Dernier album en date d'Ed Motta en 2023, ce "Behind the Tea Chronicles" arrive après une vingtaine d'albums en un peu plus de trente ans de carrière. Autant dire que Motta n'est pas un jeune débutant mais possède une sacrée expérience derrière lui. Pourtant, sa notoriété reste cantonnée surtout au Brésil, un peu en Europe depuis son album "AOR" en 2013 (le 1er en anglais) mais pas du tout en Amérique du Nord. Il a développé de la musique west coast, du pop rock californien, avec un gros travail sur le son et les arrangements (les cordes en particulier). C'est un musicien complet, excellent pianiste, improvisateur et arrangeur, inspiré par le cinéma, dans les paroles autant que la musique. Son admiration profonde depuis son adolescence va à la musique de Donald Fagen et Walter Becker de Steely Dan. Sur "Behind the Tea Chronicles", on entend l’Orchestre symphonique de Prague, une section de cuivres enregistrée à Détroit et d’excellents musiciens brésiliens comme le guitariste Joao Oliveira . S’ajoutent du xylophone, de la harpe, des solos de flûte. Tout cela avec un mélange de funk, soul, jazz, rock. La pièce "Gaslighting Nancy" est une de celles qui résument le mieux la synthèse de Ed Motta. L’influence de Steely Dan est parfaitement audible et totalement assumée par l’imposant compositeur chauve et barbu, en particulier dans des titres comme "Slumberland" et "Deluxe Refuge". "Of Good Strain" rappelle davantage une musique de film français. Avec cet album, Ed ouvre sa palette et c'était toujours très agréable.