Ce disque de 33 minutes, première introduction à la prochaine évolution de Scowl, répond à une question posée sur leur début : « Je veux juste savoir, est-ce comme ça que poussent les fleurs ? » La réponse est oui. Elles éclosent et s’épanouissent en quelque chose de merveilleux, qui possède encore un énorme potentiel prêt à être semé.
Le résultat est un album qui paraît vaste et libéré, tout en affichant un cœur punk féroce. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, une chose est claire : les ambitions de ce groupe s’envolent vers le ciel.
Ces 11 morceaux sont implacablement mélodiques, puisant dans la pop-punk soulful des Descendents et le grunge hymnique de Hole plutôt que dans les pairs hardcore de Scowl, taillés pour retourner les pits. Le scream impitoyable de Moss surgit de façon marquante à quelques reprises, notamment sur « B.A.B.E » et sur le morceau de clôture éponyme, mais l’essentiel se joue dans une élégante euphonie rock qui se déploie à travers des approches d’écriture variées et pourtant cohérentes.
À l’image de No Doubt, qui a réussi à être le groupe ska qui n’était pas toujours un groupe ska, Scowl réussit à être Scowl : les structures construites autour d’eux sont sans importance, ce qui me fait repenser à l’image du papillon de nuit brisant son cocon, geste nécessaire à sa survie et à son évolution.
Les fans de jeunes pousses punk contemporaines comme Lambrini Girls, Turnstile, Amyl and the Sniffers et The Linda Lindas devraient trouver de quoi aimer Are We All Angels, une dose revigorante d’énergie punk juvénile, sans fioritures.