Eh oui, ce digipack 2 CD/ DVD (1h40) de Rainbow est sorti en 2013 sans qu’on sache pourquoi (question de droits ???...). Après avoir planté là ses compagnons de Deep Purple en pleine tournée en 1993 (voyez le pénible « Come Hell or High Water » qui retranscrit le dernier concert de Blackmore avec Deep Purple), Ritchie reforme Rainbow avec une nouvelle configuration. Il venait de sortir «Stranger In Us All ». Cette formation se produit dans l’émission mythique « Rockpalast » en 1995, diffusée en Allemagne. Les musiciens du groupe ne déméritent pas mais ils sont bien entendu entièrement au service du Sieur Blackmore, ombrageux et restant dans l’arrière scène, proche de la batterie. Vous ne voudriez pas qu’il se mette à sourire, non mais ?!!! 😋 Le Blackmore en question quitte la scène après avoir salué le public en s’inclinant alors que les autres musiciens sont encore tous là…Un Blackmore qui malgré un caractère disons « difficile » restait à ce moment-là un maître de la guitare capable de riffs qui tuent comme d’ambiances plus subtiles (l’intro tout en finesse de « Ariel »). On sait aujourd’hui qu’il ne fera plus de concert puisque sa santé l’empêche de jouer.
Niveau setlist, c’est bien sûr «Stranger In Us All » qui est mis à l’honneur (bof, pas mauvais mais guère palpitant) et puis les classiques de la période Dio (« Man on the silver mountain », « Long live rock’n’roll »…). Doogie White au chant a d’ailleurs le courage de relever le défi car passer avec Ronnie James peut sembler une gageure, une escalade impossible à réaliser (et ça l’est, il ne faut pas se mentir !). Mais White assure sans déshonneur, c’est lui qui bouge et qui assure le lien avec le public entre les morceaux pour les présenter. Heureusement car si on attendait Ritchie pour le show, on attendrait longtemps !!! On se demande bien par contre ce que le traditionnel « Greensleeves » vient faire dans cette setlist. Peut-être un rappel du répertoire médiévalo-renaissance de Blackmore’s Night ? En tout cas, White échoue à faire chanter le public ce qui le fait rire. Et puis pour faire plaisir à tout le monde, des classiques de Deep Purple sont interprétés, juste le riff de « Black Night » mais surtout « Perfect strangers » et en rappel « Burn » et « Smoke on the water ». Le public germanique quoi qu’il se passe est fantastique car il est d’un enthousiasme débordant (le public français pourrait parfois en prendre de la graine…). Un bémol niveau technique pour le DVD : l’image a 30 ans avec les limites de l’époque pour un enregistrement télé mais surtout la rythmique semble un peu en retrait (j’aurais aimé une batterie et une basse plus présente). Un concert que j’ai bien aimé mais qui ne m’a pas renversé non plus. Le truc qu’on peut regarder en faisant autre chose. Un concert tout de même meilleur que le « Memories in rock » de 2016 où Blackmore commençait à apparaître un peu moins agile https://www.senscritique.com/album/memories_in_rock_live_in_germany/critique/330517619 .