Cet homme est partout. Sans peut-être même le savoir, il y a de bonnes chances que vous ayez déjà posé l'oeil ou l'oreille sur lui. Donald Glover a.k.a. Childish Gambino. Acteur sur le petit et le grand écran, rappeur, scénariste, producteur, artiste de stand-up.


Principalement connu pour être le Troy Barnes complètement tapé de la série comique Community et pour son (petit) rôle dans Seul sur Mars, son nom devrait bientôt parler à beaucoup plus de monde : sa nouvelle série Atlanta est encensée par la critique US, et il a surtout décroché le rôle de Lando Calrissian dans le spin-off Star Wars sur la jeunesse de Han Solo. Il se pourrait même qu'il soit le Miles Morales du prochain film Spider-Man. Les geeks se pâment.


Pas mal pour un mec né dans une famille de Témoins de Jehova lui interdisant l'accès à la télévision, notamment.


Mais revenons à cet album Camp, son premier. Au delà d'être partout, Childish Gambino est surtout polarisant. Parce que son hip-hop n'est pas comme les autres. Traitant de thématiques différentes, loin des clichés virils du rap US, conscient de son statut particulier parce que pas issu de la rue, capable d'envolées lyriques R&B ultra cheesy mais surtout impressionnantes vocalement, le Gambino détonne.


Personnellement, j'adore cet album. Il est loin d'être parfait, mais il résume bien la personnalité multiple du bonhomme. Ca part dans tous les sens, calme & volupté avant brutalité ; gros flow méchant mais pas bête avant lyrics posées et touchantes. La version Deluxe, qui intègre le bien lourd Freaks and Geeks (l'un de ses meilleurs morceaux), est monstrueuse.


Je comprends qu'on puisse ne pas accrocher, mais la violence des critiques à la sortie (le 1.6 de Pitchfork, ridicule) me semble absolument injustifiée. Pas de vocoder et vous êtes perdus les loulous ?


Je ne trouve pas que son deuxième album, Because The Internet, réalise le même tour de force, alors qu'il avait été accueilli beaucoup moins fraîchement par la presse. Mais j'attends maintenant le troisième, prévu pour Décembre, avec grande impatience. J'espère que ce sera celui de sa révélation aux yeux du grand public, comme son passage dans la sphère Star Wars ne manquera pas de l'être côté cinéma.


Je conclurais en me remémorant son concert de Février 2014 au Trabendo. Un gig complètement maboule, une ambiance de feu, Donald qui enchaîne couplets sulfateuse et refrains au dessus des nuages. Mon voisin de gauche était un certain Stromae, camouflé sous une capuche noire (vu la chaleur dans la salle, la célébrité est définitivement un fardeau). Un autre mec polarisant, qui pète des codes et traverse les frontières. Pas étonnant de le voir là.


Edit : son nouveau son, Redbone, l'amène vers quelque chose de très différent, mais ça s'annonce très très bien ce troisième album. Fingers crossed.

Créée

le 19 nov. 2016

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5

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