J’ai découvert Oasis tard. Je suis née en 1996, je n’étais donc pas née à la sortie de Definitely Maybe, et avant 2021, je ne connaissais du groupe que Wonderwall et Don’t Look Back in Anger. C’est seulement cette année-là que j’ai écouté l’album pour la première fois.
Ma première impression a été paradoxale. J’ai trouvé Definitely Maybe à la fois surcoté et immédiatement saisissant. Surcoté par sa longueur, sa monotonie apparente, son côté répétitif. Mais saisissant par l’énergie brute qui s’en dégage : une détermination totale, une rage positive, une arrogance assumée. Tout cela, je l’ai ressenti dès la première écoute.
Et pourtant, c’est un album que j’ai appris à aimer. Mieux que ça : plus je l’écoute, plus je le découvre. Là où beaucoup le décrivent comme simple, facile et immédiatement efficace, je perçois aujourd’hui des subtilités qui ne sautent pas forcément aux oreilles au premier abord. Definitely Maybe n’est pas aussi monolithique qu’on le dit.
Ce que j’aime profondément dans cet album, c’est qu’il sait exactement où il va. Il n’hésite jamais. Rock ’n’ Roll Star en est pour moi l’exemple parfait. Noel Gallagher voulait écrire une chanson sur la conviction d’être une rock star, même quand tout — absolument tout — vous prouve le contraire. Et cette idée est traduite de manière totale : les paroles, la guitare, la basse, la batterie, l’interprétation de Liam… tout va dans le même sens. Il n’y a aucune dissonance entre l’intention et l’exécution.
Je ne dirais pas que Rock ’n’ Roll Star est la meilleure chanson d’Oasis. Mais pour exprimer cette idée précise — la foi absolue en soi, envers et contre tout — c’est, à mes yeux, une chanson parfaite. Et c’est exactement ce que j’aime dans Definitely Maybe : cette certitude presque insolente, ce refus du doute, cette impression d’un groupe qui avance droit devant, sans jamais regarder en arrière.