John Coltrane : Ascension 1966 Impulse !
Te sens tu prêt ? Oui je crois ça y est, je me lance, je vais enfin le foutre sur la platine celui là, le voyage ne sera pas simple mais faut le faire !
Votre humble narrateur est à l’orée de ses 39 ans ( dans quelques mois ) vous me direz, pourquoi cette digression ? Pourquoi il parle de lui celui là ?
Et bien car c’est précisément à cet âge là, le même que Coltrane avait quand il enregistra se disque, que je me décide enfin à gravir cette montagne qu’est « Ascension »
Peut être me suis-je octroyé cette petite fantaisie calendaire sans grand intérêt si ce n’est pour m’imaginer en contemporain de ce qui se passe ici.
Plus un trip perso qu’un intérêt réel mais certes.
Manifeste du Free Jazz. Déjà bien amorcé 5 ans plus tôt par son maître à penser, Monsieur Ornette Coleman et son fameux « Free Jazz: a Collective improvisation » ça ne s’invente pas…
Ce n’est plus son quartet mythique ici , ni un quintet d’ailleurs, ni un sextet . C’est un bordel organisé par 11 musiciens ! Et quels musiciens !
Évidemment ses fidèles Jones/ Tyner/ Garrison sont toujours de la partie.
Ajoutez à ça les jeunes génies Pharoah Sanders et Archie Shepp aux Sax et Freddie Hubbard à la trompette. Il y’a aussi Marion Brown, Art Davis, Dewey Johnson et John Tchicai.
Tout ce beau monde participe donc, en cette session de Juin 1965 à l’acte « définitif » de Coltrane.
Exaltation expressionniste abstraite. Qui joue quoi ? Quand ? Difficile de discerner ,tout le monde joue ensemble parfois même.
Une force tellurique, une avant garde encore d’avant garde presque 60 ans plus tard.
Un sommet d’art total une « ascension » vertigineuse vers quelque chose d’indicible , impossible à intellectualiser. Non ici tout n’est question que de ressenti.
On y rentre ou pas, personne pour vous tendre la main. Alors certains puristes s’insurgeront à la sortie de cet album, pensant que Trane va trop loin, se fout de la gueule du monde. Et puis il y’a les autres, peut être plus béotiens va savoir, qui n’en reviennent pas de ce qu’ils viennent d’entendre et vouent quasi instantanément un culte à ce disque majeur de la discographie de Trane.
Adulé ou Honni c’est selon. La marque des œuvres qui font date, le compromis n’est pas une option.
Choisis ton camp… ou pas, ce n’est que de la musique après tout.
Enfin… est-ce que ce ne serait pas plus que ça en fait ?