Berdreyminn
7.2
Berdreyminn

Album de Sólstafir (2017)

Parle à mon cerveau, mon âme est malade

J'allais ouvrir cette chronique en affirmant que les Islandais de Sólstafir sortaient des albums en rafale, ces temps-ci. Vérifications faites, ce Berdreyminn sort trois ans après leur précédent opus, Ótta. J'ai failli avoir l'air con. J'ai l'habitude. notez.


Comme je l'ai déjà dit précédemment, Sólstafir est un groupe qui, musicalement, ressemble à un croisement sauvage entre Sigur Ros et Fields of the Nephilim, avec des vrais morceaux de Pink Floyd dedans. Du metal progressif goth contemplatif, hurlé en islandais à la face du monde.


Dans sa version deluxe, Berdreyminn compte dix pistes entre quatre et huit minutes (et un silence d'une minute, "Svart Blóð") pour une durée totale de plus d'une heure, ce qui est à mon goût un peu long.


Sans être aussi contemplatif que son prédécesseur, cet album n'est en effet pas des plus remuants. J'y retrouve aussi le même problème: le mélange prog/metal/goth est loin d'être tout le temps harmonieux. Certains morceaux ont un pur vibe nephilimien ("Ísafold", "Hvít Sæng"), d'autres sont franchement contemplatifs ("Hula"); il manque à cet album une forme d'harmonie.


Et puis j'avoue que je ne suis pas fan non plus de la voix: ces chants hurlés ont certes un côté rugueux qui colle bien avec l'ambiance, mais il y en a beaucoup et pas toujours à bon escient. À la longue, ça me lasse.


Cela dit, je ne déteste pas cet album pour autant. Il a une vraie ambiance, un caractère; la musiquer de Sólstafir a une réelle personnalité et, si cette personnalité n'est pas toujours plaisante, elle a le mérite d'être authentique.


En fait, je soupçonne que Sólstafir est un groupe que je suis principalement par intérêt intellectuel; le plaisir que m'apporte leur musique est plus cérébral qu'émotionnel, à moins que la nostalgie de la bande de Carl McCoy et ses cow-boys de l'apocalypse y soit pour quelque chose.


Je peux donc difficilement recommander Berdreyminn de bonne foi, mais je peux néanmoins vous encourager à y jeter une oreille sur Bandcamp.


Article précédemment publié sur alias.erdorin.org

SGallay
7
Écrit par

Créée

le 26 juil. 2017

Critique lue 259 fois

Critique lue 259 fois

2

D'autres avis sur Berdreyminn

Berdreyminn

Berdreyminn

9

Mephiles

le 30 mai 2017

Suivre

Solstafirmament

Le groupe islandais s'est fait plutôt attendre. Leur dernier album datant de 2014. Outre l'EP de 2016 qui était vraiment réussi, un nouvel album était assez espéré. Qu'en est-il? Et bien j'ai adoré...

Berdreyminn

Berdreyminn

7

SGallay

le 26 juil. 2017

Suivre

Parle à mon cerveau, mon âme est malade

J'allais ouvrir cette chronique en affirmant que les Islandais de Sólstafir sortaient des albums en rafale, ces temps-ci. Vérifications faites, ce Berdreyminn sort trois ans après leur précédent...

Berdreyminn

Berdreyminn

9

lcs_hbr

le 4 juin 2017

Suivre

Une balade dans les fjords ?

"Le morceau le plus représentatif de ce mélange serait "Dýrafjörður", avec son intro au piano et un ensemble à corde, très mélancolique, un aspect emprunté directement à Ótta. Vient ensuite un solo...

Du même critique

Sunstone, tome 1

Sunstone, tome 1

8

SGallay

le 25 avr. 2015

Suivre

Je n'aime pas le BDSM, mais...

Vous vous souvenez de la série « je n’aime pas N, mais… »? Eh bien Sunstone, bande dessinée signée Stjepan Šejić, en est une nouvelle illustration, avec en N le BDSM. Principalement parce que...

Rituals

Rituals

8

SGallay

le 19 mars 2016

Suivre

On ne Satan pas à tant de mélodie

Parmi les groupes que j'évite de mentionner au bureau (note: je bosse pour une organisation chrétienne), Rotting Christ, dont le nouvel album, Rituals, vient de sortir, figure en assez bonne place...

Prokopton

Prokopton

9

SGallay

le 3 avr. 2019

Suivre

Attention: (double) tuerie!

La période semble être propice aux formations qui, après un premier album sympathique, déboulent avec un machin monstrueux en guise de confirmation. C’est le cas d’Aephanemer qui, avec Prokopton,...