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Ottawa en 1984 : Jeff Waters fonde Annihilator, groupe de heavy metal qui va galérer pendant quelques années pour s’imposer, la faute à un line-up instable (3 chanteurs se succèdent, dont Waters, avant ce 1er album…). Et pourtant, le monsieur connait ses classiques sur le bout des doigts, les Metallica, Slayer (grosse, énorme influence) ou encore Van Halen, pas de doutes. Après plusieurs EP, ce n'est qu'en 1989 que le groupe signe chez Roadrunners Records avec la sortie de leur 1er album, « Alice in Hell ». C’est peu de dire que cet album va faire l’effet d’une bombe, un classique instantané, mélange de plusieurs styles, du thrash au speed metal (« Ligeia » lorgnant vers Slayer, tiens…). Toutes leurs influences sont incorporées et parfaitement assimilées pour donner un album d’une puissance voire d’une rage assez rare. C’est Randy Rampage qui va assurer le chant (et de quelle manière !) mais qui ne restera que pour un album…décrivant Waters comme un véritable obsédé de travail, passant 2 ans à peaufiner ses parties de guitare et de basse pour enfin donner naissance à son premier album. L’intro en est ahurissante, là où on s’attend à un déluge de décibels, on a droit à "Crystal Ann", un sublime instrumental flamenco ! Oui, oui, la poudre ne se met à parler qu’à partir du 2e morceau, mais là ça ne s’arrête plus ! "Alison Hell" qui suit reste le chef-d'œuvre du genre avec ses breaks furieux, son refrain indélébile et les attaques de Waters. La suite déboule un peu comme un char d’assaut lancé à pleine allure et écrasant tout sur son passage. Rien ne déçoit : "Word Salad" et surtout "W.T.Y.D." n'ont (presque) pas à rougir de la comparaison, les sept autres morceaux envoient la purée sans aucune baisse de régime. De "Wicked Mystic", zébré d'un solo typique de Waters, toujours très précis et sans fioriture malgré une approche assez technique, à "Schizos (are never alone)", de "Burns Like A Buzzsaw Blade" à la longue et nerveuse mise en bouche, au véloce "Human Insecticide", le menu défile à toute berzingue et on finit rassasié. A noter une prise de son puissante qui permet à tous les instruments de s’exprimer, la basse entre les mains expertes de Waters (eh oui, il est le chef d’orchestre de cette œuvre, aussi à la basse !!!), qui claque à chaque note, la batterie de Ray Hartmann, tandis que le chant de Rampage reste dans toutes les mémoires. Le résultat 35 ans plus tard dépote toujours autant et ça, on peut le dire au final d’assez peu d’albums des années 80. Malheureusement, Annihilator n’a sans doute pas connu le succès qu’il aurait mérité et est resté en quelque sorte en 2nde division, malgré cette œuvre centrale, car ses changements assez continus de musiciens n’ont pas permis d’en assurer la stabilité nécessaire à n’importe quelle formation pour développer sa musique. Rampage est revenu dix ans plus tard, pour « Criteria For A Black Widow », tentative avouée mais seulement à demi-réussie de renouer avec le style (et le succès) originel.
Créée
le 17 sept. 2024
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