Je ne sais pas trop comment parler de cet album sans être un peu maladroit. Ce n’est pas juste de la musique, c’est un genre de déflagration douce. Dès les premières secondes, David Balfe t’attrape par la nuque, il te raconte ses rues, ses morts, ses colères et tu ne peux pas faire semblant de ne pas entendre. C’est dense, c’est triste, c’est vivant.
C’est un album bouleversant où poésie urbaine, électronique abrasive et colère sociale s’entrelacent avec une intensité rare.
Sur le plan sonore, Balfe reste fidèle à sa formule hybride : un mélange de spoken word, de beats électroniques rugueux, de textures ambient, parfois traversé de samples vocaux et d'envolées mélodiques poignantes. Ce cocktail, singulier et sans concessions, renforce la portée des textes : crus, poétiques, viscéraux.
Ça parle de Dublin mais en vrai, ça pourrait être n’importe quelle ville où les gens galèrent, où les souvenirs deviennent des fantômes qui t’accompagnent dans le bus.
Ce qui me reste, après écoute, c’est une sorte de vertige.
Dans une époque où tout est bruyant, immédiat, consommable… Carving the Stone prend le temps de dire ce qu’on n’a plus trop le droit de dire : qu’on est fatigués, qu’on est en colère mais qu’on veut encore croire malgré tout.