un cours complèt sur l'esclavagisme en afrique

et si je vous disais que ce titre est à lui seul une encyclopédie sur la colonisation, l'esclavagisme et les traditions d'afrique vue par un journaliste qui ne peut que rapporter les faits... vous me croyez ?

voici un bref aperçu de mes propos sur le sujet (48 pages pour en venir à bout)

Lecture géographique et géopolitique

Et si je vous disais qu’on peut traiter la chose sous d’autres angles… à savoir la traite des noirs…

Du point de vue des noirs (sans offense, ici utilisé en opposition aux colons blanc)

Les antilles sont le point d’arrivée des bateaux négriers avant de partir vers la Louisiane pour les champs de coton, ou y rester pour la canne à sucre.

La Casamance (au sud du Sénégal) est une région de forêts denses, de fleuves et de mangroves. Les populations de cette région (notamment les Diolas) étaient des cultivateurs de riz hors pair. Les esclavagistes cherchaient spécifiquement ces profils pour les envoyer dans les plantations de Caroline ou des Antilles parce qu'ils savaient déjà comment dompter les zones humides.

Pretoria est le rappel que même s'il ne partait pas pour les Antilles, il serait un exilé sur son propre sol. La Casamance, c'est l'Afrique qui s'enfuit (l'exil extérieur), Pretoria, c'est l'Afrique qu'on enferme (l'exil intérieur). Mais elle n'est pas qu'une capitale : c'est le symbole mondial de l'Apartheid. C'est le cœur du système le plus ségrégué de la planète. C'est le point où les "esprits du feu" et les « masques de bois » doivent danser non plus pour accompagner un voyage, mais pour protéger un peuple contre l'écrasement.

Bagamoyo (sur la côte, en face de Zanzibar) signifie en swahili "Laisse ici ton cœur". C'était le port où arrivaient les caravanes d'esclaves capturés dans la région du lac Tanganyika.

Malawi est le cœur du moteur de la traite dans l'Est africain. était le terrain de chasse privilégié de la traite orientale. Les captifs n'allaient pas vers les Antilles, mais vers Zanzibar et les pays arabes. Le Malawi a une histoire coloniale liée de manière sanglante à la culture du coton et du tabac (imposée par les Britanniques). C’était le travail forcé sur place, une autre forme de déportation : on ne t'emmène pas forcément ailleurs, mais on te rend étranger à ta propre terre en te forçant à cultiver une plante que tu ne peux pas manger, pour des banques (Léman) que tu ne verras jamais.

Nairobi, pour les noirs ne partant pas sur l’océan, c’est le lieu de départ vers l’océan Indien… dire adieu à Nairobi, c'est dire adieu à la ville qui a orchestré la fin de son monde pastoral.

Saint Louis, c’est l’un des lieux de débarquement des noirs pour partir vers les champs de cotons.

Dire adieu à Yaoundé, c'est quitter le dernier rempart avant l'océan, le dernier endroit où l'on pouvait encore entendre le murmure de la forêt profonde. Géographiquement, dans le parcours d'un déporté ou d'un exilé, Yaoundé est souvent l'étape ultime avant d'être envoyé vers le port de Douala, le point de non-retour vers les Antilles ou l'Europe.

Les lacs salés, on pense tout de suite au Lac Assal (Djibouti) ou aux étendues de l'Éthiopie et du Nord-Kenya (Lac Turkana). C'est une terre où rien ne pousse. C'est blanc, c'est stérile, c'est brûlant. Si le Vieux Kenya est le point de départ (la vie), les Lacs Salés sont souvent les zones de transit les plus atroces pour les caravanes d'esclaves. C'est là qu'on meurt de soif, là où le sel brûle les pieds en sang des captifs. C'est l'étape de la "purification par la souffrance".

Le vieux Kenya… la terre des origines, la savane originelle, le berceau de l’humanité. C'est le paradis perdu. C'est l'Afrique d'avant les barbelés, d'avant les rails de Nairobi. C'est une terre de pâturages infinis. Dire adieu au Vieux Kenya, c'est dire adieu à la liberté de mouvement, à l'époque où les hommes suivaient les saisons et non les horaires de train. Le Vieux Kenya est au cœur de l'Afrique de l'Est, fertile et vert sur les hauts plateaux. Les Lacs Salés tirent vers le Nord-Est, vers la Corne de l'Afrique et la Mer Rouge. C'est le chemin vers la traite orientale. C’est le lieu ou l’on dit adieu à la fertilité (Kenya) pour s'enfoncer dans l'enfer minéral (Lacs Salés) avant d'être embarqué.

Du point de vue des colons…. Qui chassaient les noirs… (c’est triste mais c’est un fait)

La casamance , historiquement, c'était une zone de "chasse" pour les négriers, mais aussi une terre qui a lutté farouchement contre l'envahisseur… Contrairement au Nord plus aride, c’est une terre de résistance et de refuge.

Prétoria, outre la prison pour noir qu’on a déjà évoqué, est le lieu ou s’équiper en arme et matériel… autant pour le braconnage que pour la chasse aux noirs. Pretoria tire son nom de Pretorius, un leader des Boers (colons néerlandais/afrikaners). Dire « afrique adieu » c'est acter que la terre a été rebaptisée par l'occupant. C'est l'adieu à une terre dont on a même changé le nom des collines.

Si les Antilles et le Sénégal renvoient à la traite atlantique (vers l'Amérique), le lac Tanganyika est le symbole de la traite orientale (vers le monde arabe et l'océan Indien).

