Anni Piper est une chanteuse-bassiste australienne qui a d’abord fait carrière dans son pays natal avant de venir par opportunité s’installer à Portland aux États-Unis. Anni a la particularité de jouer souvent sur l’humour et le 2nd degré, ainsi qu’un côté sexy qu’elle revendique fièrement, posant souvent en pin-up et sans cacher ses formes. Un de ses modèles était Candye Kane, décédée en 2016 et qui avait fait carrière dans les films pour adultes avant de devenir une grande chanteuse et pianiste de blues. Elle le rappelle souvent mais la musique blues est imprégnée de 2nd degré et d'allusions sexuelles. Cet album sorti en 2020 est le 1er qu’elle ait enregistré au pays de l’Oncle Sam et on peut traduire son titre par « Poupée gonflable ». Elle y mélange morceaux originaux et reprises. Bon, c’est un album qui s’écoute agréablement mais qui ne va pas me faire me rouler par terre ; des Samantha Fish, Erja Lyytinen et Ana Popovic qui jouent elles aussi de leur côté très sexy, sont de grandes guitaristes et possèdent une maîtrise assez incroyable de leur instrument comme de la scène. Ici, Anni s’est entourée de musiciens de l’Oregon et je trouve tout de même que ce sont sur les originaux que le groupe s’en sort le mieux.
Dans « Big Bengal » (façon swing rhythm’n’blues), ma préférée de cet album, elle nous raconte que son petit copain est jaloux de ses relations…avec son chat : «My man has whiskers, big and bushy/ Ditching him to keep my pussy/ Yes my big Bengal, yes my big Bengal ». Evidemment le jeu sur le mot « pussy » est très ambigu…Le morceau final, « 24 Guys Named Dave », est une chanson amusante sur le fait de ne sortir qu'avec des hommes prénommés Dave et sur ce qu'ils peuvent lui offrir : «I want a different Dave each and every hour/ I’m hardly ever single I’m uncertain how to behave/ I’m gonna mix and mingle dating 24 guys named Dave ». Les reprises d’Anni m’ont, elles, moins convaincu. En particulier celle de Springsteen sur « Pink Cadillac » bien plus lente que l’originale et qui se traîne sur plus de 7 minutes. « Built For Comfort » est signée, elle, par Willie Dixon. Un album pas désagréable mais de là à le réécouter régulièrement, il y a tout un continent à franchir…