Abacab
5.9
Abacab

Album de Genesis (1981)

Abacab dure près de 7mn. Abacab, aussi étrange que le morceau est long. Abacab, ou le morceau manquant. Ça fait des années que je suis intrigué par ce morceau. Je l’entendais mais pas très souvent ; sur ma radio FM de prédilection, comme ça, par hasard. Superbe ce morceau. Mais c’est qui ? ( ?) Sur les radios à thèmes, on ne donne pas toujours les titres des morceaux, encore moins le nom des artistes. Pourtant c’est tellement évident que c’est Phil Collins au chant ( ?!), comment j’ai fait pour ne pas comprendre ?


Phil Collins, je suis pas fan, le morceau je l’adore. C’est peut-être pour ça. Dans le registre rock indé typé années 80, (donc années pop), il est au top of the pop. Le parfait mélange, à la fois pop-rock, et underground dans l’esprit. Trop bon pour du Genesis. C’est peut-être pour ça. Je faisais de la résistance dans ma tête. Genesis pour moi, ça a toujours été le groupe de Phil Collins, l’anglais qui fait de la variété pas terrible. Genesis c’est pas ma génération. Pas terrible.


  Et un jour, j’ai compris que ce groupe avait eut une vie avant Phil Collins. Ce groupe a commencé par être un des hérauts d’un style de rock très particulier, appelé rock-progressif. Ben mon salaud ! Si j’avais su.


Donc, je faisais de la résistance. Parce quelque chose est en train de se passer dans ce morceau. Viril, binaire, sensuel, plein de groove. Abacab. Quelque chose qui ne s’explique pas, fait grimper ce morceau dans les hauteurs. Un truc qui s’étire dans la longue plage de batterie (bourrin). Les quelques envolées de claviers magnétiques. Quelques riffs électriques. Arghh ! Le riff nous marche dessus, et on aime ça.  Aussi curieux que son titre, ce morceau. Dans ma folie, je l’attribuais à un groupe de rock alternatif des années 80, trop vite disparu, et inconnu. LOL. Qu’elle erreur. Et ça continue avec No Reply At All.


 Autre coup d’éclat, génial lui aussi. La basse à la mélodie, les cuivres à l’unisson, la guitare qui tricote, qui chatouille, Phil Collins qui swingue, comme je ne l’ai jamais entendu. Ce bruit bizarre qui frappe à intervalle régulier comme un coup de sabre, (késako ?). Un grain de poussière qui raye le disque comme un métronome. Ce petit effet « bruit » c’est rien, mais c’est tout. Gênant et bruyant, voire drôle. Un final en forme de réponse. Ça finit aussi endiablé et dansant qu’un morceau funky. C’est carrément soul. Mais c’’est de la musique black ma parole. Qu’est-ce qu’ils me font là ? Ça commence bien. Encore un morceau qui ne ressemble pas du tout au Genesis que je connais. Orignal. Inattendu. Mais malheureusement, il y a la suite.


   Me And Sarah Jane. La chaleur a abandonné vite le disque. Ça redevient vite de la variet, qui se découvre disco reggae( ?) C’est quoi ce truc ? Genesis a eut plusieurs vies, et celle-là, finit par aller dans tous les sens. Dès le troisième morceau, le Phil que tout le monde connaît prend le dessus, et la compo ne sert plus qu’à mettre sa voix en valeur, et son flow très caractéristique en avant. Les longues plages instrumentales, avec pauses et relances, deviennent des explications de texte répétitives. Clichés, relance, grandiloquence, et le sérieux de pape, reprennent le dessus. Keep It Dark. Plus pop, plus dansant. Il a du faire bander les radios FM, celui-là. Un peu bourrin, mais inspiré dans le bourrin. Même dans le bourrin, ils ont tendance à en faire trop. Dommage, ça surcharge le tube, qui ne demandait qu’à rester simple.


   Dodo. Coincé entre le passé (prog), et son futur immédiat(Phil). Faire de la musique pour danser, ou pour écouter ? Telle est l’équation posée par Dodo. Le cul entre deux chaises, la voix de Phil passe entre la puissance de feu des guitares, et l’abatage des claviers, pour un aller direct vers le top 50. Aller sans retour possible. Phil raconte une histoire, et en fait de la variété. Tout ça se résout, et on peut perdre pied, ou s’en contenter. Lurker ? Phil l’emporte, on n’entend plus que lui. Pas très exigeant, ce Lurker. Remplissage qui ressemble un peu à une blague facile.


Whodunnit ? Boîte à rythme. Ballade dans le plus pur style de la pop star Collins. Il a dû en faire une tonne comme celui-là. Et je ne trouve pas celui-là extraordinaire non plus. Je ne l’ai jamais trouvé convaincant comme chanteur, Phil. Son registre pas assez étendu, son timbre singulier, certes, mais peu versatile. Tout le temps la même chanson en somme. Passer de Abacab à ça, c’est écouter le reste de l’album en faisant la moue. Dommage. Man On The Corner ? Mouais. Un peu tout le temps la même chose. Et la pochette, aussi plate que le morceau. Malgré les gros moyens, les chœurs, les excentricités rock-prog aboutissent à un cliché. Un album studio studieux, au son classe. Le cliché Genesis. Tout ça pour ça. Like It Or not. Tout s’écrase sur le mur du success-business, et des réalités commerciales. Classez-les dans la variet. Ils ne demandent que ça.

Angie_Eklespri
5
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le 26 févr. 2018

Critique lue 873 fois

Angie_Eklespri

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