Le Malawi est le pays où la traite a duré le plus longtemps (jusqu'à la fin du XIXe siècle). En l'incluant, ton narrateur dit adieu à une Afrique qui a été assiégée de l'intérieur. Au Malawi c'est le grand paradoxe. Le feu vient consumer l'eau du lac. C'est l'image de la terre brûlée. On brûle les villages pour capturer les gens. Le lac Malawi est une mer intérieure. Voir le feu "consumer l'eau", c'est l'image de l'apocalypse. La traite orientale passait par là. Brûler les villages au bord du lac pour acculer les populations vers l'eau et les capturer. Le "feu" ici, c'est celui des fusils des marchands d'esclaves. C'est une terre de cendres où l'esprit de l'eau (le protecteur) a été vaincu par l'esprit du feu (l'agresseur).

Nairobi n'existait pas avant que les colons britanniques ne décident d'y installer un dépôt ferroviaire. C'est une ville née de la volonté de relier l'Océan Indien à l'intérieur du continent. Nairobi représente la mécanisation de l'exil. Ce n'est plus la marche à pied dans la brousse, c'est le train qui transporte les ressources (et les hommes) comme de la vulgaire marchandise. C'est l'Afrique que l'on a "quadrillée" et découpée à la règle pour que les richesses partent plus vite vers les ports. C'est la ville des bureaux, des recensements, des impôts et des laissez-passer. C'est le lieu où l'on a transformé les guerriers et les éleveurs en main-d'œuvre urbaine. C'est une autre forme de déportation : tu restes sur ton continent, mais on t'arrache à ta culture pour t'entasser dans des bidonvilles naissants (les prémices de Kibera).

Si on parle de pays… le sénégal, c’est la plaque tournante du système colonial. On y retrouve la Casamance, Historiquement, la Casamance n'était pas qu'un paradis de rizières. C'était une zone de résistance, mais aussi de razzias intenses. Les Portugais, puis les Français, utilisaient les rivières de Casamance pour s'enfoncer dans les terres et "récolter" le bois d'ébène. L’île de Gorée est absente du texte mais omni présente… à cause des maisons d’esclaves, le bord de mer est également évoqué en sous texte qui est à la fois le rivage mais la limite entre la vie et la mort, la terre natale et la mort sociale à travers un océan à parcourir.

Saint Louis est le lieu de vente des esclaves capturés en Afrique et revendu aux propriétaires de champs de cotons. L’une des fins de voyages et surtout la rentabilisation de la chasse. (il est à noter qu’il existe deux saint louis, celui pour quitter l’affrique et celui d’arrivée aux états unis).

Avec Yaoundé, on entre dans un décor très spécifique, celui de la forêt équatoriale et de l'étouffement. Si Nairobi est la ville du fer et du rail, Yaoundé est la ville de la clôture. Yaoundé a été choisie par les colonisateurs (Allemands d'abord, puis Français) car elle est située sur un plateau, à l'abri des moustiques de la côte (Douala), pour mieux régner sur l'intérieur des terres. C’est aussi là qu’on retrouve l'administration qui verrouille l'accès aux ressources. C'est là qu'on décide du sort des bois précieux, du cacao et du café.

Les lacs salés sont souvent les zones de transit les plus atroces pour les caravanes d'esclaves. C'est là qu'on meurt de soif, là où le sel brûle les pieds en sang des captifs. C'est l'étape de la "purification par la souffrance".

Du point de vue de la destruction de l’affrique

Le tanganika… En 1982 (sortie de la chanson), le Tanganyika n'existe plus sur les cartes officielles depuis 18 ans ! En 1964, le Tanganyika a fusionné avec Zanzibar pour devenir la Tanzanie. En utilisant ce nom, Sardou (et ses paroliers) ne décrit pas un pays, mais un souvenir colonial. C’est l’Afrique des vieux manuels scolaires de la IIIe République.

A Nerobi, l’homme blanc a remplacé la nature par du goudron.

Au Yaoundé, cela prend une résonance de résistance occulte. C'est la ville où le béton essaie de masquer les racines, mais où la forêt gronde toujours en dessous.

Dès lors, on peut voir cette chanson comme le cri d’un africain déporté et la réponse de son peuple…

La casamence est le dernier espace vert africain que le noir verra avant de monter sur un bateau pour l’autre bout du monde. le refrain "Afrique Adieu" devient un cri de déchirure absolue, le deuil d'une identité qu'on lui retire de force.

Les masques de bois n’ont plus dans leurs yeux l’éclat d’autre fois représente les sculptures faites par les africains sur les terres de déportations… ce sont leurs légendes mais sans la mère patrie.

là ou tu iras, les esprits du feu danseront pour toi… signifie que peu importe ou l’africain ira, le reste de sa patrie ne l’oubliera pas. Si le déporté vient de là, il emporte avec lui des esprits qui sont particulièrement coriaces. Ce sont ces esprits-là qui, une fois arrivés aux Antilles, vont devenir le socle de la résistance culturelle.

C'est l'Afrique qui murmure à ses fils déportés : "On peut t'enchaîner, on peut t'emmener au bout du monde (Antilles, Louisiane), tes racines et tes dieux voyagent avec toi." C'est la naissance du Vaudou, du Blues, de la Santeria. C'est l'idée que l'Afrique est un esprit qui ne meurt pas, même en exil.

Et si on parlait des esprits et des masques… et traditions générales d’afrique

Au Tanganyka, l'Empire des Esprits de l'Eau, on ne sculpte pas le masque pour cacher le visage, on le sculpte pour donner un corps à ce qui est invisible sous la surface du lac. Les Esprits "Mizu" et la Mémoire Liquide… Dans les traditions des peuples riverains (comme les Ha ou les Bembe), le lac est peuplé de Mizu (esprits des ancêtres).

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le 7 févr. 2026

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