Entre une promo catastrophique et une sortie calamiteuse, le huitième (et tant attendu) album de Rihanna est là… tout comme la douche froide.
Remettons tout de suite les pendules à l'heure : contrairement à ses prédécesseurs, notamment (et surtout) Unapologetic, ANTI a le mérite d'être vraiment travaillé. Il y a vraiment une réelle recherche, et une cohérence qui s'affichent clairement, et pour cela, je ne peux que la féliciter. Artistiquement c'est un gros risque, qui peut s'avérer payant. Seulement, pas sur moi.
Porté par le single Work qui se trouve être (au final) le morceau le plus exploitable de cet opus, ANTI est d'abord très urbain avec des sonorités lourdes et métalliques, puis très gospel/soul. L'ennui, c'est que malgré tout, ça reste incroyablement plat. Ça stagne tout au long, et c'est là que le bas blesse. Certains morceaux sont carrément inaudibles tel que Woo qui frôle la cacophonie, ou l'abominable Higher où la voix de Rihanna me fait l'effet d'une fourchette raclant un tableau noir.
On notera quelques pistes qui arrivent à adoucir le goût amer que l'on peut avoir en écoutant le tout : je pense par exemple à Kiss It Better ou le très doux Never Ending, même si je regrette le manque d'évolution pendant les morceaux, ce qui nous donne la sensation (pour rester dans la métaphore culinaire) de manger un mets en soi pas dégueulasse, mais manquant de sel.
En conclusion, un album clairement déroutant, qui ne plaira pas à tout le monde, avec une prise de risque, de l'investissement et une réelle cohésion. Mais le tout est morne et sans relief, ne méritant pas plus que la note de 4/20 pour ma part.