Ce 15e album de Yes est dans la lignée directe de « 90125 », celui qui l’a précédé en 1983 avec un succès phénoménal. La bande à Jon Anderson continue sur la voie du « pop-rock-FM-MTVisée » avec couleurs flashantes sur la pochette (on est loin des mondes visuels de Roger Dean, mais le groupe y reviendra). Bien entendu, les amateurs de rock progressif seventies ne peuvent que se boucher les oreilles car ici, on est loin. Mais comme pour le précédent, il faut reconnaître à la formation un vrai sens de l’efficacité d’entrée avec « Rhythm of Love », fait pour les radios FM et qui rappelle le Police des années 80 (aussi évident que sur « 90125 »). « Almost like love » est aussi dans ce registre, entre mélodie pop et guitares bien rock. « Final Eyes » est sans doute un des meilleurs moments mais des morceaux comme « I’m running » ou « Holy Lamb » sont moins convaincants. Oui, certains morceaux sont efficaces, c’est bien joué mais on sent un groupe qui a un peu oublié ses racines, ses aspects les plus progressifs et complexes (« The Gates of Delirium » de 1974 par exemple reste un de mes préférés), afin de séduire le plus grand nombre. Ici, les plus longs titres durent 7 minutes environ, pas plus (sinon, c’est mauvais pour passer à la radio et réaliser un clip…). C’est un album pas si désagréable que ça mais surproduit. Le succès a été bien moindre que pour « 90125 », sans doute car cet album ne possède aucun titre aussi efficace que « Owner of a lonely heart » et ça n’est pas faute pourtant d’avoir essayé…Dès que la tournée qui suit l'album est achevée, Jon Anderson s’est mis à travailler à la formation du groupe Anderson Bruford Wakeman Howe, afin de se rapprocher du Yes des origines et l’album qui en est sorti était bien plus convaincant que ce « Big Generator ».