Un bel et doux anniversaire à Joey Bada$$, héritier légitime du rap ny! L'année passée en ce 20 janvier, nous accordait l'autochtone de Brooklyn: B4.DA.$$, son premier album.
Un jeune irrévérencieux de 20 ans -qui aspire à s'en sortir- démentele tout le mouvement rap.
La couverture de l'album nous montre Joey de dos, au premier plan, marchant vers la ville de New York, comme s'il était sur le point de conquérir le peuple par ses textes. Une photo en noir et blanc, laissant ainsi paraître "B4DA$$" tout en majuscules, écrit aux couleurs: jaune, rouge, noir et vert... fondement du drapeau jamaïcain. Le rappeur y est particulièrement attaché et pour cause, la Jamaïque est la terre de ses origines, il y puise l'énergie et la retranscrit dans sa musique.
B4.DA.$$! Un flow qui respire les vertus du rap des années 90. Bercé par un vent à influences East-Coast en n'omettant pas la Jamaïque, l'ensemble poussé par des samples, de biens classiques (nostalgiques sur les bords). Les beatmakers ne sont autres que Hit-Boy, Basquiat, Freddie Joachim, et Statik Selektah qui signe quatre production. On aime!
Son rap est marqué par quelque chose d'acerbe, ponctuée par des punchlines agressives, percutantes. Il démontre ses aptitudes à poser sur des prods old school bien plus épineuses que celles actuelles.
Une très belle emprunte vocale, des proses riches... il y a de quoi s'en targuer.
Il nous lacère les oreilles sur No.99, un flow des plus purs mais assassins à la fois. Avec cette basse qui nous plonge dans une sombre atmosphère, autour de laquelle s'articule le sample, nous sommes pour le moins averti. Plume transcendante, rythmée par une telle hargne!
Curry Chicken, je souligne une nouvelle fois le beat; une touche soul / jazz très bien exécutée. Un breakbeat dans Escape 120 et Teach Me. Je note un joli hommage à Marvin Gaye avec Save the Children et son émanation volette, ailée.
Je donne mon cœur à Christ Conscious. La perle de l'album. Dès l'introduction le beat, les lignes ouvertes "Mother mothersucker" "Microphone checker" nous prennent. Bada$$ y est à son aise, il s'octroie le droit de chantonner, un "dum da da da dum da" léger, aérien, si agréable qu'on se laisse enjôler. Le flow, bien avant ses qualités littéraires intrinsèques, lui suinte la peau. Oh oui, aucun doute, nous sommes dans le Bronx. Comme une ambiance ardente arpentant le bitume.
Je me suis laissée une première fois surprendre par Joey Bada$$ avec Waves (2012), il réitéra avec B4.DA.$$, cette fois-ci, je m'abandonnai...
00:12, à l'heure où j'écris, Black Beetles en fond sonore.
J'oubliais! Je manque à mes obligations... Une brève prèsentation s'impose. Parmi les principaux activistes de la nouvelle vague hip hop; Joey Bada$$ je vous prie. On salua son prodige après la sortie de sa mixtape 1999 acclamée par la critique. Une carrière longue de 4 ans, a déjà collaboré avec A$AP Rocky, Kendrick Lamar, Audio Push, Hit-Boy, Action Bronson, Mike Posner, Mac Miller, Casey Veggies bla bla bla, je passe.
Ici, c'est avec BJ the Chicago Kid, Chronixx, Maverick Sabre, Dymeond Lewis et Raury qu'il s'associe. Des artistes que je découvre...
Joey Bada$$ s'élève, méprise les numéros 1 du rap game et surplombe New York. Un avenir riche en promesses...
"Tell 'em we the badass motherfuckers that they heard about Yes, I guess the word is out, we comin' for the top dollar"
PS: N'étant pas bilingue affirmée, à l'ère d'Internet, je m'appuie sur divers sites de traduction de paroles. Je vous encourage à faire de même, c'est une manière d'attiser sa curiosité. Pour les beaux cagnards... contentez-vous d'apprécier Bada$$.
Amoureusement vôtre, Arouet Marie.