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20 critiques
à l'aide...
Grosse grosse hype autour de Mike Levy qui jusqu'à présent n'avait fait que des EPs somme toutes répétitifs avec quelques fulgurances. Le voir se lancer dans un album ne m'inspirait donc rien de très...
le 23 nov. 2013
J’ai remarqué qu'il y a une tendance récente qui consiste à changer la cover d’anciens albums (ex : Charli XCX qui a changé la font et l’illustration de ses opus précédants sur les plateformes de streaming pendant son ère BRAT en 2024)... Gesa en a fait de même pour Aleph, et ce détail porte une certaine importance !
Mike Levy, possède un des personas qui me fascine le plus dans cette industrie de la musique. Son nom de scène, Gesaffelstein est une contraction des mots ; "Gesamtkunstwerk" qui signifie "œuvre d’art totale" et le nom "Einstein" en référence au savant de génie. De là on comprend qu’il a la prétention de produire de grandes œuvres. Mais également d’incarner la perfection de son art de façon immersive, étant donné qu’il est total.
On comprends alors pourquoi il se vêt avec un costume chic et un masque sculptural signé Balmain qui représente son visage. Bien que ça paraisse être une fantaisie cool pour protéger son identité... Allez chercher sur google son nom, on voit immédiatement des clichés de son visage en première page. Alors soit, je convient bien sur le fait que ça lui évite déjà de produire un engouement autour son identité civile disons... Mais l’effet le plus direct de cette mise à distance entre lui et le public, c’est qu’il se place comme un artiste innaccessible. Il en tire une aura d’œuvre d’art qui n’est timide pas de sa structure faciale, et qui ne vieillit jamais. Et cette manie de rester masqué se manifeste dans le fait qu’il se rende aux Grammys avec son masque. Ou bien encore, qu’il quitte un show en Amérique Latine à bord d’une voiturette, la tête enroulée d’un drap. (Lol)
Gesaffelstein c’est un de ces rares artistes qui ne joue pas le jeu factice du star system, enfin presque vu qu’il a été gratifié d’un grammy...
D’ailleurs, notons qu’il y a eu un temps où il portait un ensemble métallique avant qu’il n’opte plus tard pour un ensemble noir.
Tout ces détails subtiles le mystifient. C’est discret mais ça en dit beaucoup sur son univers et c’est ça qui est fort avec son identité d’artiste.
Bon et Aleph dans tout ça ?
Revenons-y.
Aleph désigne un ordinal initial infini en mathématique. Dans la Kabbale (tradition ésotérique du Judaïsme), c’est une lettre Hébraïque qui a une valeur gématrique qui permet d’intérpreter les secrets de la Torah laissés par Dieu. C’est une lettre silencieuse, elle vaut 1 et c’est la première lettre de l’alphabet. L’Aleph c’est un point d’unité qui représente l’unité de la vérité divine du monde concentré en Dieu. Sa valeur attribuée en mathématique fait plus sens ainsi...
Donc rien que le titre de l’album est révélateur de l’intention de l’artiste qui jusque là n’avait produit que des mixtapes ou des EPs décrits comme de la techno noire. Il s’est vu attribué le titre de "prince de la techno noire" par les médias. Donc là il s’agit de son introduction en tant qu’artiste de l’industrie. Intituler son premier album studio ainsi implique la symbiose de son identité sonore et ainsi que de son storytelling sur cet album.
Chaque morceaux s’imbrique dans un ensemble cohésif écorché et cinématographique. Le travail sonore est supporté par des synthées menaçantes comme sur Pursuit, des sons de percussions bourrines, des batteries qui miment des bruits de fusils que l’on retrouve notamment sur Hate Or Glory. Le tout étant embrumé par des thématiques au présage dystopique, politique, totalitaire, presque transhumain (en se basant sur les titres des morceaux et les paroles).
Et tout ça... Bah ça fait presque écho à la transformation de Mike Levy en Gesaffelstein.
L’illustration de l’album c’est un cryptage sur un disque doré. Cela évoque bien-sûr les délires ésotériques tels que la matrice gnostique créée par un démiurge.
Bin aujourd'hui la cover de l’album d’Aleph est noire. Noire comme le costume de Gesa. Le noir symbolise le deuil, parfois le deuil de croyances, et en occultisme c’est la couleur qui échappe à la simulation.
C'est en cela que je pense qu’Aleph est conceptuellement excellent, soniquement divertissant et que c’est l’album le plus représentatif de ce qu’est Gesaffelstein.
8/10
Créée
le 9 mars 2026
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