C'est tout simplement un des meilleurs albums de Vincent Furnier-Alice Cooper. Produit par Bob Ezrin en 1973, c’est encore l’album d’un groupe existant sous ce patronyme depuis 1969. Les guitares de Glen Buxton et Michael Bruce sont affutées, soutenues par la session rythmique tenue de mains de maîtres par Dennis Dunnaway (basse) et Neal Smith (batterie). Ezrin s’investit jusqu’à cosigner plusieurs titres et pèse de tout son poids dans l’orientation musicale de l’album en durcissant le son et en même temps, mettant en valeur les mélodies, à la différence de Zappa qui avait produit ses 2 premiers albums passés inaperçus et qui ne sont pas inoubliables. Ezrin avait déjà produit Killer et restera logiquement pour les albums suivants. Les chansons y sont fantastiques et figurent encore dans ses setlists actuelles. Elected, I love the dead, No more Mr Nice Guy ou encore Billion dollar babies montre un humour cinglant derrière le côté grand-guignol mis en avant et une pointe de folie réjouissante aussi mais toujours maîtrisée. Alors, oui, on a critiqué sa recherche du succès à tout prix en explorant de nombreux genres musicaux par rapport aux chefs d’œuvre qu’avaient pu être School’s out et Killer, plus sombres, mais il n’en reste pas moins que par la qualité des chansons, c’est un indispensable d’Alice. Un disque autant accessible qu’innovant. Un artiste comme Chris Cornell a raconté à quel point cet album l’avait marqué profondément dans sa jeunesse. Un conseil: choisissez la version deluxe si vous la trouvez. L’intérêt de cette version réside bien dans le 2e CD qui contient les titres de l’album enregistré en 1973 en concert à Houston et Dallas. 4 morceaux issus de ces sessions ont été rajoutés. Pour les collectionneurs, c’est cette édition bien sûr qu’il vous faut acquérir si vous ne possédez pas l’album, mais le CD live vaut à lui seul l’achat.