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Merci madame
Ah purée c'est frais ça fait du bien. Charli nous présente ici un album varié et riche, on passe par toutes les émotions et des styles très distincts les uns des autres avec des coupures nettes mais...
le 11 juin 2024
Étant friand de ce type de musique, je suis bien sûr content qu’un projet d’électro-pop féminine soit considéré par la presse et le public comme l’un des meilleurs de l’année. Même si, après plusieurs écoutes attentives de ce Brat, j’émets encore des réserves sur le plan musical… Ce que je retiens du 6e album de Charli XCX ce sont des tentatives plutôt réussies pour que Brat fasse parler de lui (marketing, chansons, invités) en se démarquant d’autres projets de sa catégorie. On parlera évidemment de la pochette, assez inattendue. À la fois simple et réfléchie, que ce soit dans la police basique à l’aspect étiré ou dans la couleur entre vert pomme et vert flashy, une teinte ayant nécessité une longue série de tests et désormais indissociable de l’album, à tel point qu’elle soit qualifiée de « vert brat ».
La promo n’a pas été négligée non plus. Certes on ne peut pas dire que Charli se soit beaucoup montrée sur des plateaux TV, mais elle fut en revanche très active sur ses réseaux dont TikTok où elle a notamment repris une chorégraphie de son titre « Apple ». Quelques marques ont aussi joué le jeu de s’approprier le temps d’une publicité ledit vert brat comme BurgerKing. L’équipe de communication de la candidate à l’élection présidentielle américaine Kamala Harris a également joué avec les codes de Brat. Et puis le fameux « Brat wall », ce mur peint qui a beaucoup intrigué au moment de la sortie de l’album avant de devenir le théâtre d’un show mettant à l’honneur Charli XCX et les pistes de son nouvel album. Celui-ci a eu une telle résonance même en-dehors de la fanbase habituelle de Charli que l’on a entendu l’été 2024 être surnommé « brat summer ». Qualificatif justifié ou exagéré ?
Toujours est-il que l’album est parvenu à faire parler de lui en 2024 alors que les singles n’ont finalement pas eu de grand succès, hormis un succès relatif aux États-Unis et sur TikTok. L’un d’eux est celui qui ouvre la galette musicale Brat, à savoir « 360 ». Sept notes électroniques qui reviennent en boucle, une voix désabusée, des paroles qui parlent d’indépendance vis-à-vis du jugement d’autrui (« I don’t f*cking care what you think ») et un clip où Charli semble sûre d’elle et convie des copines du net – personnellement je ne les connaissais pas, mais nul doute que cela eût son petit effet auprès des internautes. Pour ma part, pas trop séduit. Le titre de la piste suivante était donc pour moi une promesse alléchante : « Club classics ». Assez bien nommée, on retiendra seulement le côté « rave » qui bouge et non une mélodie. Puis on passe à « Sympathy is a knife » qui possède des paroles plus sombres sur le fait de se comparer à autrui et d’avoir des pensées paranoïaques, voire suicidaires. Aurait pu être un single.
Le niveau retombe ensuite avec la déprimante « I might say something stupid » à la limite de l’écoutable pour ma part, entre musique ennuyeuse et voix triste autotunée. Un déplaisir de moins de 2 min seulement, avant que « Talk talk » vienne nous réveiller avec un refrain enthousiasmant qui n’est pas sans rappeler ce qui était produit dans la décennie 2000. Le côté punch demeure pour « Von Dutch » avec son ton provocateur et son électro davantage dansant. Un premier single plus énervé que ne l’était l’addictif « Good ones » sur l’album précédent auquel on pense un peu à l’écoute ainsi qu’en voyant le clip où Charli fait un peu n’importe quoi dans un aéroport et un avion, avant de finir couchée immobile yeux ouverts (comme à la fin de « Good ones ») sur un tapis à bagages.
Une transition originale s’opère via l’intro de « Everything is romantic » à l’orchestration aérienne avant que ne vienne se poser un flow assez rap rapidement rejoint par un fond sonore bourrin. Sans parler des « fall in love again and again » dont la répétition finit pas blaser. L’artiste nous propose ensuite un point de vue critique sur sa situation de célébrité avec « Rewind » jusqu’à faire part de son envie de revenir en arrière parfois. La piste la plus touchante de l’album est sans nul doute « So I » où Charli exprime sa tristesse/nostalgie en s’adressant à une personne proche qui n’est plus auprès d’elle. Les notes électro-dark font leur retour sur « Girl, so confusing » qui traite des relations complexes entre femmes, allant de la sororité à la jalousie. Ayant profité d’un écho sur TikTok, « Apple » propose un son davantage enjoué, limite enfantin, mais je n’adhère pas au refrain qui se limite à répéter « the airport » quatre fois dont deux en aigus ce qui lui sied mal…
Répétitive, « B2b » l’est aussi, mais ici c’est une bonne surprise car, malgré les changements de rythmes, la chanson reste entêtante et homogène. On s’imagine volontiers se déhancher sous des lumières intermittentes en pleine période French touch à la fin des 90’s. D’ailleurs « B2b » est signée par le musicien français Gesaffelstein. On reste dans le thème des DJ français avec « Mean girls » dont le refrain n’est pas sans rappeler « Sexy b*tch » de David Guetta, mais la partie au piano ajoute une touche déjantée qui colle tout aussi bien aux paroles. La fantaisie retombe au moment de « I think about it all the time » où Charli fait part d’un désir de maternité après avoir vu un couple d’amis être devenus des parents épanouis. Texte intéressant mais musique désagréable. L’album de base se conclut par l’étonnante « 365 », un remix assez réussi de « 360 » qui répète ses « bupin’ that » avant de se terminer en délire acid-techno !
Fin de l’album de base seulement, puisque trois pistes inédites ont fait leur apparition sur la réédition Brat and it’s the same but there’s three more songs so it’s not au titre à rallonge, à peine trois jours après l’original. Viennent donc s’ajouter « Hello goodbye », « Guess » et « Spring breakers » dans un style toujours électro-pop. Et puis l’ère de Brat s’est poursuivie avec l’inattendu Brat and it’s completely different but also still brat paru au mois d’octobre. Il s’agit d’une setlist où Charli XCX partage chaque chanson avec un autre artiste mais pas pour faire de simples reprises : les chansons sont parfois bien différentes de celles de l’album de base même si le titre de chaque piste a été conservé. Hormis le featuring avec Billie Eilish et celui avec Lorde, j’ai trouvé le reste moyen voire inutile sur le plan musical. Le concept est toutefois intéressant, chapeau.
Mon avis final est plutôt positif mais, au vu de la réception globalement élogieuse que l’album a reçu de la part de la presse et des avis du public, je m’attendais à davantage adhérer au projet. Les trois éléments qui ont gêné mon écoute sur plusieurs chansons sont une durée trop courte, un manque de mélodie et la voix de Charli, soit sa façon de chanter un peu désabusée soit le traitement qui n’est pas du plus bel effet. Je reconnais en revanche que les textes sont assez intéressants et que le projet dans son ensemble sort de la banalité, tant dans les choix concernant les chansons que du côté marketing. Pour ma part je préfère son album précédent, Crash, plus Pop grand public. Quoi qu’il en soit, il est à saluer que Brat est parvenu à susciter un phénomène avec un écho dans plusieurs domaines sociétaux ce qui n’est pas si fréquent dans l’industrie musicale !
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le 13 févr. 2025
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