d'autres ("No More", une pépite), il a réussi à tenir une excellente route tout le long, et offre là un de ses meilleurs albums.
Je conseille très fortement d'écouter les meilleurs titres: "Braindead" avec son emballement magnifique, "White noise", une de ses chansons les plus enragées, "Yellow Tricycle" qui arrive à être aussi belle que sa petite sœur de "J'accuse", "A Lovers Prayer" et sa douceur indéfinissable, et "Helicopters" doté d'un son céleste. La première partie du disque est endiablée, la deuxième est toute douce (parfois trop même, comme pour " Pill of the ride"). Et pour les textes ? Suicides et ruptures au programme. Là, l'usage de l'anglais est carrément salutaire ! Mais bien sûr, ils restent excellents. Quant à l'interprétation de Damien, comme d' habitude, elle est très imposante, très charismatique, irrésistible. Alors, certes, ce disque est quasi introuvable, dû à son caractère totalement indépendant (je ne sais même pas si ce label a signé avec un autre chanteur !), mais ça vaut le coup de le trouver. De chercher ce trésor, sur la grande carte du commerce.