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le 30 janv. 2013
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Advaitic Songs n’est pas un simple album, c’est une incantation. Une prière lente, dense, épurée, à laquelle Om nous convie avec une sobriété presque sacrée. Sorti en 2012, ce disque marque une étape importante dans la discographie du groupe : une forme d’aboutissement esthétique, où le doom psychédélique du départ se mue en liturgie orientalisante, profondément introspective. Si je lui accorde un 7/10, c’est autant pour saluer cette intention singulière que pour souligner les limites d’un disque aussi exigeant qu’ambitieux.
Dès les premières minutes, Advaitic Songs déploie un paysage sonore radicalement spirituel. Ce n’est pas de la musique à proprement parler, mais une expérience. Le groupe y intègre des instruments acoustiques (notamment le violoncelle ou la tabla), des voix féminines inspirées du chant grégorien ou des musiques sacrées du Moyen-Orient, le tout sur des structures rythmiques très épurées, presque immobiles. Le titre d’ouverture, “Addis”, fonctionne comme un seuil : il pose les fondations d’un monde sonore où la lenteur devient langage, où la répétition prend un sens méditatif.
L’album se distingue aussi par son unité. Tout est pensé pour créer un flux continu, une sorte de transe douce, jamais brusquée. Al Cisneros, avec son chant psalmodié, donne au disque une dimension introspective et quasi mystique. Il ne chante pas vraiment : il invoque, murmure, répète. Et dans cette retenue extrême réside une forme de beauté rare.
Mais cette même cohérence peut aussi devenir une forme d’enfermement. Là où certaines pièces, comme “State of Non-Return”, parviennent à instaurer une véritable tension dramatique à l’intérieur de leur lenteur, d’autres peinent à se différencier les unes des autres. L’ambiance générale, certes maîtrisée, finit parfois par se diluer dans une certaine monotonie. L’écoute, à la longue, devient pesante, voire hypnotique dans un sens moins positif du terme.
C’est là le paradoxe de l’album : il vise l’élévation, mais peut susciter la lassitude. Sa grande force – l’ascèse – devient aussi sa limite. Il ne s’agit pas de simples morceaux, mais de méditations sonores. Et cela demande une disponibilité totale, presque rituelle. Écouter Advaitic Songs en fond sonore, c’est passer à côté. Mais s’y plonger pleinement n’est pas toujours facile, tant il exige de l’auditeur qu’il ralentisse, qu’il suspende ses attentes habituelles.
En définitive, Advaitic Songs est un album que je respecte profondément, sans pour autant l’aimer inconditionnellement. Il incarne une démarche artistique sincère, rare, et pour cela, il mérite d’être salué. Mais je ne peux ignorer les moments où la contemplation tourne à l’ennui, où l’ambiance prend le pas sur la musique elle-même.
C’est une œuvre pour certains instants, certaines humeurs, peut-être même certains lieux. Un disque de silence plus que de sons, de présence plus que de mélodie. Un disque que je considère important, mais que je ne pourrais écouter souvent. Mon 7/10 est donc une note de respect, d’admiration nuancée, mais aussi de lucidité : Advaitic Songs est une expérience, mais ce n’est pas toujours une expérience réussie.
Créée
le 15 avr. 2025
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