J’avoue qu’en 1997, à sa sortie, après sept années sans album du groupe de Paddy McAloon, j’étais resté sur ma faim. Je m’attendais à entendre à nouveau des tubes pop indestructibles comme « When love breaks down » ou « Cars and girls », qui donnent envie de chanter à tue-tête le refrain et taper dans ses mains. J’étais donc passé un peu à côté. C’est que cet album se mérite et ne s’écoute pas d’une oreille distraite. On est dans de la pop la plus pure et délicate qui soit, héritière directe des géniaux Beatles, pas dans du gros tralala pour MTV et radio FM. Non, McAloon est un orfèvre et si comme moi, fan de base, les critiques avaient été en partie mitigées à l’époque, en le réécoutant presque trente ans après, je le savoure comme un bon vin qui aurait pu décanter et donner tout son arôme. Car des merveilles, il y en a ici, à commencer par les deux singles qui en ont été extraits (dans l’indifférence honteuse assez générale, faut-il le préciser), « Electric Guitars » et surtout « Prisoner of the past », d’une beauté sidérante, un de mes titres préférés, de la dentelle je vous dis ! De la pop où la mélodie est reine, les chœurs angéliques de Wendy Smith se mariant par magie avec la voix de McAloon, les arrangements d’une finesse extrême, et la nostalgie jamais facile s’empare des paroles (« Anne Marie » avec un solo du trop méconnu Martin Taylor, « Avenue of stars » ou encore « Andromeda Heights »). Malheureusement, juste après sa sortie, Wendy a décidé de quitter le groupe pour devenir professeur de chant et Prefab Sprout, sans elle, n'allait plus jamais être la même formation. À l’époque de ma jeunesse, j’aurais mis un petit cinq étoiles. Comme quoi, l’âge et l’expérience vous font entendre les choses autrement !