Le troisième album de Muse, Absolution, est souvent présenté comme l’album qui a véritablement consolidé la popularité du groupe, et il est facile de comprendre pourquoi à travers ses singles. Personnellement, j’adore des morceaux comme Time Is Running Out, Hysteria ou Stockholm Syndrome : ce sont des titres qui allient énergie, intensité et virtuosité instrumentale, et qui restent extrêmement efficaces même après de multiples écoutes. Ces singles capturent parfaitement ce que Muse sait faire de mieux : un rock moderne, puissant, précis, avec des mélodies mémorables et des lignes de basse et de guitare qui frappent immédiatement l’auditeur.
Pourtant, quand on regarde l’album dans sa globalité, il y a un contraste assez frappant. Sur le papier, Absolution coche toutes les cases qui devraient me séduire : c’est un concept-album avec une vraie progression narrative, une intro, un interlude, et un fil conducteur thématique qui traverse toutes les chansons. C’est un album de rock moderne, technique, travaillé, ambitieux. Et malgré tout, une grande partie des morceaux me laisse indifférente. Il y a une impression que seul un petit nombre de titres — ceux qui sont devenus emblématiques et joués en live de manière quasi systématique — retiennent vraiment l’attention, tandis que le reste de l’album tombe un peu dans l’oubli.
Je pense que la raison pour laquelle certains morceaux passent plus inaperçus est liée à la densité et à la complexité de l’album. Muse construit un univers très sombre et dramatique, presque cinématographique, avec des arrangements sophistiqués et des atmosphères très lourdes. Si les singles parviennent à combiner cette lourdeur avec des mélodies accrocheuses, le reste des chansons n’a parfois pas ce même impact immédiat. L’auditeur peut alors ressentir une certaine monotonie ou une distance émotionnelle, malgré la qualité technique indéniable des morceaux.
En résumé, Absolution est un album paradoxal. D’un côté, il contient quelques-uns des meilleurs morceaux de Muse, des singles qui définissent le groupe et qui ont marqué leur carrière. De l’autre, il contient des chansons qui, malgré leur potentiel, peinent à laisser une trace durable, et qui paraissent aujourd’hui plus oubliables comparées à l’intensité et à l’impact des titres phares. C’est un album qui mérite d’être écouté dans son intégralité pour comprendre la vision du groupe et apprécier le concept global, mais qui, personnellement, me captive surtout pour ses points culminants plutôt que pour l’ensemble homogène de ses morceaux.