Je me souviens d'avoir écouté la 1ère version sortie en CD dans les années 80 de ce concert et j'avais été déçu non pas par la prestation mais par le son de de CD, faiblard: il fallait vraiment monter le volume pour obtenir un peu de puissance. Cette édition en double CD est heureusement la version remasterisée de l'album sortie en 1996 (et en 2001 aux Etats-Unis) et ça s'entend: un son plus clair, plus puissant, on n'a pas besoin de pousser le bouton du volume! C'est l'exemple d'une bonne resmasterisation (même si avec les moyens techniques actuels, on obtiendrait sans doute un son encore bien meilleur). Du coup, la déception que j'avais eue dans les années 80 est effacée et on profite à plein régime de cet excellent concert. Après quelques années d'existence, le groupe de Mark Knopfler se produisait à l'Hammersmith Odeon de Londres pour achever son Love over gold Tour, les 22 et 23 juillet 1983 (ça n'était pas encore les grands stades qui allaient suivre mais des salles accessibles et à taille humaine). J'aurais bien voulu voir le groupe dans ces conditions-là mais je ne les ai vus qu'en stade, on perd donc forcément en intimité ce qu'on gagne en ambiance...L'ambiance d'ailleurs est ici bien chaude, le public n'hésitant pas à participer et le groupe joue fabuleusement, Knopfler (un des meilleurs guitaristes de sa génération, on ne le répétera jamais assez) parfaitement secondé par les autres musiciens (dont John Illsley à la basse, Alan Clark aux claviers et Mel Collins au saxo). Le répertoire comprend des titres de leurs 4 premiers albums et mélange titres courts et longs/ titres lents et rapides: l'alternance entre le boogie rock Two young lovers et l'épique Tunnel of love de près de 15 mn en est un parfait exemple. Le groupe sait parfaitement varier les ambiances pour embarquer le public avec lui. Sultans of swing, toujours fabuleux, est un des moments phare du concert (quel solo, bon sang!) mais ma petite préférence va à Telegraph Road, époustouflant (+ de 13 mn). Le concert se termine par le thème du film Local Hero, un superbe instrumental, Going Home. Une prestation fantastique que je suis content de posséder dans une édition où le son vaut le détour.