À l’heure où Coverdale, fin 2025, a annoncé avec émotion que sa santé (sa voix ?) ne lui permettait plus de continuer l’aventure Whitesnake et qu’il arrêtait sa carrière sans avoir pu effectuer une dernière tournée (ou même un ultime concert comme Black Sabbath), je me suis replongé dans ce coffret 8 CD qui survole la carrière live de Whitesnake uniquement de 2004 à 2015, de la reformation du groupe avec une nouvelle configuration autour de Coverdale jusqu’au Purple Tour de 2015. Le groupe a depuis continué de tourner mais en sortant juste un album studio en 2019 (« Flesh & Blood »). Le groupe était vraiment bon de la fin des années 70 (la période avec Bernie Marsden, Ian Paice et Jon Lord, quelle tuerie !) à la fin des années 80 avec le succès gigantesque outre-Atlantique. Et puis Coverdale s’est tourné vers de nouvelles aventures durant les années 90. Ce coffret ne comprend que les live officiels sans aucun inédit, concert intégral ou même morceaux supplémentaires, c’est le 1er reproche qu’on peut lui faire. Un concert inédit voire un DVD bonus aurait été un vrai plus. Ensuite, le répertoire repose pratiquement à chaque concert sur les mêmes classiques de Whitesnake («Is this love », « Give me all your love tonight », « Here I go again »…) et quelques-uns du Deep Purple Mark IV (« Burn », « Soldier of fortune »…).
Dans les années 2000, Coverdale a préféré multiplier les albums en concert, plus rémunérateurs, mais faisant parfois doublon ; c’est évident avec le « Made in Japan » et le « Made in Britain » tous deux de la tournée 2011. Enfin, on y entend un leader autrefois doté d’une des voix les plus impressionnantes du rock, qui subit peu à peu les outrages des ans et dont la voix devient de plus en plus rugueuse et caverneuse, jusqu’à ne plus pouvoir aller du tout dans les aiguës, c’est net sur le live de 2015. Le lion rugissant à la crinière flamboyante du passé s’est transformé en vieux bluesman à la voix rugueuse, caverneuse et on ne peut rien contre ça, c’est le cas pour pratiquement tous les chanteurs de cette génération. Après tout, Coverdale est avant tout un bluesman, c’est le fond de sa musique. On devine donc sur chacun de ces enregistrements un gros travail de post-production en studio (peut-être réenregistrement de parties entières ?). Bilan de ce coffret : malgré un chouette livre de 60 pages avec photos et interview de Coverdale qui revient sur ces différentes tournées, il n’apportera rien aux fans du groupe qui possèdent déjà tous ces albums. En plus, aucun de ces live n’est un incontournable, malgré un groupe de musiciens de haut niveau, le seul vraiment légendaire de Whitesnake étant leur 1er, « Live in the heart of the city » de 1980, avec l’équipe de prestige cité précédemment. Enfin, il y a énormément de morceaux qui reviennent d’un live à l’autre et ce coffret n’est pas donné du tout. Une anthologie live comprenant tous ceux qu’ils ont pu sortir depuis celui de 1980, avec pourquoi pas, un inédit des années 80 (ça existe forcément), aurait eu une tout autre gueule. Whitesnake reste et restera un grand groupe, surtout en live, mais le vrai fan qui casse sa tirelire pouvait s’attendre à mieux.